Un appui européen de 32 millions d’euros s’achève
Sur les rives discrètes du Congo-Brazzaville, une page se tourne. Le programme « Villes résilientes » a mis fin à son assistance technique, engagée en 2022. Financé par l’Union européenne via le 11e Fonds européen de développement, il a mobilisé 32 millions d’euros (La Semaine Africaine).
Le chantier était piloté par le cabinet International Consulting (IBF). Son ambition tenait en une idée simple mais exigeante : renforcer la gouvernance locale dans deux communes trop souvent oubliées des grands récits nationaux, Nkayi et Owando.
Nkayi et Owando face aux pressions urbaines
Ces deux villes concentrent des défis que connaissent bien des agglomérations du bassin du Congo. La croissance démographique y bouscule des équilibres fragiles, et l’espace bâti gagne du terrain sans toujours suivre de plan cohérent.
Le programme a donc affronté des enjeux urbains bien concrets. Inondations récurrentes, érosion des sols, gestion incertaine des déchets et urbanisation rapide dessinaient un tableau où l’improvisation coûte cher aux habitants comme à l’environnement.
Derrière ces mots techniques se cache une réalité écologique. Chaque inondation emporte des sols, chaque décharge sauvage menace des nappes et des cours d’eau. Gouverner la ville, ici, revient aussi à protéger un milieu déjà sous tension.
Des outils pour gouverner la ville autrement
L’héritage laissé aux institutions congolaises ne se mesure pas en béton. Il tient dans une série de documents pensés pour durer : guides d’urbanisme, schémas d’assainissement et stratégies municipales adaptées à chaque territoire.
À cet ensemble s’ajoutent des manuels de gestion, des normes techniques et des études sur la fiscalité locale. Autant d’instruments qui, entre les mains des agents municipaux, peuvent transformer une intention politique en décision quotidienne.
Ce choix mérite d’être souligné. Plutôt que d’ériger des ouvrages spectaculaires, le programme a préféré armer les administrations. Une approche plus modeste en apparence, mais qui parie sur la compétence locale et sur la continuité.
L’appropriation nationale, condition de la pérennité
La cérémonie de clôture, tenue le 28 juillet 2026, a scellé ce transfert. Elle réunissait le ministre du Plan, des représentants de l’Union européenne et les maires directement concernés par la démarche (La Semaine Africaine).
« Cet évènement marque le début d’une nouvelle phase fondée sur l’appropriation, l’utilisation et la pérennisation des acquis », a souligné le chargé d’affaires de l’Union européenne.
La formule dit l’essentiel. Un projet financé de l’extérieur ne vaut que par ce qu’en font, ensuite, les acteurs du pays. Le relais passe désormais aux mains congolaises, avec la charge d’entretenir cet acquis.
Bonne gouvernance : le pari des collectivités locales
Les autorités locales se sont engagées à préserver ces investissements. Elles ont aussi promis de poursuivre l’amélioration des conditions de vie, dans un cadre revendiqué de bonne gouvernance qui dépasse les seules questions techniques.
Quatre principes structurent cette promesse : la redevabilité, la transparence, le partage de l’information et la participation citoyenne. Des mots exigeants, qui engagent autant les élus que les habitants appelés à s’en saisir.
Reste l’épreuve du temps. Les guides et les schémas ne valent que s’ils vivent au fil des mandats et des budgets. Nkayi et Owando disposent désormais d’une boussole ; à elles de tenir le cap, loin des projecteurs mais au plus près des besoins.


