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Du 7 au 9 septembre, le Port autonome de Pointe-Noire a déroulé barrages flottants et skimmers sur trois sites de son domaine. Objectif de cet exercice grandeur nature : éprouver un matériel antipollution financé par l’Union européenne et l’AFD, et mesurer la réactivité des équipes face aux hydrocarbures.

Trois sites du port transformés en terrain d’exercice

La scène n’avait rien d’une catastrophe réelle, mais elle en avait tous les gestes. Pendant trois jours, la ville océane a servi de décor à une simulation pilotée par la direction qualité, santé, sécurité et environnement du Port autonome de Pointe-Noire.

L’intitulé du volet ne laissait guère de place au doute : « Amélioration de la lutte antipollution et gestion de l’urgence ». Le scénario retenu est celui que redoute tout port pétrolier, un déversement accidentel d’hydrocarbures en mer.

Trois sites ont été mobilisés, aux profils volontairement contrastés. La rade extérieure d’abord, là où les navires patientent avant d’accoster. Le quai multifonction ensuite. Le port de pêche enfin, plus resserré, plus fréquenté, plus exposé au moindre débordement.

Barrages flottants et skimmers à l’épreuve de la mer

Sur l’eau, les équipes de la Dqsse ont déployé des barrages flottants, ces longs boudins que l’on referme autour d’une nappe pour l’encadrer et l’empêcher de dériver. Les skimmers prennent ensuite le relais pour récupérer le polluant.

L’exercice n’est pas resté cantonné au plan d’eau. Les nappes d’hydrocarbures ont été traitées à quai, dans le bassin, mais aussi sur les plages, là où une pollution devient immédiatement visible et immédiatement discutée par les riverains.

Un matériel antipollution financé par l’Union européenne et l’AFD

Le matériel mis à l’épreuve n’appartenait pas au décor habituel du port. Il provient d’une subvention de l’Union européenne et de l’AFD, et c’est précisément cette dotation que l’exercice devait valider, pièce après pièce, site après site.

Quelques agents de l’AFD suivaient d’ailleurs les manœuvres en observateurs. Une présence qui donne à la simulation une valeur de démonstration : un équipement livré ne vaut que s’il sort du hangar et fonctionne le jour venu.

« Empêcher que nos plages soient de plus en plus sales »

La cérémonie de restitution, présidée par le directeur général adjoint du Papn, Serge Bouya, a permis de dresser un premier bilan. La directrice qualité, santé, sécurité et environnement, Grâce Leslie Bhalat, n’a pas caché sa satisfaction.

« Aujourd’hui, nous pouvons dire que c’est une parfaite réussite, car on a pu placer le matériel sur ces différents sites », a-t-elle déclaré, en espérant que ce type de situation soit à l’avenir rapidement pris en charge par le Papn.

Elle a lié cette exigence à un motif très concret, les plaintes des populations en cas de forte pollution. « Nous sommes là pour empêcher que nos plages soient de plus en plus sales », a-t-elle ajouté.

« Certes ces plages peuvent être polluées mais la réactivité est importante dans ce genre de situation », a poursuivi la responsable. Le mot revient comme un refrain dans sa bouche : réactivité.

La tutelle maritime salue une montée en compétences

Présent à la simulation, le conseiller maritime du préfet du département de Pointe-Noire, Simon Pierre Mouyokakani, a salué l’initiative du Papn. Un exercice, a-t-il souligné, n’est jamais une mauvaise chose : le but reste l’amélioration des compétences.

La remarque n’a rien d’anodin dans un port où cohabitent trafic pétrolier, activité de pêche et fréquentation du littoral. La coordination entre l’autorité portuaire et les services de l’État se joue aussi sur ce terrain-là.

Un rendez-vous appelé à se répéter chaque année

Ce volet « Amélioration de la lutte antipollution et gestion de l’urgence » était le premier de l’année. Le Papn annonce vouloir en organiser plus d’un par an, signe que l’entraînement est envisagé comme une routine et non comme une vitrine.

La nuance compte. Un matériel testé une seule fois se démode vite ; des équipes entraînées plusieurs fois par an conservent les réflexes qui font la différence entre une nappe contenue et une plage souillée.

Le littoral ponténégrin, un enjeu partagé

Derrière la technicité des barrages et des skimmers, l’enjeu est simple à formuler. Pointe-Noire vit de son port, de sa mer et de ses plages, trois usages qui se disputent le même trait de côte.

Le port de pêche, retenu comme l’un des sites de l’exercice, illustre cette imbrication. Une pollution d’hydrocarbures y toucherait d’un coup l’outil industriel, l’activité des pêcheurs et le cadre de vie des habitants.

Rien, dans cet exercice, ne garantit qu’un sinistre réel se déroulera aussi proprement qu’une simulation. Mais un port qui s’entraîne et qui le dit publiquement accepte d’être jugé sur sa réactivité. C’est déjà un engagement.

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