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Sept personnes comparaissent le 28 septembre 2026 devant le Tribunal de Grande Instance d’Ewo, au Congo-Brazzaville. Elles répondent de la détention et de la vente de trophées de panthère, espèce intégralement protégée. Derrière le dossier judiciaire, c’est une filière entière qui se dessine.

Une audience décisive au tribunal d’Ewo

Le rendez-vous est fixé au 28 septembre 2026. Ce jour-là, le Tribunal de Grande Instance d’Ewo, dans le département de la Cuvette-Ouest, doit examiner une affaire de délinquance faunique impliquant sept prévenus, tous poursuivis pour des faits visant une espèce protégée.

L’audience doit être consacrée aux plaidoiries et aux réquisitions du ministère public. Le tribunal se prononcera ensuite sur le sort des prévenus, placés à la maison d’arrêt d’Ewo depuis le mois de mai en attendant ce procès.

Le flagrant délit du 18 mai à Ewo

Tout commence le 18 mai 2026, à Ewo. Quatre individus sont surpris en flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation de quatre peaux, d’un crâne et de quatre dents de panthère, des trophées dont la possession est prohibée.

L’inventaire compte autant que la saisie elle-même. Quatre peaux, un crâne, quatre dents : le détail suggère moins une trouvaille isolée qu’un stock constitué, destiné à circuler puis à être écoulé auprès d’acheteurs.

De Kellé à Ewo, le fil d’une dénonciation

Une dénonciation élargit ensuite le dossier. Trois jours après l’interpellation d’Ewo, soit le 21 mai, trois complices présumés sont rattrapés dans le district de Kellé, puis conduits à Ewo où ils rejoignent les premiers mis en cause.

De quatre, l’affaire passe à sept. Le groupe est placé à la maison d’arrêt de la localité, dans l’attente d’une audience qui devra, elle, distinguer les responsabilités de chacun.

Acheteurs, transporteurs : l’anatomie d’un réseau

Les services mobilisés décrivent un réseau plutôt qu’une addition d’actes isolés. Certains des interpellés seraient acheteurs et revendeurs ; d’autres auraient servi d’intermédiaires et de transporteurs pour ces produits de faune prohibés.

La nuance éclaire le fonctionnement d’un trafic. Il ne tient pas aux seuls prélèvements dans la forêt : il repose sur des relais qui rassemblent, déplacent et revendent, jusqu’à éloigner la marchandise du lieu où l’animal a disparu.

C’est aussi ce qui rend ces dossiers difficiles à construire. Démanteler une chaîne suppose de remonter d’un maillon à l’autre, ici grâce à un flagrant délit, là grâce à une information transmise aux enquêteurs.

Gendarmerie, économie forestière et PALF en appui

Les interpellations, à Ewo comme à Kellé, ont été conduites par les éléments de la Région de gendarmerie, en collaboration avec les agents de la Direction départementale de l’Économie forestière de la Cuvette-Ouest en poste à Ewo.

S’y ajoute l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage, le PALF. Force publique, administration forestière et appui spécialisé : c’est cette combinaison qui conduit une affaire de braconnage jusqu’au prétoire.

Le dossier d’Ewo illustre au moins cela : le travail de terrain ne pèse vraiment que s’il débouche sur une procédure, puis sur une décision de justice rendue publiquement.

Ce que dit la loi 37-2008 sur les trophées

Les sept prévenus sont poursuivis pour présomption d’abattage, détention, circulation et commercialisation de trophées d’une espèce animale intégralement protégée. Ils encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende pouvant atteindre cinq millions de francs CFA chacun.

Le texte de référence est l’article 27 de la loi 37-2008 du 28 novembre 2008 en matière de protection des espèces fauniques. Il interdit strictement l’importation, l’exportation, la détention et le transit des espèces intégralement protégées et de leurs trophées.

Une seule brèche subsiste : la dérogation spéciale de l’administration des eaux et forêts, délivrée pour les besoins de la recherche scientifique. Hors de ce cadre, rien n’est toléré, pas même la conservation d’une peau dans une arrière-boutique.

Un procès qui dépasse la Cuvette-Ouest

Le statut d’espèce intégralement protégée n’a rien d’un symbole administratif. L’abattage de ces animaux constitue une menace majeure pour leur survie, et le commerce illégal de produits de faune pousse des espèces sauvages vers l’extinction partout dans le monde.

La panthère en offre une illustration nette. Sa peau, ses dents, son crâne : chaque partie devient une pièce marchande, et chaque pièce marchande suppose un animal de moins dans la forêt congolaise.

C’est ce qui donne au rendez-vous du 28 septembre une portée dépassant la Cuvette-Ouest. Les acteurs de la conservation y liront un signal, dans un sens ou dans l’autre, sur le traitement réservé à la délinquance faunique.

D’ici là, la prudence s’impose : les sept comparants restent présumés innocents, et il reviendra au tribunal d’Ewo d’établir les responsabilités. Le dossier, lui, dit déjà beaucoup du chemin que parcourent les trophées d’une espèce protégée.

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