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Un rendez-vous mondial pour des données plus claires

Manille s’apprête à accueillir, les 29 et 30 septembre, des délégués venus du monde entier pour la Journée internationale de l’accès universel à l’information. L’Unesco y défendra un principe simple : sans données ouvertes, impossible de protéger durablement notre environnement.

Le thème 2023, « Garantir l’accès à l’information environnementale à l’ère numérique », place la planète au cœur du débat. Chercheurs, journalistes, juristes et communautés espèrent qu’un meilleur partage des chiffres écologiques accélèrera la transition vers des économies sobres en carbone.

Accès à l’information environnementale

L’information environnementale recouvre les relevés de pollution, cartes forestières, inventaires d’espèces ou rapports climatiques que détiennent les autorités publiques. Le droit international, renforcé par la Convention d’Aarhus puis par l’ODD 16, reconnaît à chaque citoyen la possibilité d’y accéder sans entrave.

Sur le terrain, l’accès rapide à ces données devient vital : il alerte les riverains lors d’une fuite toxique, guide les agriculteurs face aux sécheresses, oriente les investisseurs responsables et soutient les défenseurs de la nature devant les tribunaux.

Congo-Brazzaville à l’ère des données vertes

Au Congo-Brazzaville, les initiatives se multiplient pour rendre ces informations lisibles à tous. L’Agence congolaise de la protection de la biodiversité diffuse désormais, via son portail open data, les chiffres des patrouilles écologiques menées dans les parcs d’Odzala et de Conkouati-Douli.

Le ministère de l’Économie forestière travaille, quant à lui, avec l’Université Marien-Ngouabi pour numériser d’anciennes cartes d’inventaire forestier. « Nos étudiants scannent et géoréférencent des milliers de placettes témoins, un trésor scientifique longtemps resté dans les tiroirs », sourit la professeure Dyani Moukassa.

Ces efforts s’alignent sur la stratégie gouvernementale de diversification économique et sur les ambitions climatiques inscrites dans la Contribution déterminée au niveau national, saluée lors de la COP27. En rendant visibles les services écosystémiques, Brazzaville espère attirer de nouveaux financements carbone.

Enjeux numériques et lutte contre la désinformation

La révolution numérique facilite ces avancées mais elle apporte son lot de risques. Les fausses alertes incendies, générées par des images satellites mal interprétées, peuvent détourner des patrouilles cruciales. Des campagnes anonymes sur les réseaux sociaux sèment parfois le doute sur les statistiques officielles.

L’atelier de Manille abordera ces dérives. L’Unesco propose une méthode : renforcer l’intégrité de l’information, vérifier les sources et former les journalistes aux outils géospatiaux. « Plus les données seront ouvertes, moins les rumeurs prospéreront », résume un communiqué.

Comment y aller

Depuis Brazzaville, aucun vol direct ne relie Manille. Les participants transitent souvent par Addis-Abeba ou Doha. L’aéroport Ninoy Aquino se situe à 7 km du centre, accessible en bus ou train léger. L’Unesco offre aussi une retransmission intégrale en ligne, gratuite sur inscription.

À savoir

Le 28 septembre reste la date officielle de la Journée, mais la conférence s’étale sur deux jours afin d’intégrer des sessions multilingues. Les délégations d’étudiants bénéficient de pass spéciaux, à demander avant le 15 septembre. Un passeport vaccinal contre la fièvre jaune est exigé.

Les organisateurs encouragent une empreinte carbone minimale : badge numérique, stands recyclables, restauration locale. Les déplacements sur place privilégient le métro aérien, moins émetteur que les taxis. Chaque participant recevra un guide sur le tri des déchets dans la capitale philippine.

Impact & solutions

Une fois rentrées, les délégations africaines partageront leurs engagements dans le réseau panafricain AfricTivistes. L’objectif est de publier, d’ici décembre, une cartographie comparative des lois nationales relatives à l’accès à l’information environnementale. Le Congo entend y figurer parmi les bons élèves.

À Brazzaville, la Maison de la Presse planifie déjà une série de hackathons réunissant développeurs, ONG et photographes. Les équipes transformeront des ensembles de données brutes en infographies accessibles aux communautés rurales, premières concernées par les crues du fleuve et la déforestation.

Ces projets démontrent que la transparence ne se limite pas à la diffusion de rapports PDF. Elle se mesure aux transformations concrètes qu’elle déclenche : un village mieux alerte face aux inondations, un écolier inspiré par une cartographie interactive, un investissement orienté vers l’écotourisme.

En célébrant l’information, c’est finalement le vivant qu’on protège. La Journée internationale rappelle que chaque ligne de code, chaque photo satellite, chaque chiffre de turbidité peut devenir un rempart contre la perte de biodiversité, si tant est qu’on puisse y accéder librement et l’interpréter.

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