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Brazzaville valide la Politique d’assainissement 2026-2030

Le mardi 14 octobre 2025, dans une salle comble du ministère de l’Assainissement urbain, Brazzaville a entériné la Politique nationale d’assainissement pour la période 2026-2030, fruit d’un travail conjoint avec l’Unicef et la Banque africaine de développement.

Cette feuille de route promet de réduire les maladies hydriques, dynamiser l’économie circulaire des déchets et créer des milliers d’emplois verts, tout en offrant aux enfants un environnement plus sûr.

Une boussole pour les Objectifs de développement durable

« Elle dépasse un simple cadre technique, c’est une boussole stratégique pour atteindre les Objectifs de développement durable », a insisté le ministre Juste Désiré Mondelé devant les délégués des collectivités, des ONG et des bailleurs.

Le document fixe des cibles chiffrées : accès universel à des toilettes sûres, élimination des décharges sauvages et couverture de collecte de 90 % des ordures dans les centres urbains d’ici 2030.

Emplois verts et économie circulaire au rendez-vous

À Bacongo, Moungali et Talangaï, les coopératives de recyclage voient déjà des opportunités : vendre du compost aux maraîchers, transformer le plastique en pavés, valoriser la ferraille. La politique promet des lignes de crédit dédiées aux petites entreprises locales.

Selon la BAD, la filière pourrait générer cinq mille emplois directs et dix mille indirects en cinq ans, tout en réduisant de 40 % les émissions de méthane issues des décharges ouvertes.

Collectivités locales, le maillon décisif

Les mairies disposeront de ressources pour entretenir les caniveaux, moderniser les toilettes publiques et sensibiliser les marchés. « Nous devons changer les mentalités », a reconnu Émilienne Ngoma, cheffe de quartier à Potopoto, en réclamant des campagnes porte-à-porte.

La PNA prévoit un système de suivi participatif : les comités de quartier transmettront photos, relevés GPS et niveaux de remplissage des bacs via une application mobile développée par l’université Marien-Ngouabi.

Santé infantile, le cœur de la stratégie

Mariavittoria Ballotta, représentante de l’Unicef, rappelle que la diarrhée reste la deuxième cause de mortalité chez les moins de cinq ans. « L’assainissement est un catalyseur de progrès social et un droit pour chaque enfant », insiste-t-elle.

La stratégie entend réduire de moitié la prévalence des maladies d’origine hydrique dans les zones rurales, grâce au lavage de mains systématique et à l’élimination des latrines traditionnelles non sécurisées.

Financements, réformes et responsabilités partagées

Pour financer les 250 milliards de francs CFA nécessaires, l’État mobilise un fonds d’investissement vert adossé à la BAD et à des dons internationaux. Les ménages les plus modestes bénéficieront de tarifs subventionnés pour l’évacuation des ordures.

Le ministère prévoit également un code de l’assainissement, inspiré des meilleures pratiques régionales, afin de rendre opposables les normes d’hygiène dans la construction et les services urbains.

Impact & solutions

À terme, plus de trois millions de Congolais devraient disposer d’un cadre de vie assaini. La diminution des jours de maladie pourrait libérer l’équivalent de 200 000 journées de travail par an, renforçant la productivité des PME.

Des campagnes de photographie participative sont prévues pour suivre la métamorphose des ruelles et inspirer d’autres villes du bassin du Congo, montrant que l’assainissement peut aussi être une aventure visuelle porteuse d’espoir.

À savoir

La validation de la PNA s’inscrit dans la Décennie mondiale de l’assainissement proclamée par l’ONU. Le Congo rejoint ainsi le petit groupe de pays africains dotés d’une trajectoire précise pour atteindre l’ODD 6.

Les organisations de la société civile disposeront bientôt d’un portail public recensant budgets, chantiers et indicateurs, afin de garantir la transparence et d’encourager l’implication citoyenne.

Comment y aller

Les voyageurs curieux peuvent observer les premiers chantiers pilotes depuis le boulevard Alfred-Raoul ; un taxi depuis le centre-ville coûte moins de deux mille francs CFA et offre un aperçu vivant des quartiers en transition.

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