Un samedi placé sous le signe de la propreté
Dès l’aube du 1ᵉʳ septembre 2025, brouettes, pelles et masques ont envahi les artères de Brazzaville. Le ministère de l’Assainissement urbain, appuyé par une circulaire gouvernementale, pilotait la deuxième phase d’un programme de curage des collecteurs et de balayage des voies.
Partenariat ministère-ONG, la clé du terrain
Dans une ambiance ponctuée de chants de motivation, les associations Salubrité sans frontière et Congo propre ont travaillé main dans la main avec les ingénieurs de la direction générale de l’Assainissement. Les engins mis à disposition ont permis d’extraire sédiments, plastiques et végétaux envasés.
Focus sur le collecteur Maduku Tsékélé
Au cœur du quartier entre la rue Mbochi et l’avenue de France, le collecteur Maduku Tsékélé était devenu un goulot hydrique critique. Après plusieurs heures de dragage, son lit retrouve une profondeur suffisante pour évacuer les pluies intenses attendues en saison humide.
« Les moustiques reculent déjà », glisse une habitante qui surveille le chantier depuis son pas de porte. À l’échelle d’un quartier, l’impact sur les maladies hydriques se fait sentir en quelques semaines.
Moungali et Ouenzé, la jeunesse en action
Plus au nord, les membres de l’Association des jeunes éveillés ont ratissé la zone comprise entre l’avenue des Trois Martyrs et la rue Lénine. Leur énergie, couplée à l’expertise logistique de la société Albayrak, a permis de dégager 18 tonnes de détritus en une matinée.
Dans le 5ᵉ arrondissement d’Ouenzé, les fidèles de l’Église Liloba ont remis à nu le caniveau longeant l’avenue de la Tsiémé. Leur pasteur rappelle que « garder la ville propre, c’est aussi une œuvre de foi ».
Du sud au nord, une chaîne solidaire
Plus bas, à la frontière des arrondissements Makélékélé et Bacongo, l’ONG Salubrité hygiène a pris le relais autour du collecteur Zanga-dia-ba-Ngombé. Les sacs de jute s’empilaient, remplis de sachets plastiques, de tissus et de débris organiques acheminés vers la décharge municipale.
Sensibiliser pour changer les habitudes
Consciente que le nettoyage ne suffit pas, Marie-Claire Bouanga, cheffe du quartier 42, rappelle que déverser des ordures dans le collecteur de la Mfoa expose à des sanctions strictes. « La loi sera appliquée pour protéger nos foyers contre les inondations », insiste-t-elle.
Les pancartes installées par le ministre Juste Désiré Mondelé au lancement de l’opération auraient déjà réduit la fréquence des dépôts sauvages, selon les riverains.
Former les acteurs de la pré-collecte
Roger Christian Itoua, conseiller à l’assainissement, souligne que les opérateurs privés de pré-collecte ont été formés pour connaître les sites officiels de décharge. « Une filière claire limite les rejets illicites et optimise le travail de la société Albayrak qui assure la vidange finale », explique-t-il.
Impact & solutions
Le curage continu des caniveaux réduit les stagnations d’eau, principales causes de paludisme urbain. Les tonnes de déchets extraits alimenteront désormais une filière de compost pilote soutenue par le Programme national de gestion des ordures, ouvrant la voie à une économie circulaire locale.
Prochain jalon : équiper chaque marché d’un point de tri sélectif et d’un horaire de collecte fixe, afin de pérenniser les acquis de cette initiative et d’en faire un modèle pour d’autres villes du bassin du Congo.
À savoir
Les infractions liées au dépôt d’ordures dans les collecteurs sont passibles d’amendes pouvant atteindre deux fois le salaire minimum. Les contrevenants encourent également des travaux d’intérêt communautaire sur les sites nettoyés.
Comment y aller
Les volontaires souhaitant participer aux prochaines journées de salubrité peuvent s’inscrire auprès de la direction départementale de l’Assainissement, avenue de la Paix, ou se rapprocher des mairies d’arrondissement. Un briefing sécurité se tient la veille de chaque opération, équipement fourni sur place.
Brazzaville, laboratoire de résilience
L’opération du 1ᵉʳ septembre illustre la dynamique d’une capitale qui anticipe les aléas climatiques et renforce la cohésion sociale. En misant sur la participation citoyenne, Brazzaville démontre que la gestion durable des déchets peut devenir un moteur de bien-être collectif.





