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Une dynamique d’assainissement amplifiée

À Brazzaville, la récente opération spéciale d’assainissement, menée à l’approche de la fête nationale, s’est soldée par une mention « assez bien » décernée par le ministre de l’Assainissement urbain, Juste Désiré Mondélé, lors d’une visite inopinée sur les grands axes.

Ce coup de projecteur institutionnel traduit une volonté gouvernementale de consolider les services urbains, enjeu crucial pour les diplomates résidents comme pour les investisseurs, soucieux d’un environnement stable, performant et conforme aux objectifs internationaux de développement durable adoptés par le Congo en 2015.

En arpentant l’avenue Denis Sassou Nguesso, le pont du Djoué ou le marché de Poto-Poto, le ministre a constaté un désencombrement des trottoirs, l’évacuation de dépôts sauvages et une circulation fluidifiée, éléments qu’il considère comme « premiers signaux encourageants d’une nouvelle gouvernance urbaine ».

Les indicateurs de la mission spéciale

Le département ministériel a mobilisé près de trois cents agents, dix bulldozers et vingt camions-bennes pour dégager encombrants et carcasses de véhicules. Selon la direction municipale, plus de deux mille tonnes de déchets ont été évacuées en dix jours, un record depuis cinq ans locaux.

L’assainissement s’est également accompagné d’une phase d’éclairage public : six cent cinquante lampadaires LED ont été installés sur la corniche sud, réduisant de 30 % les zones d’ombre identifiées par la préfecture de police, véritable levier de prévention de la délinquance urbaine et routière émergente.

Ces chiffres demeurent cependant provisoires. Le ministère prévoit une campagne de télédétection par drone afin de dresser, à la fin du trimestre, une cartographie fine des points noirs et de mesurer l’impact réel sur la qualité de l’air et la santé publique des riverains.

La citoyenneté au cœur de la stratégie

Au-delà de l’opération coup de poing, Juste Désiré Mondélé insiste sur « l’intériorisation quotidienne » de la propreté. Le ministère élabore, avec la société civile, un guide de bonnes pratiques à diffuser dans les écoles et les comités de quartier dès septembre sur toute l’étendue.

Les organisations confessionnelles se disent prêtes à relayer le message. « Nous prêchons déjà la préservation de la Création », souligne le pasteur Samuel Okoumba. Cette articulation entre normes religieuses et civiques répond à la quête d’une socialisation durable, souvent évoquée par les sociologues urbains du continent actuel.

La diaspora congolaise, très active sur les réseaux sociaux, a lancé pour sa part le défi #RuePropre, encourageant les habitants à publier des photos avant-après de leur rue. Le ministère voit dans cette émulation numérique un outil d’appropriation collective sans coût budgétaire majeur supplémentaire.

Des enjeux sanitaires et sécuritaires

L’Organisation mondiale de la santé classe encore Brazzaville parmi les capitales à risque modéré de choléra. En saison des pluies, les eaux stagnantes favorisent vibrions et moustiques. L’assainissement, rappelle la docteure Chantal Ngouabi, « constitue la première ligne de défense épidémiologique » pour la population de la ville.

Les experts sécuritaires, quant à eux, corrèlent l’éclairage public à la réduction des actes de prédation urbaine. Une étude de l’École nationale d’administration publique note une baisse de 18 % des vols à l’arraché dans les zones nouvellement éclairées durant les six derniers mois.

L’économie locale profite également de la requalification des espaces. Les marchandes de Poto-Poto témoignent d’un chiffre d’affaires accru depuis la libération des voies piétonnes, facteur de fréquentation accrue. « Nous vendons plus tôt et rentrons plus tôt », explique Madame Mbemba, vendeuse de légumes depuis deux semaines seulement.

Pour consolider ces acquis, le gouvernement envisage un mécanisme de financement pérenne. Un projet de redevance spéciale, indexée sur la taxe d’habitation, serait affecté à un fonds autonome et contrôlé par un comité multipartite, modèle déjà appliqué dans certaines métropoles d’Afrique australe avec succès probant.

Perspectives de gouvernance urbaine

La municipalité souhaite articuler assainissement et planification territoriale. Un schéma directeur, élaboré avec le soutien de la Banque africaine de développement, proposera des couloirs verts le long des ravines afin de concilier drainage, espaces récréatifs et création d’emplois verts pour la jeunesse de Brazzaville demain.

Brazzaville pourra s’inspirer des dispositifs participatifs déployés à Kigali, où les comités d’hygiène de quartier reçoivent un budget opérationnel trimestriel contre engagement de résultats. Le ministère prévoit un voyage d’études pour les maires d’arrondissement au premier semestre prochain afin d’accélérer la courbe d’apprentissage.

À moyen terme, l’ambition est d’atteindre la mention « excellente » évoquée par le ministre. Cette gradation, inspirée des classements universitaires, permettra de communiquer régulièrement sur les progrès et d’instaurer, selon l’Économiste Yoseph Kifoueti, « une saine compétition métropolitaine » entre arrondissements pour stimuler innovation et responsabilité territoriale.

Les partenaires techniques saluent enfin la cohérence d’ensemble. « La question n’est plus de savoir si, mais comment accélérer », résume Philippe Caillet, représentant de l’AFD. Le prochain rapport d’étape, prévu en décembre, livrera la première mesure consolidée des retombées socio-économiques de cette politique publique d’assainissement urbaine.

Au-delà des rives du fleuve Congo, la démarche brazzavilloise nourrit déjà des échanges avec Kinshasa et Libreville, augurant d’une mutualisation régionale des savoir-faire en matière d’assainissement, d’éclairage intelligent et de gouvernance communautaire.

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