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Sur les quais de Pointe-Noire, là où s’entassent les conteneurs venus du monde entier, une exigence discrète s’impose désormais. Congo Terminal, exploitant du terminal à conteneurs, vient de décrocher la certification ISO 14001:2015, référence mondiale du management environnemental.

Dans un secteur portuaire longtemps jugé peu regardant sur ses rejets, l’annonce marque un tournant symbolique. Elle place la question environnementale au centre d’une infrastructure vitale pour le commerce extérieur du Congo-Brazzaville.

Une norme internationale validée par un audit indépendant

La reconnaissance est arrivée au terme d’un audit mené par Bureau Veritas Certification. Elle atteste que le système de gestion environnementale de l’entreprise satisfait aux exigences de cette norme internationale (Adiac Congo).

Loin d’un simple certificat, l’ISO 14001 impose une méthode : mesurer ses impacts, se fixer des objectifs, puis prouver, chiffres à l’appui, que l’on progresse. L’audit externe garantit que la démarche ne reste pas un affichage.

Pointe-Noire, un port qui accumule les labels

Cette distinction ne surgit pas de nulle part. Elle prolonge un parcours déjà balisé : la certification ISO 9001 et la conformité au code ISPS, obtenues en 2017, puis le label Green Terminal décroché en 2023 (Journal de Brazza).

En additionnant qualité, sûreté et environnement, l’opérateur dessine une trajectoire cohérente. Chaque label répond à un registre différent, mais tous convergent vers une même idée : professionnaliser l’exploitation d’un port stratégique pour l’économie congolaise.

Déchets, biodiversité et ressources au cœur du dispositif

Concrètement, le système repose sur l’identification, l’évaluation et la réduction des impacts environnementaux. Il englobe la gestion des déchets, la sensibilisation aux enjeux liés à la biodiversité et un usage responsable des ressources (Journal de Brazza).

S’y ajoutent un suivi régulier des engagements et une communication transparente envers les parties prenantes. Autrement dit, le terminal accepte d’être observé, questionné, et de rendre des comptes sur ses pratiques, année après année.

La biodiversité, en particulier, occupe une place notable dans le dispositif. Sensibiliser les équipes à ce sujet, sur un site industriel, revient à admettre que même un terminal à conteneurs cohabite avec des milieux vivants à préserver.

La prudence assumée du directeur général

Anthony Samzun, directeur général de Congo Terminal, refuse tout triomphalisme. « Cette certification n’est pas une fin en soi. Elle constitue une étape dans la structuration de notre démarche environnementale », explique-t-il (Journal de Brazza).

Le dirigeant y voit une logique d’amélioration continue, non un point d’arrivée. La formule traduit une conscience partagée par bien des acteurs industriels : l’environnement se travaille dans la durée, rarement par un coup d’éclat isolé.

Le projet Môle Est, prochain test grandeur nature

Cet horizon se lit déjà dans les plans futurs. Le projet du Môle Est, dont le lancement est prévu au premier semestre 2027, intègre des choix techniques destinés à réduire certaines émissions liées à l’exploitation portuaire (Adiac Congo).

L’enjeu sera de tenir la promesse. Une extension portuaire signifie davantage de trafic, donc davantage de pressions potentielles. Inscrire l’écologie dès la conception plutôt qu’en correctif constitue, sur le papier, un pari plus solide.

Un géant logistique à forte empreinte congolaise

Derrière ces engagements se profile un acteur de poids. Filiale d’Africa Global Logistics, Congo Terminal est l’opérateur exclusif de la manutention des porte-conteneurs et des navires rouliers escalant à Pointe-Noire (Journal de Brazza).

Depuis 2022, le terminal dépasse le million d’EVP traités chaque année et emploie près de 900 collaborateurs congolais. Des volumes qui rappellent l’ampleur des flux et, par ricochet, l’importance d’en maîtriser l’empreinte.

Ce statut d’opérateur exclusif confère à l’entreprise une responsabilité particulière. Ce qu’elle décide en matière d’environnement engage, de fait, l’ensemble du passage portuaire de Pointe-Noire et la réputation de la place congolaise.

L’écologie, nouvel argument de compétitivité

Pour ses clients comme pour les autorités, la certification devient un gage de sérieux. Elle renforce la capacité du terminal à répondre aux attentes commerciales et aux exigences réglementaires, dans un secteur où l’empreinte environnementale pèse de plus en plus.

Reste une question de fond, que la démarche ouvre sans la refermer : un port peut-il vraiment concilier croissance des volumes et sobriété ? À Pointe-Noire, la réponse s’écrira dans les faits, bien au-delà du certificat.

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