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Un pari écologique et citoyen

Au petit matin, le ronronnement des chargeuses réveille les rues de Pointe-Noire. En tête de convoi, le commissaire colonel-major Michel Innocent Peya supervise une mission peu courante pour des uniformes : traquer les ordures afin de rendre la ville à ses habitants.

L’opération est pilotée par la Direction générale des finances et de l’équipement, bras logistique du ministère de l’Intérieur. Fidèle aux orientations du président Denis Sassou Nguesso, l’institution démontre que la sécurité englobe aussi la salubrité, fondement d’un développement urbain harmonieux.

Des artères libérées des ordures

Depuis l’arrêt inopiné de la société Averda, les déchets s’étaient accumulés entre les étals du marché de la Liberté et les avenues de Tié-Tié. En quelques jours, les monticules malodorants ont disparu, chargés dans des bennes militaires réaffectées à la cause écologique.

Les arrondissements Loandjili, Mongo-Poungui et Mvou-Mvou bénéficient aussi de ce coup de balai géant. Les équipes avancent rue après rue, sous les vivats, révélant trottoirs, caniveaux et passages piétons qu’on croyait effacés par les détritus.

Impact sanitaire immédiat

La saison des pluies amplifiait le risque de maladies hydriques. Pour le docteur Élodie Makita, médecin inspecteur, « la prolifération de moustiques et de bactéries était devenue critique ». L’évacuation rapide des déchets rompt la chaîne de contamination et soulage les centres de santé.

Le service municipal d’hygiène note déjà une baisse des cas de diarrhée aiguë signalés dans les dispensaires périphériques. La fluidité retrouvée des caniveaux facilite l’écoulement des eaux pluviales, limitant les inondations et les poches d’eaux stagnantes vectrices de paludisme.

Logistique militaire au service du civisme

La DGFE déploie une chaîne d’ingénierie capable de déplacer en quelques heures chargeuses, compacteurs et ateliers mobiles. « Notre atelier central façonne des pièces de rechange sur place, évitant tout arrêt imprévu », explique le capitaine-ingénieur Jules Mabiala.

Cette polyvalence illustre la dimension civilo-militaire du corps, souvent cantonné aux questions budgétaires. Ici, la mécanique se mue en instrument de santé publique, renforçant la confiance entre force publique et citoyens, conformément aux directives présidentielles.

Les habitants acteurs du changement

Dans le marché de la Liberté, les commerçantes ont improvisé un comité d’accueil, distribuant eau fraîche et beignets aux soldats. « Ils nous redonnent non seulement la propreté, mais aussi la dignité », confie Maman Bernadette, vendeuse de légumes depuis quinze ans.

En soirée, des riverains prolongent l’effort en balayant devant leurs portes. La mairie de Tié-Tié promet de renforcer la sensibilisation et de fournir des conteneurs normalisés pour éviter le retour des dépôts sauvages. L’opération devient un catalyseur de comportements responsables.

À savoir

La DGFE intervient en appui ponctuel des municipalités ; l’évacuation définitive des déchets reste de la compétence des collectivités, qui envisagent un nouveau contrat de gestion. Les autorités rappellent que jeter sur la voie publique peut entraîner des amendes allant jusqu’à 50 000 FCFA.

Impact & solutions

Sur le court terme, Pointe-Noire respire mieux et réduit sa vulnérabilité aux épidémies. Sur le long terme, la mairie veut développer des centres de tri et encourager le compostage pour que les déchets deviennent ressource plutôt que nuisance.

Des ONG locales proposent des formations au recyclage du plastique. Le ministère de l’Intérieur étudie la possibilité de doter la DGFE d’unités mobiles de broyage afin de préparer la matière à une filière naissante de pavés écologiques.

Comment y aller

Pointe-Noire est accessible par l’aéroport Agostinho-Neto, relié quotidiennement à Brazzaville. Des taxis officiels desservent les arrondissements ; négociez le tarif avant le départ. En saison des pluies, prévoyez des chaussures fermées et un imperméable pour visiter les sites fraîchement dégagés.

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