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Le salon, miroir d’un Congo créatif

Le 27 août 2025, les portes du futur village artisanal de Brazzaville se sont refermées sur la quatrième édition du Salon des métiers du bois. Pendant dix-sept jours, planches parfumées, copeaux d’okan et rires d’artisans ont rythmé les allées improvisées face au stade Président-Alphonse-Massamba-Débat.

Dans un contexte économique tendu, le pari d’un rendez-vous célébrant le bois local paraissait audacieux. Pourtant, la commissaire générale Mireille Opa Elion a assumé le risque, appuyée par la ministre des Petites et moyennes entreprises et de l’Artisanat, Jacqueline Lydia Mikolo, venue saluer « la créativité résiliente » du secteur.

Des chiffres qui racontent la reprise

Le premier indicateur de réussite est financier : 55 865 800 FCFA de ventes contre 15 millions espérés. Cette performance, presque quadruplée, redonne de l’oxygène aux ateliers familiaux et renforce l’idée que la valeur ajoutée peut rester sur les rives du fleuve Congo.

Le second chiffre frappe tout autant : 15 100 visiteurs, alors que l’organisation en prévoyait deux mille. Chaque journée a vu défiler étudiants en design, familles curieuses et acheteurs professionnels, générant une moyenne de plus de quatre mille entrées sur les week-ends.

Artisans et forêts, une alliance vitale

Parmi les stands, la menuiserie Nzoko a sculpté des mythes teke dans de l’iroko certifié FSC, tandis que des artisans camerounais révélaient le veinage rose du sapelli. Tous partageaient un même credo : transformer la ressource locale plutôt que d’exporter des grumes brutes.

« Chaque essuie-mains tressé, chaque chaise compacte raconte la forêt qui nous entoure », confiait André Mpoua, jeune exposant de Pointe-Noire. Son témoignage rappelle que l’artisanat emploie aujourd’hui plus de 30 000 personnes au Congo, un filet social non négligeable dans les zones rurales.

Vers une qualité Made in Congo

La ministre Mikolo n’a pourtant pas éludé les défis. Elle a insisté sur la « finition des produits, leur normalisation et leur standardisation ». Ces trois axes doivent, selon elle, ouvrir la voie à des marchés d’exportation où la mention Made in Congo deviendra synonyme d’excellence.

Des ateliers pratiques ont déjà esquissé cette montée en gamme : vernis à base d’huiles locales, emballages réutilisables en raphia, codes-barres intégrés. Un concours du « plus bel assemblage tenon-mortaise » a même récompensé les finitions nettes, applaudies par des designers venus de Dakar.

Impact & solutions

Au-delà des chiffres, le salon s’inscrit dans la stratégie nationale de gestion durable des forêts. Les exposants ont signé une charte bannissant les essences menacées et privilégiant des fournisseurs légaux. « Notre avenir dépend de la santé de la forêt », rappelle la charte.

Cette démarche rencontre l’appui des partenaires techniques qui proposent des formations à la traçabilité numérique du bois. L’objectif est d’assurer qu’une chaise achetée à Brazzaville porte l’histoire transparente de son arbre, du parc à grumes jusqu’à l’atelier, renforçant la confiance des consommateurs responsables.

À savoir

Le Salon des métiers du bois est organisé tous les deux ans sous l’égide du ministère des PME. Il accueille des exposants d’Afrique centrale et de l’Ouest, ainsi qu’une sélection d’écoles d’art.

Les visiteurs trouvent sur place un espace d’initiation où les enfants fabriquent leur propre petite pirogue en balza, encadrés par des maîtres-artisans qui transmettent gestes et vocabulaire du façonnage traditionnel.

Les transactions se font en CFA ou via mobile-money. Pour les pièces supérieures à un million de francs, les organisateurs proposent un service d’expédition sécurisé par conteneur maritime à destination de Libreville, Abidjan ou Dakar.

Une assurance « garantie forêt équitable » est offerte pour chaque achat supérieur à 50 000 FCFA, couvrant le produit contre les fissures dues au climat et finançant en parallèle la replantation d’un jeune arbre en périphérie de Ouesso.

Comment y aller

Le site se situe avenue des Trois-Martyrs, en face du stade Président-Alphonse-Massamba-Débat. Des bus spéciaux assurent la liaison depuis l’aéroport Maya-Maya et les hôtels du centre-ville pendant toute la durée de l’événement.

L’entrée coûte 1 000 FCFA pour les adultes et reste gratuite pour les moins de douze ans. Les billets peuvent être réservés à l’avance dans les agences Congo Digital Service ou achetés sur place, sous chapiteau.

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