Un gouverneur en tournée africaine
Du 2 au 5 décembre, la ville océane de Pointe-Noire accueille la visite officielle de Pierre-Marie Mboula, gouverneur 2025-2026 du district 403 B1 du Lions Club International. Sa tournée concerne la région 26, qui englobe les clubs de Pointe-Noire et de Dolisie.
À mi-chemin de l’exercice Lions commencé en juillet, l’émissaire effectue son tour d’horizon pour sonder le fonctionnement des treize clubs locaux. « Je viens voir comment les soutenir et lever les difficultés particulières », confie-t-il, décidé à nourrir un dialogue direct.
Région 26, carrefour solidaire
Aux portes de l’Atlantique, Pointe-Noire concentre une mosaïque de bénévoles engagés dans la santé, l’éducation ou la préservation des milieux. Dolisie, carrefour ferroviaire et forestier, complète ce binôme qui fait rayonner l’esprit Lions dans le Sud-ouest congolais.
Pierre-Marie Mboula rappelle que le district 403 B1 fédère huit pays d’Afrique centrale, du Congo à Sao Tomé-et-Principe. La région 26 agit ainsi comme une passerelle, partageant ses expériences avec Libreville, Douala ou Luanda dans une dynamique de collaboration sud-sud.
Servir, mot d’ordre intemporel
« La raison d’être du Lions Club est de servir ceux qui en éprouvent le besoin », martèle le gouverneur, soulignant que tous les membres interviennent bénévolement, en marge de leurs métiers. Le service s’exprime autant dans l’écoute que dans l’organisation logistique de projets.
Pour beaucoup de Lions, cet engagement répond à un idéal d’entraide communautaire hérité des pères fondateurs. Les clubs congolais cultivent une culture du don, parfois discrète, toujours ancrée dans la vie quotidienne des quartiers populaires et périphériques.
Trois priorités au cœur de 2024
Chaque année, le district définit trois chantiers. Pour l’exercice en cours, la santé mentale, la malnutrition et l’environnement tiennent le haut de l’affiche. « Nous concentrons nos forces sur ces axes », précise Pierre-Marie Mboula, misant sur la complémentarité des compétences locales.
La santé mentale reste souvent taboue. Les Lions entendent ouvrir des espaces de parole et soutenir les structures d’accueil existantes. En parallèle, la malnutrition, encore présente chez les plus jeunes, mobilise des actions de collecte et de sensibilisation autour d’une alimentation équilibrée.
Cap sur l’environnement
Dans une ville côtière exposée à l’érosion et au stress urbain, la protection de l’environnement devient urgente. Les clubs de la région 26 s’attachent à encourager de simples gestes : plantation d’arbres, gestion des déchets, promotion d’activités propres.
Le gouverneur mentionne la nécessité « d’évaluer pour aller plus loin au second semestre ». Ses échanges devront déboucher sur un calendrier d’initiatives partagées afin d’amplifier l’impact des clubs auprès des habitants et des autorités locales.
Entre bénévolat et expertise
La visite permet aussi un transfert de savoir-faire. Chaque club possède ses propres réussites : campagnes de dépistage, soutien scolaire, construction de forages. Les retours d’expérience, mis en commun, constituent un socle pour améliorer la gouvernance associative.
« Il y a le partage d’expérience », insiste Pierre-Marie Mboula. Il encourage les présidents de club à documenter leurs projets pour faciliter la recherche de financements et la mesure d’impact, deux défis fréquents d’un bénévolat exigeant.
Impact & solutions
À l’issue des quatre jours, un rapport d’évaluation recensera les points forts et les obstacles. Les Lions entendent renforcer les partenariats avec les municipalités et les entreprises locales afin de sécuriser des ressources matérielles pour les actions sociales.
La création d’équipes mixtes inter-clubs est aussi envisagée : chacune concentrerait ses compétences sur l’un des trois axes prioritaires. L’objectif final demeure l’amélioration tangible du bien-être des populations du Kouilou et du Niari.
À savoir
Le district 403 B1, fondé en 1990, couvre un territoire de plus d’un million de kilomètres carrés. Ses gouverneurs sont élus pour un mandat annuel, précédé d’une année de préparation et suivi d’une année de conseil, garantissant une continuité stratégique.
La région 26, créée en 2016, abrite le plus grand nombre de clubs du district. Cette densité facilite les synergies mais exige également un suivi rapproché tel que celui assuré actuellement par Pierre-Marie Mboula.
Comment y aller
Pointe-Noire se rejoint en une heure de vol depuis Brazzaville. Des bus relient ensuite Dolisie en trois heures par la nationale 1. Les rencontres Lions se tiennent généralement dans les maisons de quartier ou les hôtels partenaires, accessibles en taxi.
Les familles curieuses peuvent assister aux réunions publiques, souvent annoncées à la radio locale. L’occasion d’observer la solidarité en action et, peut-être, de rejoindre les rangs des Lions pour servir, à leur tour, ceux qui en ont besoin.




