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Congo-Brazzaville : une stratégie 2030 face aux catastrophes

La République du Congo a présenté sa Stratégie nationale de prévention et de gestion des risques de catastrophes (SNPGRC) à l’horizon 2030. Le document se veut un levier pour renforcer la résilience du pays face aux changements climatiques et à d’autres dangers majeurs jugés récurrents.

Dans l’esprit des autorités, la SNPGRC cherche à mieux anticiper, limiter et gérer les crises, avec un cap clair : réduire les pertes en vies humaines, les dégâts matériels et les perturbations des services économiques, sociaux et environnementaux.

Un financement annoncé de 22,8 milliards FCFA avec le PNUD

La stratégie est financée à hauteur de 22,8 milliards de francs CFA. Elle a été conçue par le gouvernement, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

L’ambition affichée est de passer d’une logique de réaction à une logique de prévention, tout en intégrant les impacts des catastrophes sur des secteurs essentiels. Le texte met ainsi l’accent sur l’efficacité de la réponse, mais aussi sur la réduction des vulnérabilités.

Gouvernance des risques : plateforme nationale et coordination

En présentant le document, Narcisse Ofoulou, directeur de l’Écologie et des ressources naturelles au ministère en charge de l’Environnement et du Développement durable, a indiqué que la mise en œuvre reposera sur une plateforme nationale de gestion des risques de catastrophe.

Selon lui, l’exécution s’appuiera également sur un comité interministériel. Le dispositif prévoit en outre l’implication des collectivités locales, de la société civile, du secteur privé et des communautés locales, afin d’ancrer les mesures au plus près du terrain.

Quatre priorités pour renforcer la résilience nationale

« La SNPGRC repose sur quatre priorités majeures. Il s’agit notamment de la compréhension des risques, du renforcement de la gouvernance, de l’investissement dans la résilience, de l’amélioration de la préparation et de la réponse aux catastrophes », a précisé Narcisse Ofoulou.

L’expert a aussi souligné l’alignement du document avec le Plan national de développement 2022-2026. L’objectif est de relier la prévention des catastrophes aux politiques publiques, de façon cohérente et mesurable.

Biodiversité 2025-2030 : un plan d’action à 25,7 milliards FCFA

Dans le même élan, le gouvernement a présenté un plan d’action national pour la biodiversité couvrant la période 2025-2030. Son coût de mise en œuvre est estimé à 25,7 milliards de francs CFA.

Le pilotage annoncé doit s’organiser autour d’une cellule de gestion et d’un comité consultatif national. Le plan vise à réduire la perte de biodiversité et à renforcer la résilience des populations, en cohérence avec la vision 2050 de vivre en harmonie avec la nature.

145 actions, 163 indicateurs : des objectifs suivis dans le temps

Le plan biodiversité s’articule autour de cinq axes prioritaires. Il décline 25 cibles nationales, 145 actions et 163 indicateurs, un format qui cherche à rendre la mise en œuvre lisible et suivable.

En filigrane, le message est celui d’une politique fondée sur des résultats : définir des cibles, choisir des actions et se doter d’outils de suivi, pour vérifier dans le temps l’effet réel des mesures sur les milieux naturels et les communautés.

Bois, agriculture, eau, pêche : la biodiversité au cœur des filières

La ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan Nonault, a rappelé que la biodiversité dépasse la seule éthique environnementale. Elle l’a présentée comme un enjeu économique central dans plusieurs chaînes de valeur.

La ministre a cité notamment les secteurs du bois, de l’agriculture, de l’eau, de la pêche et de l’écotourisme. Le propos inscrit la protection du vivant dans une vision de développement qui combine usage des ressources et durabilité.

Partenariat multilatéral : le PNUD salue les engagements

La représentante résidente du PNUD, Adama Dian Barry, a salué l’engagement du Congo en matière de respect des engagements internationaux, dans la lutte contre les changements climatiques et la conservation de la biodiversité.

Elle a estimé que les deux documents présentés formeront un socle pour des actions durables sur l’environnement. « Je suis convaincue que les outils qui vous seront remis ici aujourd’hui vont constituer le socle sur lequel pourront durablement s’enraciner les actions vitales à l’exploitation économique, rationnelle et durable du Congo », a-t-elle déclaré.

Impact & solutions : préparer, investir, répondre mieux

À travers la SNPGRC et le plan biodiversité, l’enjeu commun est de limiter des impacts qui, à chaque crise, fragilisent les populations et les services essentiels. La stratégie met en avant la compréhension des risques, l’investissement et la préparation, afin d’améliorer la réponse.

Le choix d’une gouvernance partagée, associant institutions, acteurs locaux et partenaires, cherche à rendre l’action plus robuste. Dans le même temps, le plan biodiversité veut structurer des actions suivies par des indicateurs, pour protéger les écosystèmes et soutenir la résilience.

À savoir : deux documents, une même boussole environnementale

Les deux textes présentés dessinent une boussole commune : renforcer la résilience du Congo-Brazzaville, à la fois face aux catastrophes et face à l’érosion de la biodiversité. Les montants annoncés, 22,8 milliards FCFA pour la SNPGRC et 25,7 milliards FCFA pour le plan biodiversité, donnent une mesure de l’effort prévu.

Les déclarations de Narcisse Ofoulou, d’Arlette Soudan Nonault et d’Adama Dian Barry convergent sur un point : l’environnement est indissociable des trajectoires économiques et sociales. Pour les communautés, l’attente est que ces cadres stratégiques se traduisent en actions visibles et durables.

Comment y aller : suivre ces politiques sur le terrain

Pour les voyageurs, enseignants ou photographes, l’intérêt est d’observer comment ces orientations se déclinent localement, notamment via l’implication annoncée des collectivités et des communautés. Les échanges avec les acteurs locaux permettent de comprendre les priorités concrètes, entre prévention des risques et protection des milieux.

Sur le terrain, l’approche responsable consiste à privilégier les opérateurs qui respectent les règles locales et les sites naturels, et à s’informer auprès des structures concernées par la gestion des risques et la biodiversité. L’enjeu reste de relier les discours nationaux aux réalités vécues.

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