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Brazzaville au cœur d’une révolution fiscale

Du 9 au 12 septembre, Brazzaville accueillera la 8e édition du Colloque international sur la fiscalité, un rendez-vous où chercheurs et décideurs d’une quinzaine de pays repensent l’impôt comme levier de préservation écologique.

Organisé par le Master 227 de l’Université Paris-Dauphine avec la Direction générale des impôts et des domaines, l’événement veut prouver qu’une fiscalité bien calibrée peut financer durablement la protection des forêts et la diversification économique congolaise.

Le thème officiel, centré sur le « rôle et la place du droit fiscal national », sera décliné en trois axes : recettes des industries extractives, exploitation durable des ressources vivantes et lutte contre la délinquance fiscale.

Derrière ces intitulés techniques, une question guide les travaux : comment transformer la richesse du fleuve Congo et de ses forêts en revenus équitables, sans compromettre la biodiversité ni les communautés qui en dépendent ?

Au cœur des tables rondes, le modèle fiscal appliqué au bois, au pétrole et aux minerais sera disséqué. Plusieurs intervenants rappelleront que chaque cargaison qui quitte le port d’Indienne représente aussi des milliers de tonnes de carbone stocké qu’il faut compenser.

Pour Maxence Bringuier, président de l’Association dauphinoise d’administration fiscale, « conjuguer recettes et responsabilité environnementale n’est plus un luxe, c’est une urgence ». Sa phrase résonne dans un pays où la forêt couvre près des deux tiers du territoire national.

Des recettes pour protéger le bassin du Congo

Selon le Fonds monétaire international, l’Afrique perd chaque année plus de 50 milliards de dollars en évasion fiscale. Une partie de ces montants suffirait à financer les aires protégées du bassin du Congo et à rémunérer les gardes communautaires.

Les débats aborderont le partage équitable des redevances issues de la filière bois certifiée, un secteur qui emploie directement vingt mille Congolais. La piste défendue consiste à verser une part des impôts locaux aux villages riverains pour soutenir des écoles ou des dispensaires.

Autre proposition, la mise en place d’un crédit d’impôt pour les entreprises investissant dans la restauration des mangroves ou la transition énergétique. Cette mesure incitative, déjà testée au Gabon voisin, pourrait attirer les sociétés d’exploitation fluviale établies à Brazzaville.

Industries extractives sous la loupe

Les représentants de TotalEnergies, Perenco et de la société chinoise Wing Wah sont attendus pour discuter d’une fiscalité plus transparente sur le pétrole offshore de Pointe-Noire. Les regards se tourneront vers l’accord de partage des revenus signé l’an dernier.

Le colloque examinera également l’exploitation artisanale de l’or dans la Sangha. Les fiscalistes cherchent une méthode pour capturer cette valeur diffuse sans écraser les mineurs : simplification des déclarations, guichets mobiles, incitations à la formalisation.

Claude Obara, directeur adjoint des impôts, souligne que « chaque gramme déclaré représente une victoire contre la fraude, mais aussi un micro-investissement collectif dans nos forêts ».

Former la prochaine génération de fiscalistes verts

Le Master 227 présentera les travaux de ses étudiants congolais sur la fiscalité carbone. Les projets vont d’une taxe sur les billets d’avion domestiques à un système de compensation pour les opérateurs de transport fluvial.

Une soirée alumni, prévue le 10 septembre, réunira d’anciens diplômés désormais hauts fonctionnaires au Cameroun, en Centrafrique ou en RDC. L’objectif est de créer un réseau panafricain capable d’harmoniser les règles et d’échanger des données en temps réel.

Comment y aller

Les vols directs relient régulièrement Paris, Addis-Abeba et Casablanca à Brazzaville. L’aéroport Maya-Maya se situe à quinze minutes du centre-ville, où la plupart des hôtels partenaires du colloque offrent des navettes gratuites.

À savoir

L’inscription est ouverte jusqu’au 5 septembre. Les photographes accrédités auront accès aux ateliers et pourront réaliser des reportages sur les berges du fleuve organisés par l’Office de tourisme.

Impact & solutions

En faisant dialoguer fisc et climat, Brazzaville espère montrer que la solidarité financière peut soutenir les écosystèmes du deuxième poumon vert mondial. Les conclusions du colloque seront transmises au ministère de l’Économie afin d’alimenter la loi de finances 2025.

Si le pari réussit, le Congo pourrait devenir une référence africaine de la fiscalité verte, alliée indispensable aux projets de conservation et aux ambitions régionales de libre-échange.

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