Forum DGIA : un carrefour d’engagement
Dans une salle ensoleillée de la Chambre de commerce de Brazzaville, le 26 septembre, la deuxième édition du forum Doing Good in Africa a réuni chefs d’entreprise, diplomates et étudiants autour d’une idée simple : transformer la responsabilité sociétale en levier concret de développement.
Organisé par Afrique RSE Congo, filiale du groupe panafricain Afrique RSE, avec le soutien de la plateforme Doing Good in Africa, du magazine Dirigeantes et de BL Technology, l’événement a donné la parole à ceux qui bâtissent l’économie durable du pays.
Responsabilité sociale : le nerf de l’ODD
Sous la bannière « Entreprises à impact : contribution des entreprises congolaises aux Objectifs de développement durable », les intervenants ont rappelé que l’échéance de 2030 arrive à grands pas et que le secteur privé doit accélérer.
Bel Lauretta Tene, directrice générale d’Afrique RSE Congo, a posé le décor : « Nous ne sommes pas bien placés ». Le pays se classe 154e sur 167 à l’index onusien, avec une moyenne de 52,8 sur 100, un score perfectible mais pas immuable.
La loi congolaise évoque déjà la responsabilité des entreprises vis-à-vis des ODD, mais l’absence de décret d’application freine sa mise en musique. D’où l’insistance des organisateurs sur la formation simultanée des secteurs public et privé pour clarifier les règles du jeu.
Santé, énergie, climat : le trio prioritaire
Cette édition s’est focalisée sur les ODD 3, 7 et 13. Autrement dit, promouvoir la santé, accélérer l’accès aux énergies propres et réduire les émissions de gaz à effet de serre, trois chantiers que le Congo peut mener de front grâce à l’engagement entrepreneurial.
Les experts santé ont salué les programmes internes de vaccination portés par certaines sociétés pétrolières, qui ont permis de rapprocher les soins de base des communautés riveraines. Ces initiatives répondent directement à l’ODD 3, tout en renforçant le capital humain des entreprises.
Sur l’énergie, la société BL Technology a présenté ses audits d’efficacité énergétique menés dans des hôtels de Pointe-Noire. Résultat : jusqu’à 30 % d’économie sur la facture d’électricité en changeant l’éclairage et la climatisation, un argument parlant pour l’ODD 7.
Quant au climat, Doing Good in Africa a mis en avant des projets pilotes de reboisement autour de Kintélé, financés par un consortium d’entreprises locales. Chaque plant est géolocalisé, ce qui atteste le sérieux du suivi et crédite l’ODD 13 d’une avancée mesurable.
Freins et leviers identifiés
Au-delà de l’enthousiasme, les participants ont dressé une carte précise des obstacles. La méconnaissance des ODD par de nombreux cadres, l’accès encore difficile au financement vert et la fragmentation de la donnée statistique reviennent comme des refrains à corriger.
Pour Bel Lauretta Tene, la solution passe par un langage commun. « Former simultanément administrations et entreprises évite le dialogue de sourds », a-t-elle insisté. Plusieurs grandes sociétés se sont déjà engagées à financer des sessions gratuites dès le premier trimestre prochain.
La collecte de données constitue un autre levier. Doing Good in Africa propose de déployer un tableau de bord accessible à tous, compilant indicateurs de santé, de consommation énergétique et de captation carbone. Objectif : mesurer les progrès et aiguiller les investissements.
Comment y aller
Le forum se tient chaque année à la Chambre de commerce de Brazzaville, à dix minutes du centre-ville. Les visiteurs internationaux arrivent par l’aéroport Maya-Maya, puis rejoignent le site en taxi ou navette dédiée. L’inscription se fait en ligne, la participation est gratuite.
À savoir
Les organisateurs conseillent de se munir d’une carte d’identité valide et d’un stylo pour signer les feuilles de présence, condition requise pour recevoir les supports de formation. Un stand propose également des attestations carbone pour compenser les déplacements des participants.
Impact & solutions
À l’issue des débats, trois entreprises ont reçu un trophée pour leurs avancées en matière d’ODD : un hôpital privé pour son centre de dialyse solidaire, une start-up solaire pour son kit rural et un groupe agroalimentaire pour son compost à base de drêches.
L’an prochain, les organisateurs souhaitent élargir le focus aux ODD 4 et 9, dédiés à l’éducation et à l’innovation. « Notre ambition est de bâtir une coalition d’entreprises capables de proposer des feuilles de route communes », a conclu Bel Lauretta Tene, sous des applaudissements nourris.





