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De jeunes pousses d’espoir scientifique

À Brazzaville, sous la chaleur douce de fin septembre, trois étudiants ont franchi le dernier pas vers leur licence en production végétale. Leur succès illustre un tournant : des recherches locales, soutenues par l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation, émergent enfin sur le terrain.

L’Organisation internationale de la Francophonie finance le projet. Le soutien couvre matériel, semences et micro-parcelles expérimentales. Résultat : des rapports solides, notés entre 16 et 17 sur 20 par un jury attentif.

Des biofertilisants pour des récoltes plus vertes

Le premier travail examine Tithonia diversifolia, arbuste sauvage bien connu des maraîchers congolais. Transformée en compost, sa biomasse dope le rendement du haricot vert tout en enrichissant les sols appauvris par les engrais chimiques.

La deuxième étude compare deux fumures organiques : fientes de volaille et boue d’étang. Les deux alternatives, disponibles localement, réduisent la dépendance aux fertilisants industriels importés, coûteux et à forte empreinte carbone.

Trois recherches, un dénominateur commun

Christ-Offert Gabrielle Poudy Biboussi atteint une efficacité record : plus 25 % de gousses par plant grâce à son biofertilisant de Tithonia. Le jury salue la rigueur statistique et la pertinence écologique du protocole.

Eros El Chaidai Mongonga démontre que la boue d’étang, riche en micro-organismes, rivalise avec le fumier de poule sur les concombres, tout en limitant les pathogènes transmissibles à l’homme.

Sagesse Delmiche Ekambi Etsa, enfin, teste l’ortie locale La portes sestuans sur la baselle. Elle observe une croissance plus rapide et des feuilles plus charnues, appréciées sur les marchés urbains.

Une agence au service de l’innovation agricole

Créée pour rapprocher laboratoire et exploitation, l’Anvri mise sur les start-ups et les jeunes chercheurs. « Valoriser le savoir au profit de la société » demeure son crédo, rappelle son directeur Patrick Obel Okeli lors de la cérémonie de soutenance.

Le volet Agritech de l’agence offre un guichet unique : mentorat, petites subventions, partenariats avec des coopératives rurales et vitrines lors des foires agricoles nationales.

Formation et transfert de savoir-faire

Les enseignants de l’Institut Management de Brazzaville insistent sur l’apprentissage par la pratique. Chaque étudiant suit son essai du semis à la récolte, puis partage les résultats avec les producteurs voisins, favorisant une diffusion rapide des innovations.

Ce maillage académique et communautaire répond aux Objectifs de développement durable sur la sécurité alimentaire et l’adaptation climatique, sans opposer rendement et préservation des écosystèmes fluviaux.

Impact & solutions

Selon les premiers retours, l’usage de ces biofertilisants pourrait réduire de 30 % la facture en intrants pour les maraîchers périurbains, tout en augmentant les marges. L’Anvri prévoit d’élargir les essais à d’autres cultures vivrières comme le manioc et la tomate.

À savoir

Les plantes étudiées poussent naturellement dans le bassin du Congo. Leurs biostimulants respectent la réglementation phytosanitaire nationale et ne nécessitent pas d’autorisations spéciales pour un usage à petite échelle.

Comment y aller

Le site expérimental Agritech se trouve sur la route de Kintélé, à quinze minutes du centre-ville de Brazzaville. Des visites guidées sont possibles chaque mercredi après-midi sur réservation auprès de l’Anvri.

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