Brazzaville vibre au rythme de la science
Hier, les jardins du ministère de la Recherche ont résonné d’exclamations enthousiastes lorsque le ministre Rigobert Maboundou a déclaré ouvertes les premières Journées scientifiques et technologiques à l’Institut national de recherche en sciences de l’ingénieur.
Sous de grandes tentes blanches, étudiants, chercheurs, entrepreneurs et photographes se pressaient pour entendre le thème directeur : « L’importance des sciences de l’ingénieur, de l’innovation et de la technologie dans la valorisation des ressources naturelles du Congo ».
Sciences de l’ingénieur au service du vert Congo
Dans un pays traversé par un fleuve majestueux et ceinturé de forêts, la promesse est immense. “Notre potentiel inestimable, c’est l’intelligence de nos hommes”, a rappelé Rigobert Maboundou en insistant sur la nécessité de transformer la richesse naturelle en valeur ajoutée locale.
Des maquettes de séchoirs solaires voisinent avec des prototypes de drones cartographiant la biodiversité. Chaque invention raconte une même histoire : celle d’un Congo qui capitalise son patrimoine écologique plutôt que de l’épuiser.
Jeunesse et génie local
Dans l’amphithéâtre fraîchement peint, le Pr Michel Elenga a lancé un défi aux étudiants : « Faites de la recherche, de l’innovation et de la technologie les piliers de notre développement ». Son propos a déclenché un tonnerre d’applaudissements, signe d’une génération prête à s’engager.
Mireille, doctorante en agro-alimentaire, présente un procédé de fermentation du manioc réduisant de moitié la consommation d’eau. Elle explique que l’idée est née d’un atelier communautaire au nord de Ouesso, preuve que la recherche part souvent du terrain pour revenir au terrain.
Défis climatiques transformés en opportunités
Le programme explore la sécurité sanitaire et alimentaire, la transformation des denrées, ou encore les réponses au changement climatique, thèmes critiques pour un pays où la saison sèche s’allonge et les forêts font office de puits de carbone mondial.
Chaque table ronde tente de convertir une contrainte en filière verte. L’exemple le plus commenté reste la production d’engrais organiques issus des résidus de cacao de la Sangha : moins de déchets, plus de rendements, et un prix accessible aux paysans.
Recherche, industrie, société : l’alliance stratégique
Les exposants insistent sur l’implication du secteur privé. De petites entreprises de cosmétique naturelle concluent déjà des partenariats avec les laboratoires pour certifier l’origine et la qualité des huiles essentielles.
Les ONG de conservation, elles, voient dans ce rendez-vous un moyen de soutenir les communautés limitrophes des parcs en créant des emplois non extractifs. Le cercle vertueux recherché se dessine : innovation durable, emplois locaux, écosystèmes préservés.
Comment y aller
Les Journées se déroulent au campus de l’Institut national de recherche, quartier M’Pila, Brazzaville. Depuis l’aéroport Maya-Maya, un taxi met vingt minutes pour rejoindre le site. L’entrée est gratuite, sur simple inscription à l’accueil, de 9 h à 17 h jusqu’à vendredi.
À savoir
Les conférences se tiennent en français avec traduction simultanée en lingala pour favoriser la participation des lycéens. Un concours d’affiches scientifiques récompensera vendredi la meilleure vulgarisation. Les visiteurs doivent présenter une pièce d’identité et porter un masque dans les laboratoires de biotechnologie.
Impact & solutions
Les recommandations finales devront préciser les mesures d’incitation fiscale à l’innovation verte, la promotion des brevets locaux et le renforcement des échanges entre chercheurs du bassin du Congo. Le ministère s’engage à intégrer ces propositions dans le prochain plan national de développement durable.
Rigobert Maboundou promet un suivi trimestriel : « Nous ne voulons pas que ces journées restent lettre morte ; chaque idée utile doit trouver sa place dans nos politiques publiques ».
Cap sur l’avenir
En refermant les portes chaque soir, les organisateurs mesurent la portée déjà tangible de l’événement : dialogues inédits, projets en gestation, confiance partagée. Une étincelle suffit parfois à éclairer un chemin entier.
Si la science est ce flambeau, alors ces Journées pourraient bien illuminer durablement la route d’un Congo décidé à bâtir son essor sur le savoir, la responsabilité et la préservation de ses trésors naturels.





