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Bourses vertes, avenir radieux

Sous la voûte chaude du campus Denis-Sassou-N’Guesso, une impatience sereine règne. Face aux étudiants, le Dr Maryse Nkoua Ngavouka dévoile la deuxième édition des bourses du Centre d’excellence d’Oyo, dédiées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

L’initiative, soutenue depuis Oyo par des partenariats publics et privés, s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification énergétique voulue pour réduire la dépendance aux hydrocarbures et stimuler l’innovation locale.

Des critères synonymes d’excellence

Les bourses ciblent exclusivement les étudiants congolais inscrits en master 2 ou en post-master, avec un dossier académique solide et un projet de terrain applicable aux réalités du pays.

La procédure passe par un dépôt en ligne sur la plateforme du centre. Les candidats doivent joindre lettre de motivation, relevés de notes, note conceptuelle et lettre d’appui d’un enseignant-chercheur. La sélection, confiée à un jury mixte, sera publiée en décembre 2025.

Vie de chercheur à Oyo

Les lauréats rejoindront Oyo dès janvier 2026. Ils recevront une allocation mensuelle couvrant restauration et besoins courants, un hébergement sur le campus et surtout un accès illimité aux laboratoires solaires, bancs d’essai micro-hydro et plateformes de modélisation énergétique.

L’académie mise sur l’approche « apprendre en faisant ». Chaque chercheur devra tester une solution pilote : cellule solaire hybride, biodigesteur ou système de récupération de chaleur passive, selon les priorités régionales identifiées.

Voix d’étudiants engagés

« Nous devons nous impliquer dans la science pour faire avancer notre pays », martèle Mike Gamouaya, post-master spécialisé dans la valorisation de bio-ressources. Pour lui, les bourses représentent un tremplin afin de transformer des idées parfois confinées dans les amphithéâtres en prototypes utilisables par les communautés.

Pour Royal Choupin Louembet, expert du centre, « le programme encourage l’excellence académique et soutient des solutions adaptées aux besoins énergétiques du Congo ». Il insiste sur la dimension collaborative entre universités, instituts techniques et entreprises de maintenance solaire.

Comment y aller

Les étudiants hors d’Oyo peuvent rejoindre la ville en transport fluvial depuis Brazzaville jusqu’à Owando, puis par la route nationale 2. Des navettes universitaires assurent ensuite la liaison jusqu’au campus. La candidature se fait exclusivement en ligne ; aucune version papier n’est reçue.

À savoir

La bourse couvre douze mois renouvelables une fois après évaluation de l’avancement scientifique. Les thématiques prioritaires incluent micro-centrales hydro, hybridation photovoltaïque-diesel, réhabilitation énergétique des bâtiments publics et valorisation des déchets agricoles.

Les chercheurs conservent la propriété intellectuelle de leurs prototypes, avec une clause de partage non exclusif permettant au centre de diffuser les résultats auprès des autres universités nationales.

Impact & solutions

En soutenant une quinzaine de projets chaque année, le programme nourrit un vivier d’ingénieurs capables d’installer, maintenir et améliorer des solutions sobres en carbone. Les premières cohortes ont déjà contribué à l’éclairage solaire de trois écoles rurales et au refroidissement passif d’un centre de santé.

À moyen terme, l’objectif est d’alimenter un réseau de micro-entreprises énergétiques sur l’ensemble du territoire, créant des emplois qualifiés et réduisant la facture énergétique publique. Le centre réfléchit également à des formations courtes pour artisans souhaitant intégrer la chaîne de valeur verte.

Les étudiants présents à la rencontre, conscients des défis climatiques, saluent l’opportunité. « Un pays ne se développe pas sans chercheurs », lance une jeune chimiste. Le hall applaudit, sentant que la transition énergétique, loin d’être un slogan, se construit désormais ici, entre Oyo et les amphithéâtres brazzavillois.

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