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Arrestation d’un trafiquant à Nkayi

Fin octobre 2025, la ville sucrière de Nkayi s’est soudainement retrouvée au cœur d’une affaire de trafic de faune. Un quadragénaire congolais a été arrêté alors qu’il tentait de vendre un bébé chimpanzé vivant.

L’opération, menée par la gendarmerie de la Bouenza avec la Direction départementale de l’Économie forestière et l’appui technique du PALF, illustre la vigilance accrue des autorités face aux atteintes portées aux espèces intégralement protégées.

Les gendarmes de Madingou ont suivi l’individu grâce à des renseignements anonymes. « La communauté a joué son rôle de vigie », confie un officier, saluant la montée d’une vigilance citoyenne contre le pillage de la faune.

Le calvaire du jeune chimpanzé

Selon sa propre confession, le suspect avait capturé le primate dans la forêt de Kindamba, département du Pool, plus de deux mois auparavant, avant de le transporter clandestinement jusqu’à Nkayi en vue d’en tirer un bénéfice rapide.

Le petit chimpanzé, âgé d’environ six mois, a subi chaleur, privation de liberté et mauvais traitements, des conditions qui compromettent souvent la survie des jeunes primates séparés de leur mère.

Une réponse légale dissuasive

La législation congolaise ne laisse aucune ambiguïté. L’article 27 de la loi 37/2008 interdit strictement la détention et le commerce d’espèces intégralement protégées, à moins d’une dérogation scientifique exceptionnelle.

En vertu de ce texte, le trafiquant encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et cinq millions de francs CFA d’amende. Le parquet devrait instruire le dossier dans les prochains jours, offrant un signal clair aux réseaux criminels.

D’après la Direction générale de l’Économie forestière, une quinzaine de cas similaires ont été portés devant les tribunaux depuis 2023 dans le sud du pays, preuve que le trafic persiste malgré les sanctions existantes.

Sauvetage et réhabilitation au sanctuaire

Confié au sanctuaire Jane Goodall de Tchimpounga, dans le Kouilou, le bébé primate reçoit désormais des soins vétérinaires, une alimentation adaptée et un suivi comportemental destinés à favoriser un futur retour en forêt.

Les soigneurs rappellent qu’un chimpanzé ne peut réapprendre la vie sauvage qu’après une longue réhabilitation sociale, étape possible grâce à la saisie rapide de l’animal par les forces de l’ordre.

Enjeux de conservation des grands primates

Espèce emblématique du bassin du Congo, le chimpanzé partage avec l’humain un répertoire de plus de trente vocalises, des mimiques complexes et une société structurée. Sa disparition éroderait l’un des piliers de la biodiversité régionale.

Les pressions principales demeurent la déforestation pour l’agriculture, l’exploitation illégale du bois et le braconnage pour la viande de brousse, dont le trafic de primates vivants n’est que la face la plus visible.

Pour le PALF, partenaire de l’opération, « chaque arrestation réaffirme que la loi n’est pas théorique ». L’ONG plaide pour des patrouilles mixtes régulières et pour la sensibilisation des communautés riveraines des forêts.

Comment y aller

Nkayi se rejoint en cinq heures de route asphaltée depuis Brazzaville ou en train sur la ligne Congo-Océan. Les formalités d’entrée restent les mêmes que pour tout voyage intérieur, mais pensez aux autorisations photographiques si vous travaillez sur la faune.

À savoir

La région de la Bouenza applique une tolérance zéro envers la détention d’animaux protégés. Les touristes sont invités à signaler tout contact suspect avec des espèces sauvages aux postes de gendarmerie ou aux agents des eaux et forêts.

Impact & solutions

Le démantèlement rapide de la filière illustre la coopération efficace entre forces de sécurité, administration forestière et ONG spécialisées. Cette synergie limite le temps de captivité des animaux et augmente les chances de poursuites judiciaires.

À plus long terme, la protection des chimpanzés repose sur l’éducation environnementale, la création d’activités durables pour les communautés et la préservation des corridors forestiers, autant de chantiers en cours dans le cadre des politiques nationales de conservation.

Les autorités étudient également la mise en place d’un fonds issu des amendes pour financer la restauration des habitats dégradés autour de Kindamba.

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