Renaissance verte de l’avenue Lyautey
À Poto-Poto, les habitués peinent à reconnaître l’avenue Lyautey. Le ruban d’asphalte autrefois crevassé laisse place à une voie pavée de 750 mètres, bordée d’arbres renaissants. La promenade redevient un lieu de flânerie, soutenue par un mobilier urbain simple mais accueillant.
Le projet, conduit par la Direction générale des finances et de l’équipement, incarne la volonté du commissaire colonel-major Michel Innocent Peya de rendre Brazzaville plus agréable à vivre. « Nous voulons que chaque rue inspire confiance et fraîcheur », glisse un technicien, fier d’un chantier mené sans interruption majeure du trafic.
Des travaux pensés pour durer
L’ancienne chaussée s’effritait sous l’assaut des pluies torrentielles. Les ingénieurs ont remplacé le bitume craquelé par des pavés autobloquants, capables de résister aux ruissellements fréquents. Sous la surface, des buses en béton drainent désormais l’eau vers des exutoires sécurisés, limitant l’érosion des sols.
Ce choix augmente la durée de vie de la voirie tout en réduisant les coûts d’entretien. Selon la DGFE, la facture carbone du chantier a été abaissée de 15 % grâce à l’emploi de matériaux produits localement. Les riverains saluent une approche qui marie esthétique et sobriété environnementale.
L’eau pluviale, nouvel allié de la ville
Au lieu de considérer l’eau comme une menace, les concepteurs l’ont intégrée au décor. Des caniveaux ajourés alimentent de petites fosses végétalisées. Ces micro-jardins filtrent la boue, retiennent les nutriments et rechargeant la nappe phréatique.
Jean-Baptiste Mavoungou, hydrologue à l’Université Marien-Ngouabi, note que « cette solution de drainage urbain intégré pourrait servir de laboratoire pour d’autres artères sujettes aux inondations ». La capitale, surnommée Brazza la Verte, renoue ainsi avec sa réputation de cité jardin.
Sécurité civile : les premières bouches d’incendie
Deux bouches d’incendie rouge vif ponctuent la voie. Raccordées à un réseau sous pression délivrant un bar, elles peuvent remplir en cinq minutes un camion-citerne de 5 000 litres. Une première à Brazzaville, qui renforce la réactivité des pompiers dans un quartier dense.
Le directeur général du BCBTP, Boris Myeré Onka, a salué « un saut qualitatif dans la protection des personnes et des biens ». Les commerçants de la rue de Reims dorment un peu plus tranquilles, conscients que le temps de réponse face aux flammes s’est drastiquement réduit.
Dialogue Police-Population, une dynamique
La réhabilitation nourrit aussi le lien Police-Population. Le colonel-major Michel Innocent Peya, discret mais déterminé, multiplie les gestes destinés à rapprocher services de sécurité et habitants. Les éclairages LED installés sur les façades offrent un sentiment de sûreté après la tombée de la nuit.
Pour le chauffeur de taxi Antoine Bouanga, la nouvelle avenue « change l’humeur des passagers ». Moins de nids-de-poule signifie moins de temps perdu et moins de carburant consommé. Une économie quotidienne que de nombreux conducteurs perçoivent déjà dans leur budget.
Comment y aller
Depuis le centre-ville, empruntez le boulevard Alfred Raoul puis tournez à gauche sur Nelson-Mandela. Les panneaux récents indiquent clairement l’accès à l’avenue Lyautey. En journée, le trafic reste fluide, mais privilégiez les heures creuses pour apprécier le nouvel alignement d’acacias et de flamboyants.
À savoir
La zone bénéficie d’un éclairage public solaire. Les piétons disposent de trottoirs élargis à 1,50 mètre. Les commerces bordant la chaussée s’engagent à préserver la propreté des abords grâce à un accord signé avec la mairie de Poto-Poto.
Impact & solutions
La DGFE prévoit de dupliquer ce modèle dans d’autres arrondissements, en commençant par une portion pilote à Mfilou. Les données de suivi, collectées par capteurs de niveau d’eau, permettront d’affiner la conception des futures canalisations.
Les habitants, quant à eux, s’organisent en comités de veille pour signaler tout début de dégradation. Ce partenariat citoyen illustre la dynamique de co-gestion voulue par les autorités, afin que chaque gain environnemental dure dans le temps.





