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Un bilan jugé « satisfaisant » sur cinq ans

Invité de l’émission « 30 jours pour convaincre en toute transparence », le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Emile Ouosso, a dressé un bilan qu’il qualifie de satisfaisant pour l’eau potable et l’électricité.

Dans le même temps, il a déploré une difficulté majeure : les sociétés Énergie électrique du Congo (E²C) et La Congolaise des eaux (LCDE) vendent ces services, sans que l’argent ne soit reversé à l’État, selon lui.

Électricité à Brazzaville : l’apport de Pointe-Noire

Pour Emile Ouosso, la situation de l’électricité s’améliore avec l’arrivée à Brazzaville d’une partie du courant produit à Pointe-Noire par la Centrale électrique du Congo.

« Pour notre consommation de tous les jours, le courant produit au Congo est suffisant pour nous alimenter, il faut régler seulement le problème de transport et de distribution. Pour les industries minières et autres, il faut encore construire des ouvrages », a-t-il déclaré.

Le ministre a indiqué que le gouvernement s’attèle à corriger les fragilités du transport et de la distribution, présentées comme le maillon qui empêche la production d’atteindre pleinement les ménages.

Réhabilitation Pointe-Noire–Brazzaville : un chantier clé

Le ministre relie l’amélioration de la qualité de l’électricité à la réhabilitation en cours de la ligne Pointe-Noire–Brazzaville, annoncée comme portée par la société italienne Eni Congo.

Il a expliqué que la vétusté des installations freinait l’acheminement vers Brazzaville, notamment aux postes de Mindouli, dans le Pool, et de Loudima, dans la Bouenza.

Emile Ouosso a également donné des chiffres pour situer l’effort : une production actuelle de 770 mégawatts pour des besoins évalués autour de 600 mégawatts, et un taux d’accès à l’électricité passé de 49 % à 59 %.

Il a rappelé que près de 80 % de la population du Congo-Brazzaville vit à Brazzaville et à Pointe-Noire, ce qui concentre l’enjeu du service dans ces deux pôles urbains.

Côte Matève : beaucoup de mégawatts, mais des pertes

Le ministre a salué les performances de la Centrale à gaz de Côte Matève, annoncée à 484 mégawatts. Deux turbines sont destinées à Brazzaville, pour environ 300 mégawatts, et une à Pointe-Noire, pour environ 170 mégawatts.

Mais il reconnaît un paradoxe : sur les 300 mégawatts destinés à Brazzaville, moins de 100 mégawatts arriveraient réellement, le reste étant perdu à cause de la vétusté d’un segment de transport construit en 1982.

Pour répondre à ce goulot d’étranglement, il a évoqué des financements de la Banque mondiale de 62 milliards FCFA et un financement d’ENI d’un montant proche, ainsi qu’un effort local comparable pour des réparations sur la ligne électrique.

Il a annoncé la réception des condensateurs de Mindouli et de Loudima, tandis que celui de Mbouono à Brazzaville est déjà installé, en présentant ces équipements comme des pièces attendues pour stabiliser le réseau.

Barrage d’Imboulou : alerte sur la maintenance

Interrogé sur le barrage hydroélectrique d’Imboulou, présenté comme ayant coûté 170 milliards FCFA pour 120 mégawatts, Emile Ouosso a décrit une infrastructure concédée à des Suisses et aujourd’hui dans un état de délabrement avancé.

Il a prévenu que le pays court un risque de poursuites au niveau international. Il a indiqué qu’une turbine est à l’arrêt depuis 2018 et qu’une dalle menace de s’effondrer.

Selon lui, E²C tente de limiter les dégâts avec ses techniciens et l’apport du Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics, tout en pointant un manque de maintenance comme cause de cette situation.

Eau potable à Brazzaville : forages et réseau ancien

Sur l’eau potable, le ministre a rappelé qu’à Brazzaville certaines installations, notamment au centre-ville, datent de 1951, ce qui pèse sur la qualité et la régularité du service.

Il a assuré que les nouveaux quartiers ont bénéficié ces dernières années d’infrastructures plus modernes, et que cinq forages ont été construits pour doter des quartiers de la capitale en eau potable.

Deux forages ont été inaugurés à la Patte-d’Oie et à Nkombo, tandis que ceux de Mfilou, Mpissa et Talangaï doivent être mis en service dans un proche avenir, selon lui.

Électricité et eau : une dépendance directe

Le ministre a explicité un point concret de terrain : « Quand il n’y a pas de courant, les usines d’eau de Djoué et de Djiri s’arrêtent. C’est pour cela que nous mettons nos forces dans la bataille de l’électricité ».

Dans son raisonnement, améliorer l’électricité ne relève donc pas seulement du confort domestique, mais aussi de la continuité de production d’eau potable, avec un effet immédiat sur la vie quotidienne.

Pointe-Noire : des forages annoncés

Pour Pointe-Noire, Emile Ouosso a indiqué que des forages en construction doivent être mis en service en février, en évoquant des solutions qu’il estime concrètes.

Il a résumé la condition principale : mobiliser des capitaux, mais aussi faire en sorte que LCDE et E²C soient « bien gérées et paient le produit ». Il a ajouté : « Nous travaillons en silence avec ces deux sociétés pour que les performances s’améliorent ».

Investissements, réformes et garanties commerciales

Le gouvernement, a-t-il poursuivi, annonce la disponibilité d’opérateurs prêts à investir dans l’eau et l’électricité. Des protocoles sont signés avec des partenaires, dont le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque africaine de développement (BAD).

Ces engagements sont présentés comme conditionnés à la poursuite des réformes en cours, pour améliorer la gouvernance et les performances des deux opérateurs historiques, E²C et LCDE.

Le ministre a aussi évoqué le Pacte national énergétique signé à New York, pour 9 616 milliards FCFA d’investissements. Il a dit que l’argent est disponible, mais que des garanties commerciales sont attendues de la partie congolaise.

« Avec les réformes que nous menons au niveau des finances publiques et du portefeuille public, nous espérons que d’ici 2028 l’État pourrait retrouver sa pleine capacité à émettre des garanties, mais pour l’instant il n’y en a pas », a-t-il déclaré.

Il a enfin souligné qu’au budget de l’État, il n’y a pas eu d’inscription pour la maintenance de certains ouvrages, et a lancé un appel au capital privé. Il a rappelé qu’entre 2000 et 2018 l’État a investi 1 500 milliards FCFA pour l’électricité, « sans résultats probants », selon ses mots.

Comment y aller : itinéraires terrain pour comprendre

Pour observer ces enjeux sur le terrain, les déplacements entre Brazzaville et Pointe-Noire permettent de saisir le poids du corridor énergétique et des grandes infrastructures. À Brazzaville, les quartiers cités autour des forages donnent une lecture concrète des efforts d’accès à l’eau.

Pour un reportage, il reste utile de caler les visites avec les opérateurs et les services techniques, afin de comprendre l’enchaînement production-transport-distribution, souvent invisible pour l’usager mais décisif dans la qualité du service.

À savoir : le nœud transport-distribution

Dans le récit porté par le ministre, le pays disposerait d’une production électrique supérieure aux besoins estimés, mais la vétusté des lignes, des postes et de certains segments historiques réduit l’électricité effectivement livrée, en particulier vers Brazzaville.

La même logique traverse l’eau potable : des équipements anciens et des coupures d’électricité peuvent interrompre la production, ce qui relie étroitement les politiques de l’eau et celles de l’énergie.

Impact & solutions : maintenance, gestion, capitaux

Les solutions avancées dans cet échange s’articulent autour de trois axes : réhabiliter les infrastructures de transport, sécuriser la maintenance des ouvrages, et améliorer la gestion d’E²C et de la LCDE afin que les recettes soutiennent le service.

L’objectif, tel qu’exprimé par Emile Ouosso, est de créer les conditions d’investissements plus importants, avec l’appui de partenaires et d’opérateurs, tout en renforçant la performance des deux acteurs historiques.

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