Brazzaville: une conférence pour regarder le terrain en face
Le 23 janvier à Brazzaville, la conférence annuelle des directeurs départementaux de l’Économie forestière a rassemblé les responsables venus partager une photographie précise des services. Les échanges ont mis en avant les avancées, sans éluder les contraintes rencontrées au quotidien sur le terrain.
Au cœur des discussions, une idée revient: mieux coordonner l’action publique pour protéger les écosystèmes et renforcer la crédibilité des contrôles. La ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a insisté sur la cohérence des décisions, du siège jusqu’aux départements.
Recouvrement des recettes forestières et lois: l’urgence d’agir
Rosalie Matondo a rappelé l’urgence d’une action concertée pour relever plusieurs défis: le recouvrement des recettes forestières, la gestion durable des écosystèmes et l’application des lois et règlements en vigueur. Le message est clair: la rigueur administrative est aussi un levier écologique.
Derrière les chiffres, les directeurs départementaux sont confrontés à des réalités opérationnelles: suivi des activités, collecte effective des recettes et contrôle de la conformité. La conférence a servi à harmoniser les priorités, afin d’éviter les angles morts dans la chaîne de surveillance.
Réformes forestières: partage de production et décennie boisement 2027-2036
Les participants ont été édifiés sur plusieurs réformes majeures, dont les mécanismes de partage de production. Ces outils, présentés comme structurants, doivent être compris et appliqués de façon homogène pour limiter les interprétations divergentes et sécuriser l’action de l’administration.
Autre repère annoncé: la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement (2027-2036), intégrée à la vision nationale de gestion durable des forêts. L’enjeu, tel que discuté, est de transformer une ambition internationale en pratiques budgétées et mesurables.
Plans de travail annuels budgétisés: passer des recommandations aux actes
La ministre a demandé aux responsables départementaux de traduire, « sans délai », les recommandations issues des travaux dans les Plans de travail annuels budgétisés. L’objectif est d’éviter que les conclusions restent au stade des intentions et d’ancrer l’action dans des calendriers et des moyens.
Cette approche renforce la traçabilité des décisions: ce qui est recommandé doit se voir dans les lignes budgétaires, les missions de contrôle et les rapports de suivi. Pour les services, cela implique une discipline nouvelle dans la planification et l’exécution.
Communautés locales: sécuriser les retombées via les cahiers de charges
Parmi les priorités, la maîtrise des négociations des cahiers de charges particuliers a été mise en avant. L’idée est de garantir des retombées concrètes au profit des communautés locales, en rendant les engagements plus clairs et mieux suivis dans la durée.
Le sujet touche à la fois au développement local et à la conservation. Des retombées lisibles peuvent réduire les tensions d’usage et donner du sens aux règles. Encore faut-il, comme l’ont souligné les échanges, disposer de cadres formés pour négocier et contrôler.
Légalité du bois: transparence du système informatique et contrôles renforcés
La gestion transparente du Système informatique de vérification de la légalité du bois figure parmi les axes prioritaires évoqués. Pour les services, cet outil est présenté comme un pivot: il permet de consolider les vérifications et de documenter les décisions prises sur le terrain.
La conférence a aussi insisté sur le suivi et la collecte des recettes forestières, associés à la lutte contre les tentatives de contournement des lois par certains usagers. Sur ce point, la vigilance est décrite comme une condition de l’efficacité des politiques forestières.
Forêts de plantation: un patrimoine stratégique à sécuriser
La sécurisation des forêts de plantation a été citée comme une priorité, ces plantations étant considérées comme un patrimoine stratégique national. L’enjeu est d’éviter les fragilisations qui pourraient compromettre les objectifs fixés en matière de gestion durable.
Dans la logique exposée, protéger ces zones revient aussi à protéger des investissements, des emplois et des dynamiques de reboisement. Les directeurs départementaux sont donc appelés à intégrer cette dimension dans leurs missions de contrôle et de prévention.
Professionnalisme des agents assermentés: la ligne de conduite rappelée
Face aux tentatives de contournement des lois forestières, les directeurs départementaux sont appelés à faire preuve de professionnalisme. Agents assermentés de l’État, agissant exclusivement dans l’intérêt public, ils doivent faire respecter la loi tout en accompagnant les sociétés dans leurs engagements contractuels.
Rosalie Matondo a livré une consigne sans détour: « Je vous exhorte à faire preuve de plus d’assiduité, de rigueur, de vigilance et d’une intégrité irréprochable, afin que les missions qui vous sont confiées soient accomplies avec professionnalisme et autorité ».
Bouenza: capacités à renforcer malgré un bilan jugé satisfaisant
Globalement, le fonctionnement des administrations locales est jugé satisfaisant. Dans la Bouenza, un besoin de renforcement des capacités des cadres et du dispositif technique a toutefois été exprimé, comme une condition pour tenir la cadence des contrôles et des missions.
Selon la directrice départementale, Annick Dongou Gopo Gamantaley, plusieurs dizaines d’agents ont été recyclés au cours de l’année 2025. Elle a également mentionné la prestation de serment de sept agents, signal d’un encadrement qui se consolide.
Brazzaville: Patte-d’Oie et Zoolandia, la conservation en actions
Dans le département de Brazzaville, la situation est également présentée comme encourageante. La directrice départementale, Huguette Flore Ngokabe, a cité des actions menées en faveur de la conservation de la forêt de la Patte-d’Oie et du parc zoologique Zoolandia.
En 2025, ses services ont récupéré 31 animaux détenus en captivité et traité plusieurs affaires liées à la détention et à la commercialisation illégale de l’ivoire. Ces dossiers, discutés à la conférence, illustrent la dimension faune des missions forestières.
Impact & solutions: la rigueur administrative au service de la forêt
De cette conférence ressort une stratégie pragmatique: mieux collecter les recettes, mieux tracer la légalité du bois, mieux sécuriser les plantations, et mieux négocier les cahiers de charges pour des bénéfices locaux. Le fil conducteur est la cohérence entre règles, outils et présence sur le terrain.
En renforçant les compétences, la transparence des systèmes et l’intégrité des contrôles, l’administration cherche à réduire les marges de contournement. À l’échelle des départements, la rigueur demandée devient un indicateur concret de protection des écosystèmes.
À savoir: ce que la conférence change pour les services locaux
Les recommandations doivent désormais se traduire dans des Plans de travail annuels budgétisés, ce qui oblige chaque direction à clarifier ses priorités, ses moyens et ses résultats attendus. La conférence met aussi la focale sur la discipline de suivi, de reporting et de contrôle.
Les directeurs départementaux ressortent avec un cadrage renforcé sur la légalité du bois, la collecte des recettes et les retombées pour les communautés. La ligne est de faire fonctionner la chaîne administrative de manière plus homogène, pour éviter les ruptures entre départements.
Comment y aller: suivre ces enjeux depuis Brazzaville
Pour observer ces politiques au plus près, Brazzaville reste un point d’accès central, car les réunions de cadrage et d’évaluation s’y tiennent régulièrement. Sur le terrain, le travail des directions départementales se découvre surtout via les activités encadrées et les sites officiellement suivis.
La conservation citée autour de la Patte-d’Oie et de Zoolandia rappelle que les enjeux forestiers se lisent aussi en ville, dans la protection des espaces verts et la lutte contre la détention illégale d’animaux. Le mieux est de se renseigner auprès des services compétents avant toute visite.





