Sur les rives du fleuve Congo, les forêts du bassin retiennent leur souffle. Six ans après la signature d’un accord ambitieux, l’heure du bilan a sonné à Brazzaville. Un bilan où l’élan côtoie l’inachevé.
Un pacte forestier scellé en 2019
Tout remonte au 3 septembre 2019. Ce jour-là, les présidents Emmanuel Macron et Denis Sassou N’Guesso paraphent un partenariat entre la République du Congo et CAFI, l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale. L’objectif : protéger l’un des poumons verts de la planète.
Le 26 mai dernier, à Brazzaville, le segment technique de la revue annuelle 2025 a réuni les parties prenantes. Ensemble, elles ont passé au crible les avancées concrètes du dispositif, secteur par secteur, jalon par jalon.
Dix réussites pour cinquante-deux promesses
Les chiffres racontent une histoire en demi-teinte. Sur les 52 jalons opérationnels fixés, seuls 10 ont été pleinement atteints. Trente-sept restent en chantier, encore en mouvement. Cinq, enfin, n’ont même pas démarré.
Ce décompte traduit une dynamique réelle mais inégale. Les structures avancent, parfois lentement, sur un terrain où chaque progrès demande coordination, financements et patience. Le travail accompli ouvre la voie, sans la dégager entièrement.
Des avancées qui dessinent l’avenir
Certaines réalisations méritent qu’on s’y attarde. Les engagements climatiques nationaux ont été actualisés, signe d’une volonté de coller aux exigences du moment. Un diagnostic territorial d’ampleur a couvert 580 titres et concessions, cartographiant les usages de la forêt.
Plus inattendu, des systèmes de paiements pour services environnementaux ont vu le jour, accessibles via le téléphone mobile. Une manière concrète de récompenser celles et ceux qui préservent l’écosystème, en glissant la conservation dans le quotidien des populations.
Les zones d’ombre du dispositif
Mais la revue n’a pas masqué les difficultés. Le constat est posé sans détour : « des délais prolongés dans la préparation de projets ; des retards d’exécution par certaines agences de mise en oeuvre ; une faible intégration des structures nationales dans la mise en oeuvre opérationnelle. »
Cette dernière remarque pèse lourd. Sans appropriation par les institutions congolaises, la durabilité du projet reste fragile. La forêt a besoin d’acteurs locaux solidement ancrés, capables de prolonger l’effort une fois les financements extérieurs taris.
Un horizon qui s’étend jusqu’en 2035
Le partenariat embrasse huit secteurs prioritaires, du foncier à l’agriculture en passant par l’énergie. Jusqu’en 2025, CAFI avait mobilisé 65 millions de dollars pour irriguer ces chantiers. Une somme conséquente, à la mesure de l’enjeu planétaire.
Désormais, les regards se tournent vers l’avenir. Les discussions portent sur une extension du partenariat couvrant la période 2026-2035. Une décennie supplémentaire pour transformer les promesses en résultats tangibles, et offrir aux forêts du bassin du Congo le répit qu’elles méritent.

