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Une alliance entre privé, État et société civile

À Brazzaville, trois acteurs ont scellé une alliance peu commune autour d’un même geste : faire revenir l’arbre là où le paysage s’est appauvri. Le 12 mars, un accord tripartite a posé les bases d’un chantier forestier baptisé « Nzete Ya Bomoyi ».

La Société d’assistance industrielle et technique (SIAT), le Programme national d’afforestation et de reboisement (Pronar) et le Réseau climat Congo (RCC) ont signé ce partenariat dans la capitale congolaise. Chacun arrive avec ses moyens propres.

Le document a été paraphé par le coordonnateur du Pronar, François Mankessi, le directeur général de la SIAT, Mounir Tamboura, et le coordonnateur du Réseau climat Congo, Guy Blanchard Okeri. La secrétaire générale exécutive de l’Unicongo, Nancy Chenard, assistait à la cérémonie.

Cette présence patronale n’est pas anodine. Elle situe l’initiative à la croisée des intérêts économiques et des attentes environnementales, là où la République du Congo cherche à conjuguer croissance et préservation de ses massifs.

Cent hectares dans la réserve de Bambou-Mingali

Le projet prend racine dans la réserve foncière de Bambou-Mingali, située dans le département du Djoué-Léfini. La superficie initiale retenue atteint cent hectares, un périmètre pensé comme un point de départ plutôt qu’une limite définitive.

Le financement s’élève à 200 millions de FCFA, mobilisés sur une durée de cinq ans renouvelable. Cette enveloppe inscrit l’opération dans la durée, condition souvent décisive pour qu’une plantation forestière atteigne sa maturité écologique.

Restaurer un paysage forestier ne se mesure pas en semaines. Il faut accompagner les jeunes plants, surveiller leur reprise, ajuster les essences. L’horizon quinquennal donne au chantier la respiration nécessaire.

Capter le carbone et restaurer les paysages

L’ambition première relève du climat. Le projet vise à renforcer les capacités de séquestration du carbone, c’est-à-dire la faculté des arbres à absorber et stocker le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère.

Au-delà de ce service climatique, l’opération entend contribuer à la restauration des paysages forestiers dégradés. Elle vient ainsi appuyer la politique nationale d’afforestation portée par les autorités congolaises depuis plusieurs années.

Dans un bassin forestier aussi stratégique que celui du Congo, chaque hectare reconstitué pèse. La forêt y joue un rôle régulateur dont dépendent l’eau, les sols et la stabilité du climat régional.

Des retombées économiques pour les communautés

Le volet écologique ne résume pas l’initiative. Les partenaires prévoient des activités génératrices de revenus, parmi lesquelles la production mellifère, autrement dit l’apiculture, qui pourrait offrir un complément financier aux populations riveraines.

Une dimension touristique figure également au programme. L’idée consiste à valoriser la biodiversité et les ressources naturelles du pays, en transformant l’espace restauré en atout pour le territoire et ses habitants.

Cette articulation entre environnement et économie locale constitue souvent la condition d’un reboisement durable. Sans bénéfice tangible pour les communautés, les jeunes plantations résistent mal au temps et aux usages concurrents.

Une répartition claire des rôles

Le partenariat repose sur une division précise des tâches. Le Pronar mettra à disposition le site de plantation et assurera l’accompagnement technique ainsi que le suivi du projet sur le terrain, garant de la continuité des opérations.

Le Réseau climat Congo, pour sa part, apportera son expertise opérationnelle et son expérience du travail avec les communautés locales. Cette proximité avec les populations conditionne l’adhésion sans laquelle aucun chantier forestier ne tient.

Quant à la SIAT, sa contribution incarne l’implication du secteur privé. Selon son directeur général, ce partenariat traduit l’engagement de l’entreprise dans la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques, au titre de sa responsabilité sociétale.

Un signal pour la politique forestière congolaise

L’accord de Bambou-Mingali illustre une approche que les acteurs du climat appellent de leurs vœux : associer financement privé, pilotage public et ancrage communautaire autour d’un objectif commun et mesurable.

Reste désormais l’épreuve du terrain. La signature ouvre le chantier ; ce sont la reprise des plants, la mobilisation des riverains et la régularité du suivi qui diront, au fil des cinq prochaines années, la portée réelle de l’engagement.

Si le modèle tient ses promesses, ces cent hectares pourraient inspirer d’autres conventions du même type, dans un pays qui mise sur ses forêts pour conjuguer développement et responsabilité climatique.

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