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Sur les collines de la Lékoumou, le café n’a jamais vraiment quitté la mémoire des terres. Dans le district de Mayéyé, un geste officiel vient raviver cette vocation ancienne, en confiant aux paysans les outils d’un renouveau.

Un département taillé pour le robusta

Le sud du Congo-Brazzaville, et la Lékoumou en particulier, offre des sols et un climat propices à la culture du café. Cette aptitude, longtemps reconnue, semblait s’être assoupie au fil des décennies, faute de plants et d’accompagnement durable.

Le 12 mars, à Mayéyé, la ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Irène Marie-Cécile Mboukou-Kimbatsa, a remis des plants de café robusta et du matériel de travail aux caféiculteurs locaux. Un signal adressé à toute une région.

Cent plants par paysan pour réamorcer la production

La distribution n’a rien d’anecdotique dans son ampleur. Chaque agriculteur, venu des vingt villages et des quatre quartiers du district, a reçu cent plants accompagnés des équipements nécessaires à leur mise en terre et à leur entretien.

Cette logistique répond à une intention claire : ne pas se contenter de promesses, mais doter concrètement les producteurs. En misant sur la quantité distribuée, l’initiative cherche à atteindre une masse critique d’exploitations capables de relancer une dynamique collective.

Au cœur du dispositif, une pépinière. « J’ai mis en place une pépinière avec près de 40 000 plants pour la relance de la production du café », a précisé la ministre, agronome de formation spécialisée dans les sols. Un réservoir destiné à nourrir l’expansion.

L’écho d’un appel politique

L’opération s’inscrit dans une commande venue du sommet de l’État. Lors d’un meeting tenu à Sibiti, le président candidat Denis Sassou N’Guesso avait rappelé la vocation cafière de cette région, invitant à réveiller un potentiel jugé sous-exploité.

Cette filiation politique colore le projet. Elle lui donne une visibilité et un appui, mais elle attache aussi son destin au calendrier et aux engagements des responsables. La durée de l’accompagnement pèsera lourd dans la réussite réelle des plantations.

Viser plus loin que le marché national

L’ambition affichée dépasse les frontières du pays. Selon la ministre, les volumes envisagés ne se limiteront pas à la consommation intérieure : la filière vise l’exportation, c’est-à-dire l’insertion dans des circuits commerciaux régionaux et internationaux.

Cet horizon suppose toutefois des conditions exigeantes. Qualité constante, séchage maîtrisé, traçabilité et accès aux marchés sont autant d’étapes qui séparent un plant mis en terre d’un sac de café vendu au-delà des collines de la Lékoumou.

Pour les familles paysannes, l’enjeu est aussi très concret. Une filière café structurée peut offrir un revenu régulier, fixer les populations sur leurs terres et redonner de la valeur à un savoir-faire agricole hérité des générations précédentes.

Une expansion attendue district après district

Mayéyé n’est qu’un point de départ. L’initiative doit s’étendre à d’autres districts du département, selon une logique de proche en proche destinée à couvrir progressivement le territoire de la Lékoumou.

Cette montée en charge interroge sur les moyens. Multiplier les bénéficiaires exige de prolonger l’effort de pépinière, de formation et de suivi technique, sous peine de voir les plants distribués péricliter loin de tout accompagnement.

Reste que l’orientation choisie épouse une certaine idée d’une agriculture vivrière qui se professionnalise. En privilégiant une culture pérenne comme le café, le département mise sur une économie agricole moins dépendante des aléas saisonniers.

Un pari à confirmer sur le terrain

Distribuer des plants relève du symbole fort ; faire pousser une filière relève de la patience. Le robusta n’entre en pleine production qu’après plusieurs années, et c’est dans cet intervalle que se jouera la crédibilité du projet.

La Lékoumou tient là une occasion de renouer avec une vocation que beaucoup croyaient éteinte. Si l’accompagnement suit le geste inaugural, ces 40 000 plants pourraient, demain, dessiner un nouveau paysage agricole au sud du Congo-Brazzaville.

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