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Le fil électrique gagne du terrain au Congo-Brazzaville. À la mi-juillet, cinq localités réparties sur trois départements basculent dans l’ère du réseau national, au terme de chantiers menés parfois en pleine zone marécageuse.

Le maillage national s’étire jusqu’au Pool

Longtemps restées à l’écart du réseau, plusieurs localités viennent d’y être raccordées. Louingui, Boko et Loumo, dans le Pool, Allembé, dans la Nkéni-Alima, et Mossaka, chef-lieu du Congo-Oubangui, figurent désormais parmi les territoires connectés à l’électricité nationale.

Ces raccordements touchent des espaces contrastés : le Pool, proche de Brazzaville, la Nkéni-Alima au centre, et le Congo-Oubangui, ouvert sur les grands cours d’eau. La ligne Kinkala-Louingui-Boko court sur plus de soixante kilomètres, prolongée par une antenne de trente kilomètres vers Loumo.

Cette infrastructure de 30 kVa a été bâtie par Énergie électrique du Congo (E2c), tissant un fil neuf entre le département et ses bourgs. Allembé, dans la Nkéni-Alima, a de son côté reçu ses propres installations, complétant un ensemble de projets qui redessinent l’accès à l’énergie.

Mossaka, un raccordement arraché aux marécages

Le cas de Mossaka illustre la difficulté du terrain. Le district est relié depuis Oyo par une ligne haute tension de 104 kilomètres, tracée à travers un sol marécageux. Des entreprises indiennes ont mené à bien ce chantier complexe, dans un milieu où l’eau dispute chaque mètre à la terre ferme.

Rejoindre un chef-lieu enfoncé dans les zones humides du bassin relève d’un pari technique autant que territorial. La ligne signe le désenclavement énergétique d’une région façonnée par le fleuve et ses affluents.

Un calendrier présidentiel pour la mise en service

Le vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya a confirmé l’achèvement technique des travaux lors d’une récente inspection. Le président Denis Sassou-Nguesso présidera les cérémonies officielles : le 15 juillet à Boko, le 17 juillet à Mossaka, le 19 juillet à Allembé.

Le responsable a tenu à souligner la portée du moment. « Aujourd’hui, comme c’est réalisé, on a l’impression que c’est un fait mineur, non, c’est quelque chose d’extraordinaire » (L’Horizon africain), a-t-il déclaré, insistant sur la valeur de ces mises en service pour les habitants.

Un réseau encore fragile face aux besoins

Ces avancées ne masquent pas les tensions du système. La production demeure contrainte par l’arrêt de trois turbines au barrage d’Imboulou et par les travaux de réhabilitation de la ligne haute tension Pointe-Noire/Brazzaville.

Pour les populations rurales, le courant qui arrive change pourtant le quotidien : il éclaire les soirs, aide à conserver les denrées, soutient écoles et dispensaires. Reste à consolider un réseau dont la robustesse conditionnera la durée de cette lumière nouvelle.

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