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Le Môle-Est, vitrine électrique de Pointe-Noire

Sur les quais du Port autonome de Pointe-Noire, une nouvelle plateforme se prépare à changer le décor sonore et l’air ambiant. Baptisée Môle-Est, elle sera exploitée exclusivement avec des équipements électriques, une première annoncée pour le Congo.

Derrière le projet, Congo Terminal, filiale d’Africa Global Logistics (AGL). L’installation s’inscrit dans un plan d’investissement d’un milliard d’euros déployé en République du Congo entre 2009 et 2027, dont elle constitue l’une des pièces les plus symboliques.

Sortir la manutention des motorisations thermiques

L’idée directrice tient en une ambition : supprimer les engins de manutention à motorisation thermique. À leur place, une génération d’équipements branchés sur le réseau, censés rendre les opérations plus rapides, nettement plus silencieuses et plus sobres pour l’environnement immédiat des dockers.

Le Môle-Est concentrera l’essentiel de ces machines nouvelle génération pour absorber la hausse des volumes traités. Cinq portiques de quai électriques, quinze portiques de parc sur pneus, dits e-RTG, et trente tracteurs portuaires électriques, les e-TT, formeront l’ossature du dispositif au lancement.

Pour éviter que cette électrification ne se traduise par une facture énergétique incontrôlée, des systèmes autonomes piloteront la consommation en temps réel. Une manière de doser l’appel de puissance selon l’activité réelle des quais, heure par heure.

Un pari environnemental à l’échelle d’une sous-région

L’électrification complète d’un terminal n’est pas qu’une prouesse technique. Elle vise à réduire les émissions directes liées à la manutention et, plus largement, à agir sur l’empreinte carbone d’un transport maritime et logistique souvent pointé du doigt pour son intensité carbone.

Le directeur général de Congo Terminal résume l’intention en des termes mesurés : «Avec le Môle Est, nous mettons ce savoir-faire international au service du Congo». Une façon de relier standards internationaux et performance environnementale locale.

En franchissant ce cap, le pays se pose en précurseur de la transition énergétique portuaire en Afrique centrale. Un positionnement qui vaut autant pour l’image que pour la compétitivité, sur un littoral où chaque port cherche à capter le trafic régional.

Emplois et débouchés pour les pays enclavés

L’enjeu écologique se double d’un pari économique. Le Môle-Est devrait générer environ 900 emplois directs et indirects, un apport notable pour le tissu local de Pointe-Noire et son bassin d’activité portuaire.

Côté capacité, la plateforme doit porter le traitement du port à 2,5 millions de conteneurs équivalent vingt pieds. De quoi consolider son rang de porte d’entrée maritime pour la sous-région et sécuriser les chaînes d’approvisionnement des pays enclavés qui en dépendent (adiac-congo.com).

Reste à voir comment ce terminal tiendra ses promesses une fois les grues en mouvement. Mais l’orientation, elle, est posée : à Pointe-Noire, la modernisation portuaire choisit désormais de se conjuguer avec la sobriété carbone.

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