Réunis à Dolisie, dans le département du Niari, les acteurs de la société civile congolaise ont lancé un appel pressant. Du 14 au 16 juillet, ils ont réclamé l’accélération des réformes de gouvernance environnementale et une meilleure protection des communautés locales et des peuples autochtones (ACI).
Trois jours de bilan au cœur du Niari
Cette mobilisation a clôturé la retraite annuelle du Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (Fgdh). La rencontre était consacrée au bilan des actions menées et aux perspectives tracées pour la période 2026-2027.
Son coordonnateur, Maixent Fortunin Agnigba-Emeka, a expliqué que les travaux visaient à évaluer la première année du plan d’action. Il s’agissait de mesurer les acquis, d’identifier les difficultés, puis de définir les priorités à venir (ACI).
Le Code forestier de 2020 toujours en attente
Au fil des échanges, les participants ont passé en revue les réformes forestières, les droits fonciers coutumiers et les impacts des activités extractives. Les changements climatiques et le Règlement européen sur la déforestation figuraient également à l’ordre du jour.
Le constat dressé est sévère. Plusieurs dispositions du Code forestier de 2020 demeurent lettre morte, faute de textes réglementaires. Les acteurs réclament donc l’accélération de l’Accord de partenariat volontaire FLEGT, afin de délivrer les premières licences de bois légal (ACI).
Sécuriser les terres des communautés locales
Au-delà de la forêt, les intervenants ont insisté sur la sécurisation des droits fonciers coutumiers. Ils exigent le respect du consentement libre, préalable et éclairé dans tout projet susceptible d’affecter les territoires communautaires.
« Ces ateliers nous ont permis d’avoir la direction, parce que la direction est plus importante que le temps », a témoigné Bertrand Menier Kounianga, coordonnateur du mouvement Ras-le-bol. Selon lui, ces trois jours ont débouché sur un plan d’action stratégique (ACI).
Les peuples autochtones au cœur des priorités
Les recommandations finales dessinent une feuille de route exigeante. Elles réclament un nouveau plan d’action national en faveur des peuples autochtones, ainsi que la ratification de la Convention n°169 de l’Organisation internationale du travail.
Les participants souhaitent également un meilleur suivi des fonds de développement local. Ils appellent enfin à multiplier les actions de sensibilisation sur le climat et la biodiversité, deux enjeux vitaux pour l’avenir des forêts du bassin du Congo.
Une initiative appelée à faire école
À l’issue des travaux, Roch Euloge Nzobo, coordonnateur du Cercle des droits de l’homme et de développement (CDHD), a exprimé un vœu. Il espère que d’autres organisations s’inspireront de cette démarche pour renforcer la défense des droits humains et la gestion durable des ressources naturelles (ACI).
Depuis Dolisie, un signal clair remonte ainsi vers Brazzaville. La gouvernance des forêts et la reconnaissance des communautés qui en vivent ne sauraient attendre davantage. La société civile, elle, entend désormais transformer ses recommandations en actes concrets.

