Un savoir vivant transmis de mere en fille
Chaque 9 aout, la Journee internationale des peuples autochtones eclaire des communautes souvent releguees aux marges. En 2026, les Nations unies ont retenu un theme intime et universel : « Rendre hommage aux sages-femmes autochtones : preserver la vie et le bien-etre ».
Au Congo-Brazzaville, la celebration a pris un relief particulier. Dans les forets du bassin, des femmes accompagnent les naissances depuis des generations. Elles incarnent un savoir enracine, patiemment transmis, present a l’un des seuils les plus fragiles de l’existence humaine.
La CNDH plaide pour une societe egalitaire
La Commission nationale des droits de l’homme, dirigee par Casimir Ndomba, a publie un communique le 9 aout. Elle y reaffirme sa determination a batir une societe congolaise fondee sur l’egalite et la non-discrimination envers les populations autochtones.
L’institution salue des avancees concretes, a commencer par la loi n° 5-2011 du 25 fevrier 2011. Ce texte, accompagne de plusieurs initiatives, cherche a ouvrir l’acces des autochtones a l’education, a la sante, a la justice et aux services sociaux essentiels.
La Commission ne masque pas les obstacles. Elle souligne que des defis persistent en matiere de lutte contre les discriminations, d’inclusion sociale et d’acces effectif aux droits fondamentaux. Le chemin vers une reelle egalite, reconnait-elle, demeure encore long.
Bininga salue les « gardiennes de la vie »
Le gouvernement a marque la journee par une declaration du ministre de la Justice, Aime Ange Wilfrid Bininga. Il a presente les sages-femmes autochtones comme des « gardiennes de la vie », veillant sur les generations successives des communautes forestieres.
Selon lui, ces praticiennes conjuguent methodes traditionnelles et savoirs pharmaceutiques locaux pour proteger meres et enfants. Ce faisant, elles preservent aussi l’identite culturelle et la memoire des peuples, reliant le soin du corps a la transmission d’heritages fragiles.
« Elles preservent la dignite des femmes, accompagnent les familles dans l’un des moments les plus importants de leur existence, assurent la transmission d’un savoir qui participe de l’identite des peuples autochtones », a declare le ministre.
Une inclusion reliee a la conservation climatique
Le Congo met en avant plusieurs chantiers en faveur de ces populations. Leur integration figure desormais dans les politiques d’inclusion sociale, mais aussi de conservation climatique, signe que la cause autochtone et la protection des ecosystemes cheminent ensemble.
Sur le terrain, les autorites citent le recrutement de jeunes dans la fonction publique et les forces armees. S’y ajoutent l’amelioration de l’acces aux soins, la hausse de la scolarisation des enfants autochtones et des campagnes de documentation civile garantissant une existence legale.
Le ministre s’est engage a renforcer les politiques publiques de sante, d’education, de justice, de droits fonciers et de participation civique. L’ambition affichee : une societe inclusive ou les citoyens autochtones exercent pleinement leurs droits tout en contribuant au developpement national.
Un patrimoine immateriel a preserver
Derriere l’hommage officiel se dessine un enjeu discret mais profond. Les savoirs des sages-femmes autochtones relevent d’un patrimoine immateriel vivant, indissociable des forets qui l’ont vu naitre et des langues qui le portent encore aujourd’hui.
Preserver ce savoir, c’est proteger une memoire collective menacee par l’oubli. En reliant sante, culture et environnement, le Congo esquisse une reconnaissance qui depasse la seule journee symbolique et interroge l’avenir de ses communautes forestieres.

