À Brazzaville, la troisième Foire internationale de l’artisanat du Congo a couronné une mascotte entièrement dessinée à la main. Derrière ce choix, tout un plaidoyer pour le savoir-faire local et le label « Made in Congo ».
Une mascotte pour porter le label « Made in Congo »
Le verdict est tombé le 29 juillet 2026. Au terme d’une cérémonie de délibération, le concours de la troisième édition de la Foire internationale de l’artisanat du Congo (FIAC) a désigné son lauréat (lasemaineafricaine.info).
L’infographe-graphiste Yann Bokagna Yocka s’impose avec une mascotte saluée pour sa capacité à « traduire visuellement le thème » de l’édition : faire du label « Made in Congo » une référence de l’excellence africaine.
Six mascottes, réalisées par sept artistes, avaient été soumises au jury. La délibération s’est tenue sous l’autorité d’Irène Marie-Cécile Mboukou-Kimbatsa Goma, ministre des Petites et moyennes entreprises et de l’Artisanat.
Le pari du fait-main contre l’intelligence artificielle
La règle du concours était limpide : pas d’intelligence artificielle. Chaque candidat devait composer son œuvre manuellement, geste après geste, comme l’artisan travaille la matière dans son atelier.
« Je me suis inspiré de tout le travail que font nos artisans. On nous demandait de ne pas utiliser l’intelligence artificielle, de le faire manuellement, ce que j’ai fait », a confié le lauréat après la remise de son prix.
Le choix n’est pas anodin. À l’heure des images générées en un clic, imposer la main de l’artiste revient à défendre une idée : la valeur naît du temps, du geste et de l’apprentissage patient.
Le savoir-faire des artisans érigé en modèle
En récompensant une création inspirée du travail quotidien des artisans, la FIAC place le patrimoine immatériel au cœur de son projet. La mascotte devient le condensé d’un savoir-faire collectif.
Ce savoir-faire, la ministre l’a résumé en quelques mots. La mascotte incarne, selon elle, « la créativité, le savoir-faire, la résilience et le génie de nos artisans et de nos PME » (lasemaineafricaine.info).
Derrière la formule, un enjeu concret. Pour les petites entreprises congolaises, le label « Made in Congo » ambitionne de transformer un savoir-faire local en gage de qualité reconnu au-delà des frontières.
Un symbole appelé à voyager
Yann Bokagna Yocka a reçu 500 000 FCFA pour sa distinction. En contrepartie, il a cédé l’ensemble des droits sur son œuvre, désormais attachée à l’événement.
La mascotte servira d’ambassadrice de cette troisième édition. Elle accompagnera la communication de la Foire et portera, image après image, le message d’un artisanat congolais confiant dans ses propres forces.
Reste une conviction discrète mais tenace : dans un Congo-Brazzaville qui cherche à valoriser ses talents, l’excellence peut commencer par un crayon, une feuille et la patience d’une main qui refuse la facilité.

