Brazzaville : un dialogue national sur l’agroécologie
Mardi 23 décembre 2025 à Brazzaville, la Concertation nationale des organisations paysannes et producteurs agricoles du Congo (CNOP-Congo) a tenu un dialogue national. L’objectif annoncé : formuler des recommandations concrètes pour une politique alimentaire nationale durable et inclusive.
CNOP-Congo : des recommandations pour une politique alimentaire durable
Les travaux se sont déroulés sous l’égide de Séraphin Médard Ntady, président de la CNOP-Congo. Une analyse des politiques nationales et une évaluation de l’intégration actuelle de l’agroécologie dans le système alimentaire congolais ont alimenté un plaidoyer sur les orientations agricoles à mener.
COBCAI et projet TAFS : biodiversité, climat et agriculture
La rencontre s’inscrit dans l’initiative pour la biodiversité, le climat et l’agroécologie dans le Bassin du Congo (COBCAI). La CNOP-Congo la met en œuvre à travers le projet « TAFS (strenghening policies and pratices in support of the right to adequat food) ».
Dans le pays, le projet est réalisé par AFSA. Selon les organisateurs, il vise à appuyer la recherche et l’innovation en agroécologie, à soutenir des systèmes alimentaires durables, et à renforcer les capacités des agriculteurs et des organisations paysannes, du niveau local au national.
Jeunes, femmes, chercheurs : une salle à l’image du terrain
Autour de la même table, la CNOP-Congo a réuni des décideurs politiques, des petits agriculteurs, des jeunes, des femmes dirigeantes de groupements agricoles, des acteurs du secteur privé, des chercheurs et des organisations de la société civile.
L’idée défendue pendant les échanges : exploiter les connaissances locales, créer des partenariats pour accéder aux ressources, et mobiliser des compétences afin d’expérimenter et d’innover, avec l’ambition d’agir « à grande échelle » sur la production agricole.
« Manger bio et congolais » : le message de Séraphin Médard Ntady
Séraphin Médard Ntady a expliqué que l’analyse menée devait aussi permettre de vérifier le respect des engagements pris par l’État avec des partenaires au niveau international, notamment ceux liés au système alimentaire soutenu par les partenaires au développement.
Pour le président de la CNOP-Congo, l’agroécologie s’impose comme un levier concret, car elle renvoie à une pratique agricole jugée plus saine. Il résume l’enjeu par une formule appelée à faire écho auprès du public : permettre aux citoyens de « manger bio et congolais ».
Témoignage : à Kélékélé, une maraîchère défend l’agriculture responsable
Dans la salle, Mme Noëlle Ntsiessié Kibounou, maraîchère sur un site agroécologique à Kélékélé, a livré un témoignage très direct. Pour elle, participer à ce forum est « un grand plaisir », car plusieurs acteurs se retrouvent pour réfléchir à son travail.
Elle dit pratiquer une agriculture responsable, en évitant d’utiliser sur ses légumes des produits chimiques nocifs. « Le maraîchage, c’est ma vie », insiste-t-elle, en reliant sa santé à celle des consommateurs, et en donnant un visage concret aux débats sur les systèmes alimentaires durables.
Agriculture familiale : « valoriser les pratiques traditionnelles »
Gilles Mampassi, ingénieur agronome et consultant à la CNOP-Congo, a défendu l’idée qu’avec les groupements agropastoraux, le pays peut développer l’agriculture. Il insiste sur la nécessité de renforcer ces groupements et de résoudre les problèmes qui freinent leur compétitivité.
Il plaide pour une production capable d’augmenter en quantité et en qualité, tout en maîtrisant les coûts. Dans son propos, la transition passe aussi par la valorisation des pratiques traditionnelles, rattachées à l’agriculture familiale, décrite comme très répandue dans le pays.
Souveraineté alimentaire : réduire la dépendance aux importations
Christ Eminence Landzi, président de l’association Les amis du bassin du Congo et membre du consortium de la société civile pour la souveraineté alimentaire au Congo, a indiqué que la rencontre a servi à analyser les politiques agricoles actuelles, notamment sous l’angle de la souveraineté écologique.
Il a également rappelé une réalité mise en avant pendant les échanges : la dépendance importante aux importations. Pour lui, le projet piloté par AFSA vise à relancer la production et la consommation locales, avec une orientation explicite vers la production et la consommation agroécologiques.
Impact & solutions : passer du dialogue à la transition agroécologique
Le dialogue a mis en avant un chemin de transition vers des systèmes alimentaires décrits comme plus productifs et plus résilients. Les participants ont insisté sur la combinaison entre recherche, innovation, savoirs locaux et renforcement des organisations paysannes, afin de consolider la dynamique sur le terrain.
À l’issue de cette journée, l’enjeu est de transformer le plaidoyer en actions lisibles : appui aux producteurs, consolidation des partenariats, et continuité du travail collectif. Pour les acteurs réunis, l’agroécologie se présente comme une réponse pratique, ancrée localement.
Comment y aller : rejoindre les échanges agricoles à Brazzaville
Le dialogue s’est tenu à Brazzaville, capitale de la République du Congo. Pour s’y rendre, les participants convergent généralement vers la ville, puis rejoignent le lieu de rencontre indiqué par les organisateurs, en s’appuyant sur les réseaux des organisations paysannes et partenaires mobilisés.
À savoir : des mots-clés pour suivre le dossier agroécologie
Le débat public s’articule autour de notions revenant fréquemment dans les interventions : politique alimentaire nationale, agroécologie, organisations paysannes, souveraineté alimentaire, et systèmes alimentaires durables. Les acteurs citent aussi COBCAI et TAFS comme cadres de travail, et AFSA comme opérateur du projet.





