Sous le soleil de Brazzaville, l’eau et la lumière vont désormais marcher de pair. Le 5 juin, le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a lancé les travaux d’un projet qui place l’école au cœur de l’accès à l’eau potable.
Cinq écoles, une promesse de santé
Baptisé « Source de bien-être », le programme prévoit la construction de forages d’eau potable dans cinq établissements de la capitale. Le premier ouvrage sera implanté au lycée Savorgnan-de-Brazza, point de départ symbolique d’un chantier pensé pour durer.
Chaque forage puisera son énergie du soleil. Ce choix technique, sobre et adapté au climat équatorial, libère les écoles des contraintes du réseau électrique et inscrit l’eau potable dans une logique d’autonomie locale et de faible empreinte.
Lors du lancement, le ministre Itoua a rappelé une évidence souvent oubliée. Selon lui, chaque infrastructure hydraulique « contribue directement à la réduction des maladies ». Derrière les forages se joue donc une bataille discrète contre les pathologies liées à l’eau insalubre.
Une coopération sino-congolaise au ras du terrain
Le financement provient du gouvernement chinois, et le projet s’affiche comme l’expression concrète d’un partenariat ancien. Le ministre y a vu le reflet de « l’excellence des relations d’amitié, de solidarité et de coopération entre le Congo et la Chine ».
Côté chinois, le discours assume une certaine modestie revendiquée. Le représentant a défendu des projets « petits mais beaux, efficients et bénéfiques », privilégiant l’utilité immédiate à la démesure. Une approche qui rapproche l’aide des besoins réels exprimés par les habitants.
L’ambassadrice a précisé le sens de ce ciblage scolaire. Selon elle, équiper les établissements vise à « encourager les jeunes Congolais » en leur offrant un cadre d’apprentissage sain. L’eau devient ainsi un levier éducatif autant que sanitaire, à hauteur d’enfant.
L’eau potable comme stratégie nationale
Ce chantier ne flotte pas hors sol. Il vient appuyer la stratégie nationale WASH 2023-2035, feuille de route congolaise consacrée à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Les forages scolaires en deviennent une pièce visible, mesurable et reproductible.
La question de la pérennité a aussi été anticipée. Des comités de gestion responsables seront installés dans les écoles concernées, afin que les ouvrages survivent à l’inauguration. Car un forage abandonné vaut souvent moins qu’un puits jamais creusé.
À Brazzaville, ce sont donc cinq points d’eau qui changeront le quotidien d’élèves entiers. Un robinet alimenté par le soleil, une maladie évitée, une classe qui boit sans crainte : la promesse, modeste en apparence, dessine une autre idée du progrès.

