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Brazzaville, carrefour de la réflexion verte

En septembre, Brazzaville a accueilli deux séminaires régionaux consacrés à l’évaluation environnementale stratégique et sociale, un outil de plus en plus incontournable pour concilier croissance et protection de la nature dans le bassin du Congo.

Sous l’égide du Secrétariat pour l’évaluation environnementale en Afrique centrale et du ministère des Affaires sociales, décideurs, chercheurs et ONG ont planché pendant cinq jours sur les meilleures méthodes pour anticiper les effets des politiques publiques.

Pourquoi une évaluation stratégique?

L’évaluation environnementale stratégique, ou EES, regarde en amont les plans, avant qu’un bulldozer ne touche le sol. Elle mesure l’impact potentiel sur les eaux, les forêts, les emplois et la santé, puis propose des ajustements réalistes et mesurables.

Selon l’Association congolaise pour l’évaluation environnementale, intégrer cette démarche tôt dans la planification réduit le coût des corrections ultérieures et renforce l’adhésion des populations, souvent premières sentinelles de la biodiversité.

Des experts réunis pour agir

Les ateliers ont passé en revue les nouveaux guides de la Commission néerlandaise de l’évaluation environnementale, les retours d’expérience du Cameroun ou du Gabon, et des cas d’étude urbains autour de la gestion des inondations à Brazzaville.

La présidente du Conseil économique et social, Emilienne Raoul, a rappelé que l’EES « assure une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux dans la conception des politiques publiques ». Son plaidoyer a été salué par de longs applaudissements.

Voix locales et inspirantes

Pour Maurice Itsoua, urbaniste congolais, « la force de l’EES est d’obliger les secteurs à se parler. Routes, énergie, agriculture : chacun doit connaître la carte des fragilités avant d’annoncer un chantier ».

L’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement a saisi l’événement pour appeler à un suivi public des recommandations. « Les rapports ne doivent pas dormir dans les tiroirs », a martelé sa coordinatrice, Mamissa Oko.

Harmoniser les pratiques régionales

Le bassin du Congo traverse six États, chacun avec ses textes et procédures. Les discussions ont donc visé une grille commune afin que les standards appliqués au Gabon ou au Tchad soient reconnus sans lourdeur administrative de part et d’autre des frontières.

Un représentant de la Banque de développement des États d’Afrique centrale a précisé que cette convergence facilitera l’accès aux financements verts, souvent conditionnés à des examens environnementaux harmonisés.

Recherche et nouvelles données

Les universités Marien-Ngouabi et de Kisangani ont présenté leurs travaux sur la télédétection appliquée à la cartographie des couloirs de migration de la faune. Ces données alimenteront les futures EES et permettront de mieux positionner routes et barrages.

Le Centre d’excellence climatique d’Afrique centrale a, de son côté, mis en avant des projections pluviométriques jusqu’en 2050, indispensables pour calibrer les infrastructures hydrauliques et prévenir les crues qui frappent régulièrement les quartiers périphériques.

Comment y aller

Brazzaville est accessible par vols quotidiens depuis Kinshasa et par liaisons hebdomadaires depuis Libreville ou Douala. Le centre-ville se rejoint en trente minutes depuis l’aéroport Maya-Maya, où les visas peuvent être délivrés à l’arrivée pour plusieurs nationalités.

À savoir

La saison sèche, de juin à septembre, offre les meilleures conditions pour assister à des événements professionnels tout en découvrant les berges du fleuve. Les hôtels du plateau résidentiel réservent des tarifs préférentiels aux participants inscrits aux séminaires.

Impact & solutions

En actant une feuille de route commune, les participants ont placé la transparence au cœur du développement. Un registre public des EES, accessible en ligne, doit voir le jour en 2024 pour partager données et analyses avec citoyens et investisseurs.

La ministre des Affaires sociales a conclu sur une note d’espoir, rappelant la parole de Wangari Maathai : « Nous l’empruntons à nos enfants ». Des mots qui résonnent alors que Brazzaville s’affirme comme un laboratoire de la transition écologique en Afrique centrale.

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