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Objectifs climatiques : un chemin de crête budgétaire

Dans la salle feutrée d’un hôtel de Brazzaville, la ministre Arlette Soudan-Nonault déroule des chiffres qui claquent comme des tambours : sur 9,6 milliards de dollars requis pour la CDN 2.0, seuls 919 millions ont été sécurisés, soit 11 %.

L’écart, évalué à 3,6 milliards de dollars, pèse sur l’engagement de réduire les émissions nationales de 40 % d’ici 2030, un cap que 23 % des actions subordonnent à l’appui extérieur. « Il nous faut passer d’une ambition déclarée à une ambition financée », résume la ministre.

Énergie et transports, talons d’Achille carbone

Le transport routier, colonne vertébrale du corridor Pointe-Noire-Brazzaville, reste gourmand en diesel et auteur d’émissions grandissantes. Les projets d’hybridation des bus urbains ou de fret fluvial électrique manquent encore de bailleurs prêts à allonger les capitaux.

Même constat côté énergie où hydroélectricité et solaire se développent, mais pas assez vite pour détrôner les groupes électrogènes. Faute d’équipements et de schémas bancables, le pays n’a couvert que 6 % des besoins financiers listés pour ce secteur prioritaire.

Forêt congolaise, un atout qui respire encore

Le Bassin du Congo, second poumon vert de la planète, confère à la République un crédit carbone naturel. L’interdiction du torchage gazier a déjà évité 1,5 million de tonnes d’équivalent CO₂, selon le ministère. Les partenaires saluent une avancée exemplaire dans la sous-région.

Des coopératives villageoises de Ngombé à celles du Kouilou expérimentent des filières bois certifié FSC et cacao sous ombrage, conciliant revenus et séquestration. « Nous voulons prouver que protéger la forêt génère du cash durable », insiste Pierre Moutsambote, technicien forestier.

Données et gouvernance : la bataille de la précision

Les évaluations souffrent cependant d’un manque de données continues. Des capteurs climatiques tombent en panne, des inventaires forestiers datent de plus de cinq ans. Sans chiffres frais, difficile de convaincre investisseurs et marchés carbone.

Pour y remédier, le gouvernement mise sur une plateforme numérique unifiée qui regrouperait mesures satellitaires et reporting des ministères techniques. La Banque de développement des États d’Afrique centrale s’est dite prête à appuyer ce guichet de transparence.

Comment y aller

Les visiteurs intéressés par les chantiers climatiques peuvent rejoindre Brazzaville par vol direct depuis Pointe-Noire ou Paris. En ville, taxis collectifs et navettes fluviales permettent d’assister aux ateliers publics du ministère de l’Environnement situés dans le quartier Plateau.

À savoir

La CDN 2.0 couvre la période 2021-2030 et sera mise à jour en 2025. Chaque projet climatique doit intégrer une étude d’impact environnemental validée par l’Agence nationale de l’environnement pour prétendre à un financement international.

Impact & solutions

Des start-up congolaises testent des lampadaires solaires connectés aux réseaux GSM pour moitié moins chers qu’en 2018. Dans les villages côtiers, des pirogues à propulsion hybride remplacent les hors-bord essence, divisant par trois la consommation de carburant.

Le ministère propose désormais des obligations vertes libellées en francs CFA, orientées vers les réhabilitations d’axes ferroviaires. « En mobilisant notre épargne domestique, nous réduisons la vulnérabilité financière des projets », explique l’économiste Sylvie Nganga.

Enfin, l’appui technique du Programme des Nations unies pour l’environnement doit renforcer la résilience des quartiers périphériques de Brazzaville contre les inondations, grâce à des bassins de rétention végétalisés et des toitures réfléchissantes.

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