| Environnement

Célébration à Brazzaville pour l’ozone

Le 16 septembre, la grande salle du ministère de l’Environnement, boulevard Denis-Sassou-Nguesso, vibre aux couleurs de la 30e Journée internationale de la protection de la couche d’ozone. Des scolaires aux climatologues, tous scrutent un même horizon : 2065.

« Chaque année, notre bouclier atmosphérique regagne de l’épaisseur grâce à notre mobilisation collective », souligne la ministre Arlette Soudan-Nonault, saluant « une rare bonne nouvelle pour la planète et pour le Congo ». Les applaudissements couvrent momentanément les ventilateurs.

La projection relayée par les experts prédit une reconstitution quasi intégrale de la couche d’ozone d’ici quatre décennies. Pour Brazzaville, l’annonce alimente l’ambition d’associer lutte contre le réchauffement et création d’emplois verts.

Protocole de Montréal, pierre angulaire climatique

Signé en 1987 par 197 États, le Protocole de Montréal constitue encore l’accord environnemental le plus universel. Il a réduit de 99 % l’usage des chlorofluorocarbones, responsables du fameux « trou » au-dessus de l’Antarctique.

Le Congo adhère au texte depuis 1996 et fait partie des pays ayant atteint tous les jalons de réduction fixés jusqu’à présent. Le Plan national d’élimination des HCFC, validé par le Fonds multilatéral, guide l’action locale.

Chaque tonne de substances interdites évitée protège la haute atmosphère mais également le climat : nombre de CFC et HCFC affichent un potentiel de réchauffement global des milliers de fois supérieur à celui du CO₂.

Interdiction prochaine du R22 : cap sur 2030

Le chlorodifluorométhane, mieux connu sous le code R22, reste courant dans les climatiseurs. Pourtant, il amincit l’ozone et réchauffe l’air. Brazzaville annonce son retrait total du marché national au plus tard en 2030.

D’ici là, importateurs et frigoristes suivent des formations cofinancées par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Objectif : passer aux fluides naturels comme le propane ou l’isobutane, plus efficaces et quasi neutres pour l’atmosphère.

« Seul un marché assaini préservera les progrès obtenus », prévient Emmanuel Okou, ingénieur frigoriste, qui plaide pour un étiquetage clair et un contrôle accru aux frontières fluviales comme maritimes.

Risques sanitaires des substances destructrices

Au-delà de l’ozone, les gaz incriminés menacent la santé publique. Le R22 provoque suffocation et troubles cardiaques en cas de fuite massive. Les halons, encore utilisés dans certaines cartouches extinctrices, représentent aujourd’hui 20 % de la destruction restante.

Même tableau sombre pour les aérosols carbonés issus des combustions domestiques. Classés cancérogènes, ils aggravent l’asthme et voilent la lumière du soleil, accentuant la chaleur urbaine. Réduire leur usage allège simultanément les hôpitaux et le ciel.

Le bromure de méthyle, fongicide encore utilisé sur certains sites agricoles, peut provoquer œdème pulmonaire et troubles neurologiques. Le ministère conseille des alternatives biologiques comme la solarisation ou les extraits de neem.

Impact & solutions

Selon l’ONU Environnement, chaque kilogramme de HCFC évité permet d’économiser jusqu’à deux tonnes d’émissions carbone. En encourageant la climatisation verte, le Congo abaisse sa facture énergétique et renforce la résilience de ses villes en croissance rapide.

Les entrepreneurs locaux testent déjà des panneaux solaires couplés à des pompes à chaleur fonctionnant au propane. Ces prototypes, installés à Dolisie, réduisent de moitié la consommation d’électricité et créent une filière d’entretien qualifiée.

Le secteur touristique suit ce virage. Plusieurs lodges du parc national d’Odzala-Kokoua rénovent leurs chambres froides avec des réfrigérants naturels, vantant un confort durable aux visiteurs soucieux de leur empreinte écologique.

À savoir

Le gouvernement publie la liste actualisée des substances surveillées sur le portail du ministère. Avant toute importation, les entreprises doivent solliciter un permis environnemental. Les contrevenants encourent une amende équivalente à cinq fois la valeur de la marchandise.

Comment y contribuer

Citoyens, artisans et élèves peuvent déposer leurs vieux aérosols et extincteurs dans les neuf points de collecte ouverts à Brazzaville, Pointe-Noire et Ouesso. Chaque kilogramme recyclé donne droit à un bon d’achat pour du matériel scolaire recyclé.

Comments are closed.