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Bras­sa­ville engage la résilience nationale

Sous les lambris du ministère des Affaires sociales, la ministre Irène Marie Cécile Mboukou Kimbatsa a présenté une nouvelle stratégie nationale de relèvement post-catastrophes. Le document marque le passage d’une gestion réactive des crises à une gouvernance anticipative des risques.

Devant des représentants gouvernementaux, des partenaires techniques et la société civile, la ministre a salué « un outil de pilotage commun qui placera la résilience au cœur de chaque décision publique ». Le ton était déterminé : transformer chaque choc en tremplin de développement durable.

Fruit de vingt-quatre mois de travail, la feuille de route entend consolider les avancées sociales et économiques face aux inondations, glissements de terrain ou incendies qui touchent régulièrement le pays.

Le pari du « Reconstruire en mieux »

Le principe anglo-saxon « Build back better » irrigue tout le texte. Après une catastrophe, il ne s’agira plus seulement de réparer, mais de reconstruire plus solide, plus vert et plus inclusif, pour réduire la vulnérabilité des générations futures.

La représentante-résidente du PNUD au Congo, Adama Dian-Barry, a rappelé que l’approche holistique adoptée place les communautés au centre. « Chaque ouvrage réhabilité doit améliorer la vie quotidienne et l’économie locale », a-t-elle insisté, saluant le leadership politique congolais.

Cette ambition s’inscrit dans les engagements internationaux du Congo, notamment l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063. Elle fait le lien entre action humanitaire, adaptation climatique et objectifs de développement durable.

Dialogue inclusif et expertise internationale

Pour consolider la stratégie, les experts nationaux ont dialogué avec la Banque mondiale, l’Union européenne et des spécialistes du PNUD basés à New-York. Les ateliers ont confronté données scientifiques, retours d’expérience communautaires et projections climatiques régionales.

Selon un cadre du ministère, cette méthode participative « a permis d’ancrer le document dans les réalités socioculturelles congolaises tout en lui donnant une portée globale ». Le résultat : un texte lisible par les techniciens comme par les préfets.

Des priorités au plus près du terrain

La feuille de route fixe quatre axes. D’abord, restaurer les infrastructures sociales de base : écoles, centres de santé, réseaux d’eau potable. Ensuite, relancer les moyens de subsistance grâce à des filets de sécurité et au micro-crédit agricole.

Troisième axe : renforcer les capacités institutionnelles et communautaires afin que chaque district puisse anticiper et coordonner ses interventions. Enfin, préparer le pays aux crises futures par la cartographie des risques, la formation des équipes locales et la modernisation des systèmes d’alerte précoce.

« Nous voulons que chaque village sache quoi faire avant, pendant et après une catastrophe », a résumé la ministre, rappelant que les femmes et les personnes âgées seront des cibles prioritaires de la protection sociale.

Comment y aller

Les financements viendront d’un panier commun mobilisant budget national, partenaires bilatéraux et secteur privé. Une cellule de suivi, logée à la primature, publiera un rapport annuel sur les avancées et les indicateurs de résilience.

À court terme, trois provinces pilotes — Likouala, Cuvette et Pointe-Noire — bénéficieront d’investissements pilotes pour tester les mécanismes d’assurance climatique et la reconstruction participative des digues.

À savoir

La stratégie ne crée pas de nouvelle agence ; elle coordonne ce qui existe déjà, évitant la dispersion des projets. Chaque ministère sectoriel devra aligner ses plans d’action sur le cadre adopté vendredi.

Le document officialisé sera bientôt disponible en langue française et en kit visuel dans quatre langues nationales, afin que tous les acteurs, des ONG aux chefferies traditionnelles, s’approprient les bonnes pratiques.

Impact & solutions

En orientant les investissements vers la prévention, le Congo espère réduire de moitié le coût financier des catastrophes d’ici dix ans. Cet argent économisé pourra être redirigé vers la santé, l’éducation et les énergies renouvelables.

Le PNUD accompagnera la mise en œuvre par un transfert de compétences. Des ingénieurs congolais seront formés à la norme « résilience 2030 », qui intègre analyse climat, gestion des déchets et inclusion numérique.

À moyen terme, l’ambition est de faire de Brazzaville un hub régional de la reconstruction durable, capable d’exporter son savoir-faire vers les pays voisins du bassin du Congo.

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