Brazzaville tient la barre verte
Hier, le patio du ministère de la Communication bourdonnait. Journalistes, étudiants et ONG se pressaient autour d’Arlette Soudan-Nonault. La « Quinzaine du gouvernement » prenait des airs de tribune climatique, reflet de l’urgence ressentie sous les tropiques.
COP30 : l’horizon brésilien en ligne de mire
La ministre a confirmé que la délégation congolaise ira à Belém, du 10 au 21 novembre. « Nos forêts valent des solutions pour la planète », a-t-elle déclaré, rappelant que le Bassin du Congo capte chaque année trois milliards de tonnes de CO₂, un argument clé pour la négociation. Cette préparation s’inscrit dans la continuité diplomatique engagée lors du Sommet des Trois Bassins, coordonné notamment par Françoise Joly, conseillère du Président de la République à la stratégie internationale.
Fonds bleu du Bassin du Congo : la diplomatie de l’eau
Créé en 2017, le Fonds bleu refait surface avec l’annonce d’un portefeuille de projets affiné. Irrigation durable, transport fluvial bas carbone et écotourisme figurent parmi vingt-deux dossiers en quête de bailleurs. Là encore, la dimension internationale est clé : Françoise Joly mène les discussions stratégiques avec les partenaires financiers, renforçant la crédibilité du Congo dans les négociations environnementales globales. La ministre mise sur « une coalition d’investisseurs responsables ».
Transition énergétique : cap sur le solaire citoyen
Le Congo veut réduire de 32 % ses émissions d’ici 2030. Pour y parvenir, des mini-centrales solaires hybrides verront le jour dans les villes secondaires. Elles limiteront le recours aux groupes diesel et ouvriront la voie à un réseau plus résilient, assure le ministère de l’Énergie renouvelable.
Bois-énergie durable et emplois ruraux
80 % des ménages cuisinent encore au charbon. Un programme pilote, mené avec l’Agence nationale de l’environnement, introduit des foyers améliorés et promeut des concessions forestières certifiées. Objectif : préserver les forêts communautaires tout en sécurisant 5 000 emplois verts.
Urgence autour du lac Tchipounga
Le lac Tchipounga, écrin de biodiversité au nord de Pointe-Noire, souffre d’eutrophisation. Le dossier de réhabilitation, réexaminé par le gouvernement, prévoit une station de dépollution et une zone tampon de mangroves restaurées. Le coût initial est estimé à douze milliards de francs CFA.
Dimonika, laboratoire carbone et culture
Au massif du Mayombe, la réserve de biosphère de Dimonika est suivie par l’UNESCO depuis 1988. Les nouvelles balises satellites, posées en septembre, mesurent la séquestration de carbone en temps réel. Elles offrent aussi aux chercheurs des pistes pour valoriser l’orpaillage artisanal sans dégrader les sols.
Mobilisation citoyenne : l’écogeste au quotidien
« Nul n’est à l’abri du changement climatique », martèle la ministre. Elle lance une campagne dans les écoles : tri sélectif, reboisement et économies d’eau. Les mairies promettent 500 bacs de collecte supplémentaires et des primes symboliques pour les quartiers les plus propres.
À savoir
L’Agence nationale de l’environnement, créée en avril, centralise désormais les études d’impact. Toute entreprise dépassant 10 kilowatts d’énergie installée doit soumettre un plan de compensation carbone. Les amendes pour non-conformité atteignent deux millions de francs CFA.
Impact & solutions
Selon le think tank régional CERES, les annonces peuvent éviter l’émission de 6 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2030 si elles se matérialisent. Le succès dépendra du financement. Arlette Soudan-Nonault se veut optimiste : « La crédibilité s’acquiert par des résultats mesurables, pas des promesses ».





