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Dakhla, joyau du Sahara atlantique

Au sud-ouest du Maroc, la presqu’île de Dakhla caresse les vagues de l’Atlantique et les dunes sahariennes. Cette enclave paisible, balayée par les alizés, attire depuis une décennie kitesurfeurs, ornithologues et familles en quête d’écotourisme.

Lagunes turquoise, colonies de flamants roses et herbiers marins dessinent un tableau fragile que les autorités régionales veulent préserver. Consciente de son aura croissante, la Wilaya mise sur un développement touristique maîtrisé, adossé à de solides engagements environnementaux.

Une compétition sous le signe du tourisme durable

La 2ᵉ édition de la Compétition internationale de pêche touristique et sportive s’est tenue sur la plage immaculée de Jorf Lahmam. Plus d’une centaine de pêcheurs, venus du Maroc, de Tunisie, de Gibraltar et d’ailleurs, ont mouillé les lignes au lever du jour (Agence Congolaise d’Information).

L’événement, organisé dans le cadre du 50ᵉ anniversaire de la Marche verte, portait un message clair : associer sport et sauvegarde des océans. Filets réglementés, remise à l’eau quasi systématique et ateliers de sensibilisation figuraient dans le cahier des charges imposé par le Conseil régional du tourisme.

Selon le président du comité d’organisation, « chaque poisson mesuré est une donnée précieuse pour notre programme scientifique ». Les biologistes marins de l’Institut national de recherche halieutique ont profité de la compétition pour collecter des échantillons et monitorer l’état des ressources.

Des championnes et champions inspirants

Dans la catégorie féminine, la Marocaine Maria Benjelloun a décroché l’or grâce à un courbine de 5,2 kg, célébrant « la patience et le respect du milieu ». La Tunisienne Inès Ajmi et la Gibraltare Olga Gonzalez Lian complètent un podium très méditerranéen.

Chez les hommes, le duo Reda Zenaki – Youssef El Bikry a devancé ses compatriotes Younes Saoud – Youssef Raougui. Les Tunisiens Mohamed Amine Bouhchima et Slim Fourati obtiennent le bronze. Tous saluent « la fraternité d’un sport où le vrai rival reste la météo ».

Patrimoine marin, moteur économique

Dakhla a longtemps vécu de la pêche artisanale et des produits de la mer. L’essor du tourisme nautique ajoute aujourd’hui une corde à l’arc d’une économie locale qui souhaite créer de l’emploi sans surexploiter ses bancs de sardines et de corbs.

Le Conseil régional estime que chaque compétition sportive génère 1,5 million de dirhams de retombées directes. Hôtels écocertifiés, coopératives de guides et artisans de la daurade fumée profitent de cette manne, à condition toutefois de maintenir la qualité environnementale qui fait venir les visiteurs.

Un partenariat avec l’OCP finance la collecte des déchets plastiques le long de la côte. Depuis 2021, plus de 25 tonnes de filets usagés ont été recyclées en bancs publics, preuve qu’une filière bleue circulaire peut naître loin des grandes métropoles.

Comment y aller

La RAM relie Casablanca à Dakhla en deux heures trente, six jours par semaine. Depuis Brazzaville, une correspondance via Casablanca demeure l’option la plus rapide. La route nationale N1, fraîchement rénovée, permet aux voyageurs motorisés de longer l’immense cordon dunaire jusqu’à la lagune.

À savoir

La pêche sportive est réglementée : une licence temporaire, fournie par la Fédération marocaine, est obligatoire et limite les prises à trois poissons par jour, tous quantifiés puis relâchés. Les vents soufflent fort de mars à octobre ; prévoyez veste coupe-vent et crème solaire biodégradable.

Impact & solutions

Les organisateurs ambitionnent de labelliser la compétition « event neutre en carbone » d’ici 2025. Une étude pilote mesure déjà l’empreinte transport des délégations et compense via des plantations de tamaris, espèce autochtone qui fixe les dunes et abrite les fauvettes passerines.

Pour Abdelmalek Erroussi, chercheur à l’université Ibn Zohr, « la plus grande victoire sera la réplication du modèle dans d’autres villes côtières ». Les succès de Dakhla démontrent qu’un événement festif peut éduquer, stimuler l’économie locale et inspirer une gestion plus durable des littoraux.

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