Brazzaville accueille les passionnés d’Afrique centrale
Du 18 au 20 novembre 2025, Brazzaville vibrera au rythme du Nabemba Tourism Expo, première grand-messe régionale consacrée au tourisme interne et durable. L’événement ambitionne de redessiner la carte des voyages responsables en Afrique centrale.
Francel Emerancy Balank, coordonnateur national de l’expo et fondateur de Wild Safari Tours, affiche la couleur : « Nous voulons positionner le Congo comme une destination incontournable, riche de paysages inexplorés et de cultures vivantes », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Tourisme interne, enjeu national et régional
Le choix du thème, « Tourisme interne, enjeux et défis », reflète l’urgence de stimuler les voyages domestiques afin de soutenir les économies locales, limiter l’empreinte carbone des déplacements lointains et renforcer le sentiment d’appartenance autour du fleuve Congo.
Des montagnes verdoyantes du Mayombe aux méandres du Sangha, le pays recèle une mosaïque de forêts primaires, de savanes et de cités au patrimoine colonial. Pourtant, ces trésors restent méconnus du grand public, faute d’infrastructures promotionnelles adaptées.
Ngabé, vitrine virtuelle d’un Congo caché
La foire innove avec des visites virtuelles immersives du site mégalithique de Ngabé, modélisé en 3D. Casque sur la tête, le visiteur explore galeries souterraines, fresques rupestres et forêts-galeries sans quitter le palais des congrès, un avant-goût des circuits sur le terrain.
« Cette rencontre crée des passerelles entre nos espaces naturels et les investisseurs », souligne Placide Nguie Obambi, gestionnaire du site de Ngabé. Selon lui, les partenariats attendus financeront sentiers balisés, centres d’interprétation et formations pour les guides villageois.
Un tremplin économique et culturel
Le ministère du Tourisme, représenté lors du lancement, voit dans le Nabemba Tourism Expo un moteur de croissance inclusive. « Chaque nouvel emploi dans l’hospitalité irrigue trois autres secteurs », rappelait le conseiller présent, évoquant artisanat, transport terrestre et agriculture vivrière.
Stands de design local, concerts de rumba, ateliers sur la digitalisation des réservations : le programme entend attirer familles, étudiants et photographes tout en offrant des sessions B2B où tour-opérateurs congolais rencontreront agences de la zone CEMAC et influenceurs spécialisés.
À moyen terme, l’événement pourrait consolider la stratégie nationale de diversification économique en misant sur l’écotourisme plutôt que sur les seuls hydrocarbures. Les organisateurs estiment à quinze pour cent la hausse possible de fréquentation des parcs et réserves d’ici trois ans.
Jeunesse et technologies au service de la nature
Les start-up congolaises de réalité augmentée, les universités et les ONG environnementales contribueront aux panels, preuve que la jeunesse se place au cœur de la transition touristique. Déjà, l’École de gestion du tourisme de Kintélé prépare un hackathon sur l’accessibilité numérique des sites protégés.
La question climatique ne sera pas éludée. Un calcul d’empreinte carbone en temps réel informera visiteurs et exposants, tandis qu’un fonds de reboisement sur le plateau Batéké recevra les compensations volontaires, initiative soutenue par l’Agence congolaise de transition écologique.
En coulisses, les professionnels rêvent déjà d’itinéraires fluviaux combinant observation des bonobos, immersion culturelle dans les villages téké et balades à vélo dans la ceinture verte de Brazzaville. Le salon servira de laboratoire à ces produits, avant leur commercialisation grand public.
Comment y aller
Brazzaville est reliée par vols réguliers à Douala, Libreville et Addis-Abeba. Depuis l’aéroport Maya-Maya, un taxi met vingt minutes pour rejoindre le palais des congrès. Les voyageurs venant de Pointe-Noire peuvent compter sur le train express, plus pittoresque que l’avion.
Un badge visiteur coûte l’équivalent de dix euros, à acheter en ligne ou sur place. Les sessions professionnelles nécessitent une accréditation préalable auprès de l’agence Wild Safari Tours, disponible jusqu’au 10 novembre.
À savoir
Les températures en novembre oscillent entre vingt-deux et trente degrés, avec quelques averses courtes. Prévoyez des tenues légères et un imperméable de poche. Les paiements par mobile money sont largement acceptés, limitant l’usage d’espèces.
Impact & solutions
Les organisateurs se sont engagés à bannir le plastique à usage unique sur le site de l’expo. Des gourdes consignées seront distribuées et quatre fontaines d’eau filtrée installées, une première pour un salon de cette ampleur au Congo.
Un suivi scientifique, piloté par l’université Marien-Ngouabi, mesurera l’impact réel de la manifestation sur la consommation énergétique et les déchets. Les résultats seront publiés en accès libre pour guider les prochains événements culturels du pays.





