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Jeunesse congolaise et Objectifs 2030

En recevant, samedi 23 août, le président du Forum international de la jeunesse pour le développement de l’Afrique, Brazzaville conforte son rôle de passerelle entre sociétés civiles du continent. Jonathan Lumbeya Masuta arrive dans la capitale congolaise pour restituer les conclusions du débat tenu le 12 août à Kinshasa.

Cet événement intervient à la faveur de la Journée internationale de la jeunesse, célébration dont la portée a trouvé un écho particulier le long du fleuve Congo. Plus de cinq cents délégués venant de vingt-cinq pays y ont confronté leurs expériences autour du thème « Créer un avenir durable ».

Le Forum FIJADA, un laboratoire d’idées panafricain

Né en 2018, le Fijada se veut une plate-forme transnationale qui encourage le dialogue intergénérationnel. Selon son président, « il ne s’agit pas de donner des leçons mais de coconstruire des trajectoires de résilience ». La méthode repose sur des ateliers participatifs mêlant sciences sociales, entrepreneuriat vert et diplomatie culturelle.

L’étape kinoise a confirmé cette ambition. Pendant quatre jours, chercheurs, ingénieurs agronomes, chefs de start-up et élus locaux ont exploré les intersections entre transition écologique, croissance inclusive et cohésion territoriale. Les travaux étaient organisés en six panels couvrant énergie propre, agriculture intelligente, économie circulaire, finance verte, inclusion numérique et gouvernance.

Brazzaville, nouveau relais sous-régional

La restitution prévue à l’Hôtel Saphir marque une étape stratégique. En installant un bureau national piloté par Daniel Biangoud, le Fijada institutionnalise sa présence en République du Congo. Cette proximité permettra un suivi plus fin des recommandations et renforcera les passerelles avec les programmes nationaux de développement.

Le contexte est favorable. Le Plan national de développement 2022-2026, adopté par les autorités, consacre un chapitre entier à l’économie verte et à la valorisation du capital humain. La jeunesse, qui représente près de 60 % de la population, devient ainsi un acteur pivot dans la conduite des politiques publiques.

Principales recommandations issues de Kinshasa

Les participants ont plaidé pour l’accélération de l’ouverture des données climatiques afin de développer des applications locales d’alerte précoce face aux inondations. Ils recommandent la création d’un Fonds africain d’innovation verte, abondé par des partenariats publics-privés, destiné à financer des prototypes portés par des équipes jeunes et mixtes.

Un second axe porte sur l’intégration des modules d’économie circulaire dans les curricula universitaires. Selon la sociologue congolaise Irène Makosso, invitée à Kinshasa, « l’université a la responsabilité de former des analystes capables de traduire en projets concrets l’idée d’une croissance décarbonée adaptée aux réalités africaines ».

Enfin, le forum encourage une plus grande mobilité sous-régionale des jeunes professionnels, à travers des visas d’innovation à durée réduite. L’objectif est de créer une circulation des compétences entre Brazzaville, Kinshasa, Libreville ou Bangui, afin de mutualiser les pistes de financement et d’harmoniser les standards environnementaux émergents.

Dialogue entre société civile et pouvoirs publics

La cérémonie du 23 août illustre la coopération constructive qui s’est installée entre le mouvement associatif et les institutions nationales. La présence annoncée du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon-Juste Ibombo, témoigne de la volonté gouvernementale de consolider un cadre propice à l’innovation citoyenne.

Dans un entretien accordé à notre rédaction, le député Exaucé Ibam Ngambili affirme que « le potentiel inventif de la jeunesse contribue d’ores et à la diversification économique, notamment dans l’agro-transformation et les services numériques ». Pour lui, le forum fournit un espace d’anticipation des politiques publiques à moyen terme.

Un agenda aligné sur la feuille de route continentale

Les conclusions du Fijada rejoignent la Stratégie africaine pour les changements climatiques et le pacte vert lancé par l’Union africaine. Elles s’inscrivent également dans la dynamique de la Commission climat du Bassin du Congo, soutenue par le président Denis Sassou Nguesso, qui privilégie une approche intégrée forêt-énergie-développement.

Cet arrimage institutionnel ouvre des perspectives de financements conjoints avec la Banque africaine de développement, le Fonds vert pour le climat et plusieurs agences onusiennes. Brazzaville pourrait ainsi devenir, à court terme, un hub d’expérimentation pour des projets pilotes combinant séquestration carbone, production solaire décentralisée et agriculture régénératrice.

Perspectives et agenda post-2025

Jonathan Lumbeya Masuta souhaite inscrire la dynamique dans le temps long. Une édition itinérante du Forum est annoncée pour 2026 à Abidjan, avec un focus sur la finance éthique. D’ici là, le secrétariat de Brazzaville élaborera un tableau de bord pour suivre le déploiement des recommandations par pays.

Un rapport d’évaluation indépendant sera présenté chaque année aux partenaires techniques et financiers, afin de garantir transparence et redevabilité. Cette démarche répond aux attentes des bailleurs internationaux, soucieux de disposer d’indicateurs fiables avant d’engager des ressources supplémentaires au service des transitions écologiques et sociales.

À l’heure où la jeunesse congolaise cherche des voies d’engagement constructives, la connexion entre Kinshasa et Brazzaville montre que la diplomatie des idées n’a pas besoin de visas. Le Fijada capitalise sur cette porosité géographique pour faire émerger des solutions tangibles, au plus près des attentes citoyennes.

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