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Au Congo-Brazzaville, des pans entiers de forêt repris par l’État changent de gardien. Pour savoir ce que recèlent vraiment ces terres rendues au domaine public, il fallait d’abord les compter. C’est désormais en marche.

Des arbres à recenser avant toute décision

Le Centre national d’inventaire et d’aménagement des ressources forestières et fauniques (CNIAF) a ouvert, le 9 juin à Brazzaville, une formation dédiée aux équipes chargées d’inventorier les concessions forestières retournées à l’État.

L’enjeu est limpide. Avant de planifier la moindre exploitation ou mesure de protection, encore faut-il connaître précisément la matière vivante de ces massifs. L’inventaire devient la condition de toute gestion sérieuse.

Le Kouilou, la Bouenza et la Likouala en ligne de mire

Une fois formés, les techniciens gagneront le terrain. Dix concessions sont concernées, réparties entre le Kouilou, la Bouenza, le Djoué-Léfini et la Likouala, autant de territoires aux visages écologiques contrastés.

Pour Carine Saturnine Milandou, directrice du CNIAF, l’effort vaut la peine. « Les concessions retournées à l’État constituent un potentiel considérable pour le développement économique du pays », souligne-t-elle, plaçant la ressource forestière au cœur des perspectives nationales.

Une formation entre théorie et pratique de terrain

Le programme s’étale sur quatre jours, mêlant cours et exercices. Les participants y abordent les principes de l’inventaire forestier, les techniques de collecte de données et le maniement d’instruments parfois rustiques mais essentiels.

GPS, boussole, éclimètre, décamètre : ces outils accompagneront chaque équipe sous le couvert forestier. La précision de leurs relevés conditionnera la fiabilité des décisions prises plus tard, en bureau comme sur le terrain.

Le public visé dépasse les seuls agents du Centre. Des étudiants finalistes de l’École nationale supérieure d’agronomie et de foresterie (Ensaf) participent également, mêlant expérience administrative et regard académique sur la forêt congolaise.

Mesurer, layonner, comprendre la forêt

Sur place, le travail réclame méthode et endurance. Les équipes recenseront les arbres d’au moins vingt centimètres de diamètre, à condition qu’ils appartiennent aux essences commerciales reconnues au Congo.

Le « layonnage » occupe une place centrale dans l’apprentissage. Cette ouverture de pistes forestières permet de quadriller le massif et de progresser sans se perdre, geste discret mais décisif de tout inventaire rigoureux.

L’effort se mesure aussi en temps. Chaque concession mobilisera ses techniciens pour une vingtaine de jours, environ vingt-deux, au rythme lent imposé par la densité du couvert et l’exigence des relevés.

Un capital naturel sous surveillance

Derrière ces chiffres se dessine une ambition plus large. En reprenant la main sur ces concessions, l’État cherche à transformer un patrimoine longtemps difficile à cartographier en levier maîtrisé de développement.

L’inventaire en cours ne tranche encore rien sur l’usage futur de ces forêts. Mais il pose une base, celle d’une connaissance fine du terrain, préalable indispensable à toute gestion qui se voudrait à la fois utile au pays et soucieuse de ses écosystèmes.

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