Djambala, la justice tranche contre le braconnage
Le tribunal de Djambala, chef-lieu du département des Plateaux au Congo-Brazzaville, vient d’envoyer un signal sans ambiguïté. Trois hommes reconnus coupables de braconnage d’éléphants et de détention illégale d’armes de guerre ont été condamnés à des peines de prison ferme.
La décision résonne bien au-delà de cette ville du centre du pays. Elle rappelle que l’abattage d’espèces intégralement protégées n’est plus toléré, et que les tribunaux congolais entendent frapper au portefeuille autant qu’à la liberté des trafiquants.
Peu de temps s’est écoulé entre l’interpellation et le jugement. En quelques semaines, l’appareil judiciaire a instruit le dossier, entendu les prévenus et prononcé des peines qui pèsent lourd dans la lutte contre la délinquance faunique.
Trois ans ferme pour le meneur présumé
Justin Moko Péa, surnommé « Colonel », a écopé de la peine la plus sévère. Le tribunal l’a condamné à trois ans d’emprisonnement, à une amende de 150 000 FCFA et à cinq millions de FCFA de dommages et intérêts versés à l’État.
Ses deux coprévenus, Ghislain Akouala Maloba et Enoch Ikombo, ont chacun été condamnés à deux ans de prison, assortis des mêmes sanctions financières. Devant les juges, les trois hommes ont reconnu l’ensemble des faits qui leur étaient reprochés.
Plus de trente kilos d’ivoire arrachés à la forêt
Le butin saisi lors des arrestations donne la mesure du trafic. Les autorités ont récupéré huit pointes d’ivoire pesant ensemble plus de trente et un kilogrammes, vestiges silencieux d’éléphants abattus dans les forêts du pays.
À ces défenses s’ajoutaient une arme de guerre, des munitions militaires et divers autres objets. Un arsenal qui en dit long sur la violence des méthodes employées pour traquer les derniers grands pachydermes du bassin du Congo.
Chaque pointe d’ivoire correspond à un animal tombé. Derrière ces trente et un kilogrammes se lit la disparition d’éléphants, maillons essentiels de forêts qu’ils façonnent en dispersant des graines et en ouvrant des clairières au fil de leurs déplacements.
Lékana, un territoire d’éléphants sous pression
Selon les autorités, les trois hommes auraient sévi dans les forêts du district de Lékana. Originaires de Gamboma et de Mossaka, ils s’étaient rapprochés de ces massifs où subsistent encore des populations d’éléphants convoitées par les trafiquants.
L’éléphant compte parmi les espèces intégralement protégées, un statut que les prévenus n’ignoraient pas et qu’ils ont pourtant bravé. C’est cette qualification qui transforme un acte de chasse en crime lourdement sanctionné par la justice.
Ces forêts des Plateaux comptent parmi les refuges de la faune congolaise. Chaque animal abattu y fragilise un équilibre déjà précaire, dans une région où la pression du braconnage ne faiblit pas malgré les efforts de surveillance.
Une enquête loin d’être close
Interpellés le 2 juin, les trois prévenus ont comparu les 8 et 22 juillet avant le prononcé du verdict. Ils ont admis l’abattage illégal d’animaux intégralement protégés et la détention d’armes réservées à l’usage militaire.
L’affaire ne s’arrête pourtant pas à ces condamnations. Les investigations se poursuivent pour identifier d’autres membres du réseau, toujours en fuite. Le démantèlement complet de cette filière demeure l’objectif affiché des enquêteurs.
La loi, dernier rempart de la faune sauvage
La procédure a bénéficié d’un appui technique, dans le cadre d’un projet d’assistance à l’application de la loi sur la faune sauvage. Une collaboration qui renforce la capacité des tribunaux à juger ces dossiers complexes.
Au-delà des peines prononcées, le message adressé aux réseaux de braconnage est limpide. Protéger l’éléphant de forêt, espèce emblématique et menacée, passe désormais par des sanctions fermes et une justice décidée à ne plus détourner le regard.

