Un accord scellé sur la côte de Pointe-Noire
Le 4 août 2026, Pointe-Noire a accueilli une signature attendue. Le gouvernement congolais et le Programme des Nations unies pour le développement ont lancé le Programme national de développement des produits forestiers non ligneux. Une réponse concrète aux richesses discrètes du bassin forestier.
La cérémonie s’est tenue sous le patronage de Rosalie Matondo, ministre de l’Économie forestière, aux côtés d’Adama-Dian Barry, représentante résidente du Pnud au Congo, et de Mohit Agrawal, directeur d’Arise Picp. Deux années de recherches et de concertation aboutissaient enfin.
Cette signature couronne un long travail de terrain mené par les équipes du ministère de l’Économie forestière. Elle a bénéficié de l’appui du Pnud et de plusieurs acteurs du secteur privé, dont Arise Picp, autour d’une conviction partagée sur le potentiel de la forêt.
Une ambition d’économie verte assumée
À travers ce programme, les autorités entendent faire de ces ressources un moteur de croissance durable. Elles visent des filières compétitives, inclusives et résilientes, capables de générer des richesses et des emplois, tout en accompagnant la transition vers une économie verte.
Le document fixe des objectifs stratégiques clairs. Structurer les chaînes de valeur, renforcer la transformation locale, améliorer la commercialisation sur les marchés national et international. Autant de leviers pensés pour rendre le secteur plus compétitif, plus organisé et surtout plus durable.
Miel, poivre et champignons, trésors de la canopée
Derrière le sigle PFNL se cachent des produits du quotidien. Le miel, les huiles essentielles, les champignons, le poivre noir, le bambou, les chenilles, les asperges et les légumes-feuilles nourrissent chaque jour près de six millions de Congolais. Ces filières sortent enfin de l’ombre.
« Ces filières représentent de véritables opportunités économiques et non de simples marchés de niche », a souligné la ministre. Elle imagine un écosystème intégré reliant producteurs, coopératives, petites entreprises, transformateurs, chercheurs et investisseurs autour d’une même ambition.
Un financement partagé sur huit ans
Le programme repose sur un budget de plus de 14 milliards de francs CFA, soit environ 25 millions de dollars. Le Pnud en assure 70 %, l’État congolais 30 %. Sa mise en œuvre s’étalera sur huit années.
L’objectif chiffré est net. La contribution du secteur forestier au produit intérieur brut national doit passer de 5,6 % à 10 %. Un pari présenté à l’assistance par Éric Kinkonda Koubemba, directeur du Centre de valorisation des produits forestiers non ligneux.
Sept départements accueilleront les activités : la Sangha, la Cuvette, les Plateaux, le Pool, le Niari, le Kouilou et la Cuvette-Ouest. Une couverture large, pensée pour irriguer les territoires les plus forestiers de la République du Congo.
Les communautés locales au premier plan
Le programme cible 2 300 membres des communautés locales et des peuples autochtones. Sa répartition privilégie l’inclusion : la moitié des bénéficiaires seront des jeunes, trois sur dix des femmes, deux sur dix des personnes vulnérables. Une attention réelle portée aux plus fragiles.
Dans son allocution, Rosalie Matondo a appelé chacun à prendre sa part. « La réussite de ce programme repose désormais sur notre mobilisation collective », a-t-elle lancé, invitant l’État à garantir les budgets, à assurer la cohérence des politiques et à faciliter l’accès aux marchés.
Pour la représentante du Pnud, ces ressources tissent un lien précieux. Les produits forestiers non ligneux forment « une passerelle entre la conservation de la biodiversité, la lutte contre la pauvreté et la construction d’une économie verte, inclusive et résiliente ».
L’institution promet d’accompagner l’État par son expertise en gouvernance, en autonomisation économique des femmes et en développement des chaînes de valeur. Une manière de rappeler que la forêt peut nourrir les habitants sans être épuisée par eux.
Vers un label « Produit forestier non ligneux du Congo »
Au-delà des chiffres, le projet nourrit une ambition d’image. Un label « Produit forestier non ligneux du Congo » doit voir le jour, porté avec le soutien d’acteurs industriels comme Arise Picp. Une signature de qualité destinée aux marchés régionaux et internationaux.
Reste l’essentiel : transformer localement, mieux commercialiser, gérer durablement. Si la promesse tient, la forêt congolaise cessera d’être un simple décor. Elle deviendra une économie vivante, où la conservation de la biodiversité et le revenu des populations avancent enfin du même pas.


