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Un forum panafricain tourné vers le numérique

Réunis récemment à Kinshasa, plus d’une centaine de jeunes leaders africains ont débattu des ressorts de la transition digitale lors du Forum international de la jeunesse africaine pour le développement de l’Afrique, le Fijada, placé sous le thème de la durabilité.

Dans ces échanges multilatéraux, la République du Congo a fait entendre une voix pragmatique, soucieuse de saisir les opportunités économiques qu’offre l’innovation numérique, tout en renforçant la cohésion régionale autour de la formation, de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes.

Au centre des discussions, les réseaux sociaux ont été décrits comme une industrie à part entière, générant revenus, influence et savoir-faire, à condition que les acteurs nationaux disposent d’un environnement réglementaire stable, d’infrastructures fiables et d’un accompagnement institutionnel structurant.

Des acteurs congolais en première ligne

De retour à Brazzaville, Daniel Biangoud, représentant pays du Fijada, accompagné de son mentor José Cyr Ebina, a entrepris une tournée institutionnelle destinée à expliciter les mécanismes du projet et à recueillir l’adhésion des plus hautes autorités nationales.

Le secrétaire exécutif du Conseil consultatif de la jeunesse, Prince Michrist Kaba Mboko, a salué une initiative capable, selon lui, de « canaliser l’ingéniosité des jeunes vers des secteurs créateurs de valeur », tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la nation.

Cette reconnaissance a été immédiatement relayée par le ministre de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, pour qui « le gouvernement continuera à encourager les jeunes qui se démarquent dans l’innovation et la valorisation de l’identité congolaise », y voyant un prolongement naturel de la stratégie nationale.

En audience, le porteur du projet a présenté un rapport détaillé des recommandations formulées à Kinshasa, insistant sur la nécessité d’élargir l’accès haut débit, d’intensifier les programmes de sensibilisation et de soutenir l’émergence de contenus d’origine congolaise.

Synergie gouvernementale et société civile

Le dialogue ainsi engagé illustre la volonté de construire une synergie entre institutions publiques, organisations de jeunesse et opérateurs privés, afin de faire du numérique un accélérateur de croissance inclusive, conformément aux orientations contenues dans le Plan national de développement adopté par Brazzaville.

Sur le terrain, plusieurs incubateurs locaux proposent déjà des modules de codage, d’e-commerce et de design graphique, souvent avec le soutien technique de partenaires bilatéraux, jalonnant un écosystème encore fragmenté mais résolument tourné vers l’acquisition de compétences certifiantes.

Pour sécuriser cette dynamique, les autorités rappellent la nécessité d’un cadre juridique propice à la protection des données et à la confiance numérique, deux conditions fondamentales pour attirer les investissements et garantir la monétisation des contenus produits par de jeunes créateurs locaux.

Les échanges ont également mis en lumière le rôle des opérateurs télécoms, invités à démocratiser les forfaits data et à soutenir des concours d’innovation, afin d’éviter l’exclusion des zones rurales et de prévenir une fracture sociotechnique entre centres urbains et périphérie.

Les responsables du Fijada envisagent de signer avec plusieurs universités congolaises des conventions prévoyant des laboratoires d’expérimentation numérique, où des mentors extérieurs viendraient partager leurs expertises, confirmant l’ancrage académique d’un mouvement qui refuse d’opposer connaissances théoriques et compétences pratiques, et d’ouvrir des stages rémunérés localement.

Opportunités pour une jeunesse connectée

L’économie de l’influence, évaluée à plusieurs milliards de dollars à l’échelle mondiale, ouvre de nouveaux débouchés à une génération rompue aux codes visuels des plateformes sociales, qu’il s’agisse de marketing d’affiliation, de création de contenus éducatifs ou de services de micro-consultance.

À Brazzaville, de jeunes développeurs testent déjà des applications de paiement mobile adaptées aux réalités locales, tandis que des artistes digitaux vendent leurs œuvres au format NFT, autant d’exemples citées par Daniel Biangoud pour illustrer la « réalité tangible des revenus digitaux ».

Le ministre Léon Juste Ibombo juge que « chaque opportunity numérique crée de l’emploi indirect » en mobilisant graphistes, développeurs, community managers et logisticiens, tout en renforçant la production statistique nationale grâce aux transactions dématérialisées, désormais mesurables avec précision.

Cette vision repose toutefois sur une condition cardinale : l’accompagnement. D’après le Conseil consultatif de la jeunesse, la création d’une ligne budgétaire dédiée à la formation digitale et la multiplication des partenariats public-privé figurent parmi les priorités débattues lors de la restitution du forum.

Enjeux sociétaux et perspectives responsables

Au-delà des gains économiques, les participants soulignent le potentiel du numérique pour promouvoir la gouvernance ouverte, la participation citoyenne et la diffusion de contenus culturels endogènes, trois axes jugés essentiels à la consolidation d’un développement durable respectueux des identités locales.

La feuille de route issue de Kinshasa recommande ainsi l’inclusion digitale des publics vulnérables, la parité de genre dans les métiers technologiques et la réduction de l’empreinte carbone des infrastructures, autant de paramètres intégrés progressivement dans les programmes nationaux d’investissement.

En clôturant la séance de restitution, Jonathan Masuta Lumeya a exprimé le souhait de voir Brazzaville accueillir prochainement une édition du Fijada, afin de mesurer, in situ, les progrès d’une jeunesse congolaise qui se veut à la fois connectée, productive et responsable.

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