À Brazzaville, la terre devient un outil d’émancipation. Le 31 juillet, cinq cents veuves et jeunes filles-mères ont troqué l’incertitude du lendemain contre des semences et des gestes précis, sous l’impulsion d’un projet qui mise sur le maraîchage responsable (Adiac Congo).
Un tournant vert pour les femmes vulnérables de Brazzaville
Sur les terres de Brazzaville, une promesse a germé le 31 juillet. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Pr Paul Valentin Ngobo, y a ouvert une formation en culture maraîchère destinée à cinq cents veuves et jeunes filles-mères (Adiac Congo).
Derrière ce chiffre, une réalité sociale. Ces femmes, souvent seules face aux charges familiales, comptent parmi les plus fragiles du pays. En leur ouvrant les portes du maraîchage, l’initiative gouvernementale cherche à transformer leur vulnérabilité en une forme d’indépendance durable.
Le geste est symbolique autant que concret. En choisissant ce public, les autorités ciblent celles que les aléas de la vie ont laissées sans filet. Le maraîchage, activité accessible et à cycle court, offre une réponse rapide à l’urgence économique du quotidien.
Le projet Paje sème l’autonomie financière
La session s’inscrit dans le Projet agriculture, jeunes et entrepreneuriat, le Paje. Son ambition dépasse le simple potager : garantir l’insertion sociale et l’autonomie financière d’une couche vulnérable, longtemps tenue à l’écart des circuits économiques (Adiac Congo).
Ce choix traduit une conviction : nourrir une famille commence par nourrir la terre. En reliant agriculture, jeunesse et entrepreneuriat, le Paje ambitionne de faire du potager un tremplin, et non un simple gagne-pain de subsistance.
Pendant une semaine, les participantes apprennent à augmenter leur production et à générer des revenus substantiels. La gestion des stocks, la réduction des pertes après récolte et la maîtrise des semences figurent parmi les savoir-faire transmis.
Des sols nourris par les biofertilisants
Au cœur de l’apprentissage, une approche respectueuse des terres. Les maraîchères découvrent l’enrichissement des sols par biofertilisants, une technique qui limite le recours aux intrants chimiques et préserve la fertilité naturelle des parcelles péri-urbaines.
Dans un bassin forestier où la biodiversité reste un trésor, ces méthodes prennent tout leur sens. Réduire les intrants chimiques, c’est protéger les nappes, les sols et, à terme, la santé des consommateurs comme celle des cultivatrices.
La maîtrise des semences, elle, ouvre une autre porte. Sélectionner, conserver et réutiliser ses graines, c’est gagner en indépendance face aux fournisseurs, un pas discret mais décisif vers une agriculture plus souveraine.
De Pointe-Noire à Kinkala, une formation qui essaime
Lancée dans la capitale, l’initiative ne compte pas s’y arrêter. Elle gagnera progressivement Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Sibiti, Ngo puis Kinkala, tissant un maillage national qui touche aussi bien les grandes villes que les bourgs de l’intérieur (Adiac Congo).
Ce déploiement par étapes révèle une ambition d’équité territoriale. En descendant vers le littoral avant de rejoindre les localités de l’intérieur, la formation refuse de concentrer ses effets sur la seule capitale, comme trop de programmes avant elle.
À l’issue de chaque module, le Paje remettra à chaque participante une logistique complète. « Ces outils vous permettront de devenir des maraîchères professionnelles », a assuré le Pr Paul Valentin Ngobo devant les premières bénéficiaires.
Cultiver la résilience alimentaire du Congo
Au-delà des trajectoires individuelles, l’enjeu est collectif. En renforçant les chaînes agricoles, le projet entend améliorer la nutrition et diversifier les options alimentaires du pays, tout en consolidant les conditions de vie rurales et péri-urbaines (Adiac Congo).
Sur les parcelles de Brazzaville, cinq cents femmes esquissent ainsi un modèle. Celui d’une agriculture qui nourrit sans épuiser, et qui fait de l’autonomie des plus fragiles une graine d’avenir pour tout le Congo-Brazzaville.

