Un samedi d’août où le quartier s’est retroussé les manches
À Mouana-Nto, dans le premier arrondissement de Nkayi, le premier samedi d’août n’a pas ressemblé aux autres. La Journée nationale d’assainissement, instituée par le gouvernement pour le 1er août, y a pris un visage très concret : celui d’une communauté décidée à changer son cadre de vie.
Habitants, associations et membres du Comité de gestion et de développement communautaire, le CGDC, ont uni leurs forces. Ensemble, ils ont fait de cette journée bien plus qu’une formalité administrative : une véritable démonstration de ce que l’engagement collectif peut accomplir.
Un jardin public arraché à l’abandon
Le cœur de la mobilisation s’est joué autour d’un jardin public longtemps négligé. Sous l’effort commun, l’espace a peu à peu retrouvé sa splendeur, comme si le quartier redécouvrait un bien qu’il avait fini par oublier.
L’ambition dépasse le simple nettoyage ponctuel. Le projet vise à offrir aux jeunes un véritable lieu de détente pendant les vacances, un endroit où l’on puisse se retrouver sans quitter son quartier. Dans une ville où les espaces partagés se font rares, l’enjeu est loin d’être anodin.
Le président du CGDC de Mouana-Nto ne cache pas ses intentions. Il envisage de transformer ce jardin en « un espace moderne, sécurisé et bien entretenu, doté notamment de toilettes publiques et d’une gestion durable ». Une vision qui inscrit l’initiative dans la durée plutôt que dans l’événement.
Du marché de Dangoté aux gestes de solidarité
La dynamique ne s’est pas arrêtée aux grilles du jardin. Elle a gagné le marché de Dangoté, où les commerçants ont pris part au mouvement en nettoyant leurs espaces de vente. Un marché propre, c’est aussi une question de santé publique et de dignité quotidienne pour ceux qui y travaillent.
Autour d’eux, des collectifs sportifs ont donné le rythme. Le club de fitness La Favela et les Marcheurs du dimanche de Nkayi se sont investis avec entrain, prouvant que l’énergie associative peut devenir un moteur d’action environnementale.
Leur engagement ne s’est pas limité au balai. Après l’effort, ces mêmes groupes ont prolongé la journée par un don de sang à l’hôpital, mêlant en un seul élan solidarité écologique et solidarité humaine. Deux causes, un même geste citoyen.
Ce que Nkayi rappelle sur la propreté urbaine
L’exemple de Mouana-Nto illustre une conviction simple mais exigeante. Comme le souligne le récit de cette journée, « une ville propre ne dépend pas seulement des services publics, mais aussi de la volonté de ses habitants ».
Cette phrase résume le pari des quartiers qui refusent d’attendre. L’assainissement cesse d’être une affaire déléguée aux institutions pour devenir une responsabilité partagée, portée par ceux qui vivent l’espace au quotidien et en subissent les négligences.
Reste la question de la suite. Réhabiliter un jardin en une matinée est une chose, l’entretenir dans le temps en est une autre. C’est bien là que se logera l’épreuve de vérité de cette mobilisation, entre l’élan d’un jour et la constance des mois à venir.
Pour l’heure, Nkayi offre une image encourageante. Celle d’une ville qui, l’espace d’un samedi, a compris que ses balais valaient parfois autant que ses services techniques (lesechos-congobrazza.com).

