| Santé

Sous la canopée du Mayombe, six étapes et trois cent quatre kilomètres attendent celles et ceux qui marcheront du 20 au 26 juin. Une marche au long cours, devenue rendez-vous de santé publique au cœur des forêts du sud congolais.

Une marche-laboratoire au pays des forêts

L’association Marcher Courir pour la Cause se dit prête pour la sixième édition de sa Traversée du Mayombe. L’idée tient en peu de mots : opposer le mouvement du corps à l’avancée silencieuse du diabète, le long d’un itinéraire taillé dans l’un des massifs forestiers les plus denses du pays.

Le territoire n’est pas un décor neutre. Le Mayombe déroule ses reliefs humides et ses villages au rythme des saisons. Y marcher pendant près d’une semaine, c’est éprouver la géographie autant que sa propre endurance, sur un parcours partagé en six étapes successives.

L’OMS s’invite sur le sentier

La nouveauté de l’année se joue dans les chiffres et les mesures. L’Organisation mondiale de la santé s’associe à l’association à travers un protocole d’évaluation scientifique destiné à mesurer l’impact réel du projet sur la santé des participants et des communautés traversées.

« La plus impactante que l’année dernière », promet Rodrigue Dinga Mbomi, président de l’association, à propos de cette édition. Une ambition que ce partenariat vient ancrer dans la méthode, en cherchant à transformer l’élan militant en données vérifiables.

Dépister, étape après étape

Le bilan avancé donne la mesure de l’enjeu. En 2025, l’association affirme avoir dépisté près de huit mille personnes, dont trois mille à l’occasion de la seule Traversée du Mayombe. Pour cette édition, elle vise davantage encore.

L’organisation ne masque pas la gravité de la situation, reconnaissant que « la maladie se propage dans nos communautés ». Le dépistage, mené au plus près des habitants, devient ainsi le prolongement naturel de la marche, là où le soin peine parfois à venir.

Une pierre posée à Madingou

L’édition laissera aussi une trace durable. À Madingou, dans la Bouenza, sera posée la première pierre d’une deuxième maison sport et santé. Un lieu pensé pour faire vivre, hors de l’événement, le lien entre activité physique et prévention.

Cette implantation prolonge la logique du projet : ne pas se contenter d’un temps fort annuel, mais inscrire la santé dans le quotidien des territoires. La maison sport et santé devient un point d’ancrage, ouvert au-delà de la semaine de marche.

D’une poignée à une foule en marche

Le chemin parcouru depuis les origines impressionne. La première édition, en 2021, n’avait réuni que douze participants. Cette année, environ sept cents marcheurs sont attendus sur les sentiers du Mayombe.

Cette montée en puissance dit quelque chose d’une cause qui a trouvé son public. De douze à sept cents, la Traversée s’est muée en mobilisation collective, où l’effort partagé sert un message simple : bouger pour se prémunir, ensemble, au fil des forêts.

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