À Pointe-Noire, les mots ont repris toute leur place. Le 23 juillet, le musée Cercle africain a accueilli l’ouverture de la troisième édition du Salon international du livre et des arts, le Silap, désormais inscrit parmi les rendez-vous marquants du calendrier culturel congolais.
Trois pays réunis autour du livre
Jusqu’au 26 juillet, écrivains, poètes et artistes venus de Centrafrique, du Gabon et des deux Congo se retrouvent autour d’un même fil conducteur : « Littérature et arts : maillons de développement des nations » (adiac-congo.com).
Ce dialogue par-delà les frontières illustre une conviction partagée dans le bassin du Congo. La création n’y est pas perçue comme un ornement, mais comme un lien vivant entre les mémoires, les langues et les imaginaires de nations voisines.
Le musée Cercle africain, écrin de l’ouverture
Le choix du musée Cercle africain pour donner le coup d’envoi n’a rien d’anodin. En installant les lettres dans un lieu de mémoire, les organisateurs rappellent que patrimoine et création avancent d’un même pas.
L’ouverture s’est déroulée en présence de Chardin Alphonse Nkala, directeur général des Arts et Lettres, et d’une représentante du consulat centrafricain. Une assistance qui souligne l’ancrage à la fois institutionnel et régional de l’événement.
Une biennale née en 2021
Organisé tous les deux ans depuis 2021, le Silap doit son existence à Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah, écrivain, poète et président de l’Institut international de théâtre (adiac-congo.com).
En trois éditions seulement, l’initiative s’est imposée comme un espace où les auteurs confrontent leurs voix. Le public y mesure la vitalité d’une scène littéraire régionale longtemps restée dans l’ombre des grands rendez-vous continentaux.
Un cadre institutionnel longtemps espéré
À la tribune, Philippe Mboumba Madiela, conseiller socio-culturel du maire, a salué un « véritable cadre institutionnel de promotion des arts », longtemps attendu par les acteurs culturels locaux (adiac-congo.com).
Ses mots traduisent une attente ancienne. Derrière la célébration des lettres se joue une forme de reconnaissance : celle d’un secteur créatif qui réclame des lieux, des rendez-vous réguliers et une visibilité durable.
Les arts, moteurs du développement
Le thème retenu cette année hisse la culture au rang des moteurs de développement. Une façon d’affirmer que le roman, la poésie et les arts visuels participent, au même titre que l’économie, à la construction des nations.
Cette lecture rejoint une idée chère aux acteurs culturels du bassin du Congo. Investir dans les livres et les arts, c’est aussi transmettre, éduquer et forger un récit commun capable de rassembler des populations aux histoires proches.
Une scène régionale qui gagne en lumière
Pendant quatre jours, la ville offre une tribune à celles et ceux qui croient au pouvoir des mots. Les échanges rythment un salon pensé comme un pont entre les générations et entre les pays.
Au fil des pages et des œuvres, le Silap dessine les contours d’une région fière de ses lettres. Un pari culturel discret, patient, mais qui affirme la place du livre au cœur de la vie congolaise.

