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Un souffle vert sur la vallée de Nguéla

À l’aube, la brume se lève sur les collines rouges du Pool quand les premiers coups de houe entaillent la terre de Nguéla Dihoulou.

En une matinée, près de mille jeunes plants d’acacia et de terminalia trouvent place sur deux hectares, espacés de cinq mètres, dessinant un damier vert prometteur.

Le site, autrefois pâturé puis dégradé, devient laboratoire vivant de la stratégie nationale d’afforestation visant à revitaliser 1,1 million d’hectares d’ici 2030.

La Journée nationale de l’arbre, moteur civique

Instaurée en 1986, la Journée nationale de l’arbre mobilise chaque 6 novembre écoliers, cadres et forces vives autour du geste simple de planter.

L’édition 2025, placée sous la bannière « Un arbre, une forêt, une plantation », épouse la Décennie des Nations unies pour l’afforestation et met en avant l’ambition d’un Congo florissant.

Dans le district de Kinkala, autorités coutumières et administration forestière orchestrent l’événement, convaincues que l’exemplarité locale peut entraîner tout le pays.

Dans tout le pays, les radios communautaires diffusent des messages pédagogiques sur la régénération naturelle assistée, encourageant les villageois et universités partenaires à protéger les repousses spontanées autant qu’à planter.

Des essences adaptées pour un microclimat résilient

Les acacias sélectionnés s’enracinent vite, fixent l’azote et amorcent la reconquête de sols lessivés par les pluies intenses.

Associés aux terminalias et à quelques iroko semenciers, ils créeront un couvert mixte capable de stabiliser la température et d’abriter la petite faune.

Cette mosaïque végétale jouera un rôle tampon contre les pics de chaleur, tout en fournissant un bois d’œuvre durable à moyen terme.

Un groupe de chercheurs de l’Université Marien Ngouabi suit la parcelle pilote pour mesurer la fertilité du sol, la séquestration de carbone et la diversité des insectes pollinisateurs associée.

Paroles d’acteurs : espoir et engagement partagé

« Planter un arbre, c’est signer un pacte avec l’avenir », confie Basile Niamantele, directeur départemental de l’Économie forestière, le regard posé sur les rangées naissantes.

Le préfet Jules Mounkala Tchoumou rappelle que le Pool, en plein essor, a besoin de puiser dans la nature sans l’épuiser.

La cheffe d’entreprise Belinda Ayessa, venue avec des volontaires de l’association Grace, y voit « une chaîne de valeurs, de la graine au meuble, dont la jeunesse locale doit être l’artisane ».

Une vingtaine d’élèves du collège voisin, mains terreuses et sourire large, promettent de venir arroser « leurs » arbres chaque mercredi.

Les vétérans du corps des Eaux et Forêts, reconnaissables à leurs bérets vert sombre, encadrent les plus jeunes et rappellent que le Congo a ratifié plus de dix conventions internationales sur le climat.

Comment y aller

Ngéla Dihoulou se rejoint par la route nationale 1 depuis Brazzaville, avant de bifurquer vers Kinkala puis d’emprunter une piste latéritique de 7 kilomètres praticable en saison sèche.

Les taxis collectifs desservent quotidiennement le district ; un mototaxi final permet d’arriver au site avec le matériel photo.

À savoir

La saison des pluies, de septembre à mai, assure une pluviométrie idéale pour la reprise des jeunes plants.

Le climat est doux, mais la parcelle reste exposée au vent ; un chapeau et de l’eau filtrée sont recommandés pour les visiteurs.

Impact & solutions

À l’échelle nationale, l’opération vient s’ajouter aux 14 millions d’arbres déjà mis en terre depuis 2010, chiffre confirmé par le ministère en charge des Forêts.

Chaque hectare boisé absorbera environ six tonnes de CO2 par an, selon le Centre national d’inventaire forestier, contribuant à maintenir le Congo dans le vert de ses engagements climatiques.

Un suivi satellitaire et communautaire est prévu ; s’il réussit, le modèle pourrait être répliqué dans 18 autres districts, créant des centaines d’emplois ruraux.

Le village espère aussi redynamiser l’apiculture ; les premières ruches-test seront installées sous la canopée d’ici deux ans, offrant miel et revenus additionnels.

Le projet reçoit l’appui technique du Programme des Nations unies pour le développement et du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, preuve d’une coopération sud-sud en marche.

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