À Brazzaville, la campagne présidentielle a livré une étape attendue. Le 4 mars, au siège de la direction de campagne, Anatole Collinet Makosso a dressé le bilan à mi-parcours de la candidature de Denis Sassou N’Guesso, avant les scrutins des 12 et 15 mars (Adiac Congo).
Premier directeur national adjoint et porte-parole du candidat, Makosso a fait de cette conférence de presse un moment de cadrage. Le ton se voulait posé, l’enjeu assumé : convaincre, mobiliser, et donner à voir une trajectoire de gouvernement pour la République du Congo.
Un projet baptisé « L’accélération de la marche vers le développement »
Le coeur du discours tient dans un intitulé : « L’accélération de la marche vers le développement ». Makosso l’a présenté comme la marque d’une constance, une réponse structurée aux attentes du peuple congolais, davantage qu’un simple slogan de circonstance.
Le porte-parole inscrit ce projet dans une continuité revendiquée. La paix, la solidarité et la stabilité institutionnelle forment, selon lui, le socle de la gouvernance proposée. C’est sur cette base que le candidat entend prolonger son action plutôt que rompre avec elle.
Derrière la formule, une promesse de résultats tangibles. Makosso assure que les bénéfices toucheraient l’ensemble des départements du pays, sans réserver le développement aux seuls grands centres urbains. L’ambition affichée est celle d’un territoire couvert dans sa diversité.
Des chantiers où l’environnement reste en filigrane
Les domaines cités dessinent un programme à large spectre. Infrastructures routières, énergie, agriculture, industrialisation, numérique et services sociaux : la liste trace les contours d’une économie que le candidat veut diversifier et moderniser, selon les termes rapportés.
Pour un pays adossé au fleuve Congo et aux forêts du bassin, ces priorités ne sont pas neutres. L’énergie et l’agriculture engagent des arbitrages de terrain, là où les paysages, les sols et les ressources composent le quotidien des populations comme la richesse écologique nationale.
L’agriculture, en particulier, occupe une place sensible. Levier d’autonomie alimentaire et d’emploi, elle reste aussi un point de contact direct avec les milieux naturels. Le bilan présenté n’entre pas dans le détail technique, mais ouvre un horizon que les habitants jugeront sur pièces.
L’industrialisation et les routes, elles, structurent les mobilités et l’accès aux régions. Ces chantiers façonnent les territoires, relient les bassins de vie et conditionnent la manière dont un pays forestier organise son essor sans sacrifier ce qui le distingue.
La jeunesse appelée à prendre sa part
Makosso n’a pas seulement parlé d’infrastructures. Il a tourné une large part de son intervention vers la jeunesse congolaise, l’invitant à s’engager dans l’entrepreneuriat et l’innovation. L’objectif assigné : devenir les architectes de la transformation nationale.
Le message vise une génération nombreuse, souvent en quête de débouchés. En plaçant les jeunes au centre du récit, le porte-parole leur assigne un rôle actif, celui d’acteurs de leur pays plutôt que de simples spectateurs d’une campagne menée par leurs aînés.
À cet appel s’ajoute un rappel plus large. Le droit de vote, a insisté Makosso, constitue un pilier démocratique fondamental. Il a invité les citoyens à l’exercer de façon responsable, faisant du bulletin un geste de participation autant que de choix.
Une étape de campagne lue à l’aune du territoire
Cette conférence du 4 mars marque un jalon, non un aboutissement. À mi-parcours, elle sert à rassembler les arguments, à réaffirmer une ligne et à entretenir l’élan avant les deux journées de vote programmées les 12 et 15 mars (Adiac Congo).
Pour qui observe le Congo-Brazzaville depuis ses paysages et ses ressources, ces promesses de développement valent surtout par leur application future. Énergie, agriculture, routes : autant de domaines où les choix à venir dialogueront, inévitablement, avec la nature qui structure le pays.
Le scrutin tranchera. D’ici là, le discours de Makosso aura posé un cadre et lancé un appel, laissant aux Congolais le soin d’apprécier, dans les urnes puis sur le terrain, la portée réelle de cette marche annoncée vers le développement.