Safoutier, star inattendue de la foire
Un parfum de safou planait sur le Jardin des Droits de l’Homme le 19 décembre, jour de clôture de la 9ᵉ Foire aux plants. Avec 21,19 % des ventes, le safoutier a supplanté avocatier et manguier, confirmant l’engouement du public pour ce fruit emblématique du bassin du Congo.
« Le safou nourrit et soigne, il pousse vite et demande peu d’entretien », explique Justin Mouandza, horticulteur venu de Ngamaba. Selon lui, les familles urbaines plébiscitent l’espèce pour sa valeur nutritionnelle et la possibilité de diversifier leurs revenus grâce à la vente du fruit mûr.
Un marché qui résiste aux vents contraires
La manifestation, pilotée par la ministre de l’Économie forestière Rosalie Matondo, s’est tenue du 23 novembre au 19 décembre 2025, malgré une conjoncture défavorable. La recette provisoire, 27 850 100 F CFA, accuse un repli de 47,96 % par rapport à 2024, mais les organisateurs soulignent la fidélité d’un public soucieux d’arboriculture.
La délocalisation temporaire vers le boulevard Denis Sassou-Nguesso a désorienté certains visiteurs. « Nous avons dû redoubler de communication, mais l’essentiel est préservé : les plants trouvent preneur », confie Mireille Tchimbakala, responsable logistique de la foire.
169 hectares de futurs vergers
En quatre semaines, les ventes correspondent à 169 hectares de plantations fruitières attendues partout dans le pays. Le chiffre recule par rapport à la précédente édition, mais il témoigne d’une dynamique de reboisement que le Congo veut accélérer pour capter le marché régional du carbone et renforcer la sécurité alimentaire.
Le Ministère de l’Économie forestière rappelle que le secteur forestier génère déjà 6 % du PIB national. Les plants fruitiers, ajoutés au portefeuille traditionnel du bois, ouvrent une nouvelle niche à forte valeur ajoutée pour les familles rurales.
Cap sur Bambou Mingali début 2026
Satisfaite de la mobilisation, Rosalie Matondo a annoncé la 10ᵉ Foire aux plants, prévue du 5 au 15 février 2026 à Bambou Mingali, district d’Ignié. L’évènement sera couplé à la grande Foire agricole organisée avec le Ministère de l’Agriculture, renforçant la synergie entre foresterie et agro-industrie.
« Nous comptons sur les producteurs pour améliorer la qualité des plants et réduire la mortalité en pépinière », a déclaré la ministre, avant de remettre des attestations à un échantillon d’horticulteurs salués pour leur rigueur.
Impact & solutions
L’engouement pour le safoutier s’inscrit dans l’objectif national de planter un million d’arbres fruitiers d’ici 2030, afin de capter du carbone tout en générant des revenus décents. Des formations gratuites en greffage et compostage sont programmées en 2026 pour limiter les pertes post-plantation.
Les experts du Centre national d’inventaire et d’aménagement des ressources forestières soulignent que chaque safoutier adulte peut stocker jusqu’à 50 kg de CO₂ par an, un atout pour la contribution déterminée nationale du Congo.
À savoir
Le safou, fruit violet à pulpe beurrée, est riche en acides gras insaturés et en vitamines E et B. Traditionnellement rôti au feu, il fait l’objet de nouvelles recettes urbaines : confitures, huiles culinaires et même cosmétique artisanale.
Les plants commercialisés lors de la foire mesurent 40 à 60 cm et coûtent entre 1 500 et 2 000 F CFA pièce, tarif jugé abordable par la majorité des visiteurs, étudiants et jeunes ménages en tête.
Comment s’y rendre
Le Jardin des Droits de l’Homme est situé à cinq minutes à pied de l’Institut Français du Congo, sur le boulevard Denis Sassou-Nguesso. Les bus urbains lignes 3 et 7 desservent l’esplanade. Pendant la foire, l’entrée est gratuite et des parkings surveillés sont disponibles.
Pour l’édition de Bambou Mingali, un service de navettes sera mis en place depuis le rond-point d’Ignié, facilitant l’accès des visiteurs tout en limitant l’empreinte carbone grâce au covoiturage encouragé par les organisateurs.





